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10 ans bien formés

vendredi 21 octobre 2011, par P.B.Planche

Le 11 octobre a été célébré, à la maison diocésaine « La Providence » au Puy-en-Velay le dixième anniversaire du Cursus de formation des animateurs(trices) laïcs en pastorale mis en place par le diocèse du Puy en collaboration avec l’Université catholique de Lyon.

voir les images du 10ème anniversaire de la formation diocésaine des Animatrices en pastorale

Un projet original

« Au départ, se souvient Dominique Moreau, nous étions une petite équipe : Louis Trincal, Renée Tock, Jean-Marie-Faux et Pierre Gire ». Dominique Moreau était, à l’époque, responsable de la Formation permanente à l’Université catholique de Lyon, Louis Trincal et Jean-Marie Faux, responsables de l’Enseignement catholique diocésain, Renée Tock, responsable du Service de catéchèse et Pierre Gire, prêtre originaire de Haute-Loire, doyen de la faculté de philosophie de l’Université catholique. Plus tard, Claire Coletta, les rejoindra avec la charge de la formation dans le diocèse du Puy.

Leur mission : imaginer une formation originale à destination des personnes déjà appelées à une mission dans l’Église diocésaine. "Nous sommes partis, explique Dominique Moreau, sur une philosophie d’une formation par alternance où le temps en centre de formation et le temps passé sur le terrain ont autant d’importance. C’est ainsi que nous avons proposé un tutorat qui accompagnait la personne en formation sur le plan professionnel ».

Professionnalisation, c’est le grand mot de cette formation : elle débouche sur un certificat de l’Université catholique de Lyon. Mais ce souci de disposer dans les aumôneries, dans les paroisses ou les mouvements, de laïcs formés et compétents s’est accompagné d’une grande attention à la dimension spirituelle : chaque personne en formation est invitée à avoir un accompagnateur spirituel.

La dimension de groupe de travail en commun est aussi très valorisée. Professionnalisation veut d’abord dire compétence, car certaines des personnes formées exercent une mission à titre salarié et d’autres bénévolement. « Sans doute au début, rappelle D. Moreau, avions-nous été un peu ambitieux. Il nous a fallu réajuster nos propositions. Mais, l’une des forces de cette formation, est son enracinement dans le diocèse, dans une Église particulière. C’est à partir de là qu’elle a pu s’ouvrir à d’autres puisqu’actuellement des stagiaires viennent du Puy-de-Dôme, de la Lozère et du Cantal. »

Une aventure

Le père Louis Trincal raconte que « Ça a été une sacrée aventure : on ne savait pas dans quoi on se lançait ! Mais l’intuition était bonne, même s’il a fallu affiner les projets. »

Au total, en dix ans, trente-cinq personnes ont décroché le diplôme en suivant la formation complète, soixante ont suivi une partie de la formation, soixante-quinze intervenants ont été mis à contribution et quarante-sept tuteurs ont accompagné les stagiaires.

Pour le P. Trincal, cette expérience a été « enrichissante et dynamisante : des baptisés qui prennent des responsabilités et que nous avons pu aider à les assumer. Le projet vit et il est moteur dans la dynamique de l’Église diocésaine. »

Amour de l’Église

Paule Revelard, animatrice au Puy-en-Velay, a terminé la formation en 2005 et fut donc de la seconde promotion de ce cycle qui s’étend sur trois ans. « À l’époque, dit-elle, cette formation m’apparaissait nécessaire. J’avais bien conscience que la bonne volonté ne suffit pas. J’avais besoin d’apprendre, de consolider ma connaissance de la foi et de la doctrine de l’Église. En plus, des liens très forts se sont créés entre les animatrices qui suivaient la formation ».

Quand on lui demande le bilan que six ans plus tard elle tire de cette formation, elle répond d’emblée : « Un grand amour de l’Église, un sentiment renforcé d’appartenance à ce peuple de baptisés. »

Un assouplissement

Cécile Blay, animatrice en pastorale à Monistrol-sur-Loire, a obtenu le certificat en 2010. « Cette formation m’a beaucoup apporté. Elle m’a bousculée et fait poser plein de questions. On en ressort transformée : je crois que j’ai grandi, muri et je me suismême assouplie, c’est-à-dire que je suis moins intransigeante et plus disposée à prendre les gens là où ils en sont. »

Cécile a une mission auprès des collégiens : pas évident de réutiliser avec eux tout ce que l’on a pu apprendre en trois ans de formation ! « Il faut un temps de digestion de tout ce qui a été appris », explique-t-elle. Tout au long de la formation, la question « Comment vais-je utiliser tout ceque j’apprends avec mes collégiens ? » l‘avait taraudée. Ce n’est qu’à l’usage que l’on se rend compte comment ces apprentissages nourrissent l’engagement et le témoignage.

Reste que pour Cécile, la fin de la formation a entrainé un petit pincement au coeur : il fallait tourner la page, dire au-revoir à des personnes avec lesquelles on avait cheminé pendant plusieurs années. La formation a parfois été un peu lourde et il fallait souvent jongler avec les emplois du temps : « mais vraiment ça donne envie de continuer, d’approfondir, de se former... »

Une audace

Dominique Moreau et Louis Trincal expliquaient combien, il y a dix ans, l’initiative de lancer cette formation à la fois universitaire, professionnalisante et diocésaine était une audace. Tous deux ont tenu à souligner l’engagement de Mgr Brincard sur cette question qui a abouti à un processus de formation des laïcs en responsabilité unique en France, « mais qui mériterait d’être repris ailleurs » revendique Dominique Moreau. L’engagement en hommes et en moyens a été conséquent pour le diocèse du Puy, mais cela en valait la peine.




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