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15 août 2008 : homélie de Mgr FORT, à Saint-Laurent

vendredi 22 août 2008

« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur. Il s’est penché sur son humble servante, désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles, saint est son Nom ».

Chers Frères et Sœurs, laissons-nous entraîner par Marie dans son élan de jubilation intérieure, dans son admiration et sa reconnaissance pour l’œuvre de Dieu accomplie en elle.

Quand dans la ferveur de sa foi et la simplicité de son cœur, Marie proclame : « Le Puissant fit pour moi des merveilles, tous les âges me diront bienheureuse », elle nous appelle à partager son bonheur.

Au livre de l’Apocalypse, vous nous êtes présentée, très sainte Vierge Marie, couronnée de douze étoiles, la lune sous les pieds et revêtue comme d’un manteau de la lumière du soleil.

Aujourd’hui, en la célébration de votre Assomption, toute l’Eglise vous contemple resplendissante de la lumière que le Christ a fait briller sur le monde dans la gloire de sa résurrection et de son ascension à la droite du Père. Toute l’Eglise vous admire et vous bénit, car elle découvre en vous la préfiguration de son propre avenir. Votre gloire nous réjouit, très sainte Mère du Christ et Mère de l’Eglise, puisque les promesses du Christ sont accomplies en vous en plénitude. La grâce d’exception qui vous est accordée est pour nous une source de réconfort dans la foi et d’un surcroît d’espérance.

Élevée au Ciel en votre âme et en votre corps, désormais Vierge Marie, vous êtes toute à Dieu et Dieu est tout en vous. L’Eglise s’émerveille de votre beauté, de votre sainteté et contemple en vous l’annonce prophétique de l’avenir qui lui est promis au terme de sa marche à la suite du Christ.

Au jour de l’Annonciation, disponible et confiante, vous avez répondu « oui » à l’appel de Dieu. Votre « oui » parfaitement généreux vous engageait en votre esprit, en votre cœur et jusqu’en votre corps. Vous vous êtes donnée tout entière et par amour du Père, dans la puissance de l’Esprit, le Verbe éternel a pris chair de votre chair. Vous avez porté en vous et vous nous avez donné le Christ. Par sa mort et sa résurrection le Christ nous a ouvert le Ciel. Parce que votre « oui » a été celui d’une confiance parfaite et d’une générosité plénière, c’est en vous Marie, en vous la première, qu’a pu s’accomplir la plénitude du salut offert au monde par le Christ.

Vous êtes la première élevée dans la gloire du Ciel en votre âme et en votre corps, parce que vous avez été la première dont toute la vie sur la terre était déjà remise entre les mains du Père. Les mains du Père. Le grand Évêque de Lyon, saint Irénée aimait dire que l’Esprit-Saint et le Christ Jésus sont les deux mains avec lesquelles notre Père du Ciel prend soin de chacun de nous. Une main extérieure : Le Christ qui vient à nous et nous rejoint aujourd’hui encore en son corps qui est l’Eglise. Une main intérieure : L’Esprit-Saint qui nous rejoint et vient habiter notre cœur. Docile à l’Esprit-Saint et fidèle à Jésus jusqu’au pied de la Croix, la Vierge Marie tout au long de son pèlerinage sur la terre n’a jamais cessé de faire confiance à l’amour du Père et de se laisser conduire par lui.

Au terme de son pèlerinage Dieu a préservé le corps de Marie de la corruption du tombeau et l’a revêtue de gloire. Ainsi Marie est l’image parfaite et le modèle de l’Eglise du Christ. Désormais, associée au Christ Seigneur et Sauveur, elle veille maternellement sur nous. Contemplons la Vierge Marie pour apprendre d’elle la confiance en Dieu, l’obéissance de la foi et le service généreux de nos frères. Marie accompagne et soutient chacun et chacune de nous dans notre marche sur cette terre.

