Accueil du site > Accès rapide : calendrier prévisionnel > Décès du frère Jean Berton

Décès du frère Jean Berton

Le Frère Jean BERTON, frère des Ecoles Chrétiennes, est décédé le 10 novembre 2012

Le frère Jean BERTON était connu au Puy sous le nom de frère Norbert, nom choisi lors de sa prise d’habit. Dans un journal, qui lui consacrait une page entière, on peut lire ceci « Frère Norbert reste un personnage atypique car il doit être le dernier à porter l’uniforme religieux des Frères. En effet vêtu de sa soutane, son rabat blanc et de son chapeau noir, qui a remplacé l’originel chapeau tricorne, il est facilement reconnaissable dans la cité vellave. Il a toujours voulu rester fidèle à cette tradition pour rester plus proche de l’Institution.

Jean Berton est né le 28 septembre 1917 à Fay-sur-Lignon (43). Sa maman tenait une auberge-restaurant et le papa était sabotier. Jean a fait sa scolarité, en primaire, chez les Frères de Saint-Viateur qui tenaient une école dans la localité.

Dans la revue Au Service de l’Eglise le frère Berton racontait l’origine de sa vocation : _ « Dieu m’a choisi et accompagné tout au long de mon parcours ; il a mis sur ma route des personnes qui m’ont aidé : de leurs conseils, de leur prière et des sacrifices offerts pour me garder dans la droite ligne. Je dois beaucoup à maman, à papa, à ma sœur. L’école des Frères de Saint-Viateur à Fay a aussi influencé ma future vocation. Voici quelques faits qui me paraissent aller dans le sens de ma vocation.
Tout jeune, dès l’âge de 8 ans, je participais, comme enfant de chœur, à la messe journalière paroissiale.
J’accompagnais ma sœur à « l’heure sainte » du Jeudi-Saint devant le Saint Sacrement.
J’imitais la célébration Eucharistique dans une pièce de la maison. Je faisais un autel pour la Vierge en n’oubliant pas fleurs et lumière.
Pour ma Communion Solennelle je fis une retraite fervente chez les religieuses de Saint-Joseph.
L’idée de « vocation » m’a été suggérée par le Frère Meulet, Directeur de l’école de Fay sur Lignon sans arriver, pourtant, à une réponse ferme définitive.
Jusqu’à 16 ans, l’avenir n’offre rien de précis pour moi. Papa essaie de m’intéresser à son travail de sabotier : je le fais mais sans goût. Ma faiblesse de constitution, constatée plus tard à l’armée, y est-elle pour quelque chose ?
Le service, comme garçon de café, ne m’épanouit pas non plus. Me voyant bien disposé et pourtant bien indécis, le curé doyen de Fay, l’abbé CHANUT, me conseille de continuer mes études.
Je suis mis en rapport avec Mgr RICHAUD, Vicaire Général. Il est convenu qu’à Langogne, à l’Ecole des Frères des Ecoles Chrétiennes, je passerai le diplôme m’habilitant à enseigner et, qu’en contrepartie des frais engagés par l’évêché pour payer mes études, j’assurerai pendant cinq ans un emploi dans une école du Diocèse.
Le Frère Directeur d’alors me conquiert facilement dans sa proposition d’être religieux enseignant. Sans plus attendre, en 1935, je pars à Hal, en Belgique pour faire mon Noviciat. »

Frère Jean BERTON fait ses premiers vœux le 15 décembre 1935 et sa profession perpétuelle au Puy en Velay le 8 août 1942.IL a commencé l’enseignement à Brives-Charensac (43) en 1938.
L’année suivante il est mobilisé mais renvoyé de l’armée parce que de constitution trop faible. (Ceux qui l’ont réformé ne se doutaient pas qu’il vivrait jusqu’à l’âge de 95 ans !) Il fera un long parcours à Retournac (43) de 1948 à 1968, d’abord comme enseignant puis comme Directeur.
En 1968, Il rejoint la Maison des Carmes, au Puy, qui est alors la maison de Retraite des Frères. En 1969 il prendra la Direction de la Maison jusqu’en 1982 date à laquelle la Direction de la Communauté de Monistrol sur Loire lui sera confiée. En 1987 il quittera Monistrol pour la Maison de Retraite du Puy en Velay. Il y restera jusqu’en 2005 avant de prendre le chemin de la maison Paradis à Espaly.
Avec sa soutane, son chapeau et son rabat, le Frère BERTON, au Puy était connu comme « le loup blanc ». Il ne pouvais passer inaperçu et les gens aimaient vous rencontrer. Comme l’écrit un de ses anciens élèves : "Même s’il ne donne plus de cours à l’école ou au catéchisme, il n’en reste pas moins disponible pour aider un enfant qui souffre d’un manque d’affection ou d’instruction scolaire ou religieuse."

Frère Norbert était toujours prêt et disposé pour écouter, aider ou soutenir les personnes qui en ont besoin. Il a d’ailleurs, dès la cessation de son activité, rendu quotidiennement visite aux malades des Centres Hospitaliers Emile-Roux et Sainte-Marie. Il se rendait aussi au domicile des personnes qui ont des problèmes familiaux ou médicaux tels que les dépressifs.
Lorsqu’il dressait le bilan de son parcours, il ne regrette rien. La seule chose qu’il déplore, c’est sans aucun doute, la disparition progressive et désormais totale, des Frères, dans les écoles chrétiennes. Il reconnaît que son métier d’enseignant, à l’époque où il exerçait, était parfois pénible, voire difficile. Avec un petit sourire en coin, il plaisante en évoquant une parole d’un jeune Frère qui lui avait dit : « Pour être frère dans une école chrétienne il fallait être un fou ou un saint. »

« Frère des Ecoles Chrétiennes, suis-je heureux ? C’est peu de le dire, je jubile ! Comment ne serais-je pas dans l’action de grâce quand je considère tout ce que je dois au Seigneur par l’intermédiaire de l’Institut ? C’est lui qui m’a remis dans la bonne voie après le passage troublé de l’adolescence. Grâce à lui, j’ai pu communier au corps et au sang du christ autant de jours que le ciel a faits ; recourir au sacrement du pardon un nombre incalculable de fois. Direction spirituelle, enseignement, conseils, encouragements, vie communautaire, prière, repas, ambiance fraternelle de partage, d’écoute… Je suis encore débiteur insolvable mais la miséricorde de Dieu me conserve en paix. »

Répondre à cette brève


© 2017 - Diocèse du Puy-en-Velay| Plan du site | Espace privé | Mentions légales |  RSS 2.0 Suivre la vie du site