Elle te connaît et elle t’aime :
toi qui veux rester fidèle au Christ dans la grâce de ton baptême
et toi qui connaît l’épreuve du doute et la tentation de l’abandon ;
toi qui souffres du scandale du péché dans l’Eglise mais qui lui restes attaché et toi qui la juges sévèrement et veut t’éloigner d’elle ;
toi qui persévères dans ta lutte pour plus de justice et de fraternité et toi que découragent les violences qui affligent le monde
et qui ne crois plus à la fécondité du partage et de l’entraide ;
toi qui fais confiance à la grâce du pardon et de la réconciliation
et toi qui t’enfermes dans le silence de ton âme malade ;
toi qui avances et toi qui piétines, toi qui grandis et toi qui déprimes.
Qui que tu sois Marie te connaît et t’accueille tel que tu es ;
elle t’aime parce que c’est toi et parce qu’elle est ta mère.

Nous sommes tous ses enfants et Marie nous veut tous vivants de la vie du Christ, éclairés par sa Parole, animés de son Esprit. Puisque Jésus ne pouvait humainement ressembler qu’à la Vierge Marie sa mère, tous les membres de l’Eglise du Christ dont nous sommes sont appelés à cette ressemblance.

L’Eglise que nous formons ensemble doit être de plus en plus mariale, et pour être mariale elle doit apprendre de Marie à vivre l’obéissance à la Parole de Dieu et la docilité à l’Esprit-Saint.

Avec Marie l’Eglise va à la rencontre des hommes et des femmes, attentive à la vie qui palpite en eux malgré leurs faiblesses eî leur apparente stérilité. L’Eglise mariale aime la vie et l’accueille avec confiance.

Avec Marie l’Eglise se réjouit et chante. Elle ne se lamente pas sur son sort et sur les malheurs du monde. Elle s’émerveille de ce qui est beau sur notre terre et dans le cœur des hommes. Elle s’en réjouit parce qu’elle y voit l’œuvre de Dieu. Elle sait que le bon grain portera un jour son fruit et que les puissances de mort de l’emporteront pas.

Avec Marie l’Eglise ne désespère de personne. Elle se souvient de Jésus qui s’invite chez Zachée, qui appelle Matthieu et fréquente les Publicains tant critiqués, qui rend confiance et dignité à la Samaritaine et à la Femme adultère, qui guérit les aveugles et les lépreux. Quand l’Eglise mariale rencontre un blessé de la vie, elle est saisie de compassion et s’applique à soigner ses plaies.

Avec Marie l’Eglise ne marche pas sur un chemin tout tracé d’avance. Elle connaît l’inquiétude, elle accepte de chercher sa route. Elle est parfois dans la nuit mais elle maintient sa confiance et guette la lumière de l’aube.

Avec Marie l’Eglise ne fuit pas quand les hommes sont humiliés, écrasés, mutilés. Elle se tient à côté des petits et des pauvres, elle connaît le chemin du calvaire et reste debout au pied de la Croix.

Avec Marie l’Eglise ouvre sa maison au souffle de l’Esprit qui l’entraîne à la mission et libère sa parole. Elle se tient au cœur du monde, elle participe à son histoire. Cette histoire est souvent douloureuse mais l’Eglise chante avec Marie le Magnificat parce qu’elle sait que Dieu n’a pas trouvé notre monde inhabitable. Le Christ ressuscité est avec nous tous les jours et c’est Lui que nous accueillons dans l’Eucharistie pour fortifier notre espérance, soutenir notre générosité et nous faire grandir en sainteté.

Très sainte Vierge Marie, Notre-Dame du Puy, vos enfants demandent avec confiance votre assistance maternelle. Sous votre garde ils veulent se maintenir fidèles au Christ, fraternellement unis avec le Pape Benoît XVI, leurs Evêques et leurs Prêtres, généreux et dévoués à la mission que le Christ nous a confiée pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

+ André FORT, Evêque d’Orléans

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