Accueil du site > Diocèse > Découvrir > A la découverte de l’église de Landos

A la découverte de l’église de Landos

Eglise Saint-Félix

mardi 27 novembre 2007

Landos est une petite commune située à 25 kilomètres environ au sud du Puy-en-Velay. Au dernier recensement il y avait 918 habitants. Les ressources de cette bourgade sont essentiellement agricoles avec une culture céréalière importante : les lentilles, et l’élevage pour une production laitière. Artisans et commerçants contribuent aux ressources et à la vitalité de cette cité. La vie des habitants de Landos s’organise autour d’une magnifique église qui est mentionnée pour la première fois dans une bulle de Calixte II en 1120.

Un peu d’histoire

Statue de Saint Félix Le sanctuaire antérieur à l’église était dédié à Saint Félix, évêque de Nîmes et martyr, dont la fête est célébrée le 27 juillet. On ne sait rien sur sa vie, son apostolat à Nîmes et son martyr. Son existence est même parfois contestée. Après une donation, les religieux bénédictins s’installent dans ce sanctuaire et y établissent un petit prieuré. Après plusieurs décennies passées dans le sanctuaire primitif, et en accord avec l’abbé de Tournus et le prieur de Goudet, ils conçoivent le projet de construire une nouvelle église plus fonctionnelle et pouvant accueillir plusieurs religieux. Les plans sont établis par un architecte, peut-être un moine qui possède cette compétence.

Un peu d’architecture

Au départ, elle se présente sous la forme basilicale, semblable aux basiliques antiques et à la majorité des églises romanes : un rectangle sans transept, orienté au levant, terminé par une abside semi-circulaire à l’intérieur et pentagonale à l’extérieur. De chaque côté, deux chapelles ont été ajoutées au niveau de la troisième et de la quatrième travée. Dès lors, le sanctuaire comporte un large transept lui donnant la forme d’une croix latine.

La façade principale orientée au couchant supporte le clocher mur ou à peignes, à quatre baies refermant chacune une cloche, ce qui est rare. Il a été refait au XV et XVI siècle. De chaque côté de la façade deux puissants contreforts terminés par un pignon triangulaire assurent la solidité de l’ensemble.

Portail Au dessus du portail, on observe une fenêtre, probablement romane. Le porche était jadis entouré d’une grande arcade dont il subsiste encore une amorce au contrefort nord de la façade. Les chapiteaux sont ornés de feuillage. L’un deux représente de façon rudimentaire trois personnages dont l’un possède une longue barbe. Leur identification reste énigmatique. S’il est aisé de reconnaître Dieu le Père dans le vieillard, comment distinguer le Fils et l’Esprit dans les deux autres personnages ?

Vue générale Pénétrons maintenant à l’intérieur et observons la voûte en berceau légèrement brisée. Dans un édifice roman on s’attendrait à trouver une voûte en plein cintre. La voûte romane dite en berceau exerce sur les murs latéraux une poussée qui tend à les faire écarter et provoquer l’écroulement de l’édifice. Pour neutraliser cette poussée on tente tous les moyens imaginables : diminuer la largeur, épaissir les murs, élever des collatéraux au niveau de la voûte principale, supprimer des ouvertures. Ces moyens plus ou moins efficaces privent les églises de lumières et amoindrissent les proportions.

Diverses solutions sont trouvées : recourir à la charpente en bois apparente cachée par un lambris ou recouverte de feuille d’or, utiliser la voûte d’arêtes, deux voûtes en berceau qui se croisent à angle droit ou encore vers 1150 la voûte légèrement brisée. Cette dernière est adoptée à Landos. Cette voûte en arc brisé nous permet de dater exactement la construction de cette Eglise : vers le milieu du XII siècle.

Peintures du coeur L’édifice comprend quatre travées irrégulières. La troisième travée est plus étroite que les autres. Dans la nef chaque travée est éclairée par une fenêtre romane mais seulement côté sud. Selon l’habitude de l’époque, l’intérieur était recouvert de belles et instructives peintures murales. Que sont elles devenues ? Au XIXème siècle on les a recouvertes d’un badigeon au lait de chaux, puis au milieu du XXème siècle par inconscience pour céder à l’engouement de l’époque, on les fait définitivement disparaître en piquant les murs pour retrouver l’appareil primitif agréable à voir.

Malgré sa simplicité ce monument en majeure partie assez bien conservé dans sa forme primitive est harmonieux, agréable à visiter. C’est donc à juste titre qu’il a été classé parmi les monuments historiques.

Des travaux de restauration

Après huit années de fermeture, pour des raisons de sécurité, l’Eglise Saint Félix a été rendue à ses fidèles en Novembre 2004.

La première campagne de travaux (1999 - 2000) a été consacrée à la consolidation du voûtement du vaisseau d’époque romane, suivi du renforcement de la charpente datant de 1874 et de la couverture de la nef.

Une deuxième campagne de travaux (2002 - 2004) a abordé les préoccupations de la mise en valeur intérieure, de redistribution des locaux de la sacristie et du presbytère, de mise en conformité des installations électriques et du chauffage.

La chaire Les vitraux ont bénéficié d’un nettoyage en atelier et leurs réseaux de plomb ont été révisés. La création de vitraux à motifs géométriques a remplacé les châssis existant. Des peintures intéressantes ont été mises à jour et restaurées notamment dans la tribune. Des travaux minutieux ont permis de dégager des motifs sur la voûte .La tribune et son escalier du XIXème siècle ont été renforcés. La balustrade remise en état se pare des instruments de la passion du Christ. Les mobiliers ont été nettoyés, restaurés et inventoriés. La grille du chœur en fonte a été restaurée et réutilisée en clôture des chapelles. La lustrerie a été réparée, complétée et replacée dans l’Eglise. Les cloches ont été remises en état par une entreprise spécialisée.

Trésor

Les fouilles archéologiques menées en parallèle du démontage du sol ont révélé dans l’angle sud ouest de la nef une fosse qui refermait des fragments de mobiliers religieux et trois personnages en pierre polychrome.

Deux personnages ont été découverts placés côte à côte. Les têtes ont disparu, les bras et les jambes sont partiellement brisés. Toutefois, ils sont suffisamment complets pour que l’on puisse reconnaître la représentation de deux saints. Le premier est sans nul doute Saint Roch, patron des pestiférés. Revêtu d’une tunique bleue à manches courtes aux ourlets soulignés d’or, il relève son manteau rouge et présente son genou gauche dévoilant son bubon de pestiféré. Le culte de ce saint né à Montpellier en 1295 mort le 16 août 1327 s’est propagé dés le XIVème siècle dans toute l’Europe. L’autre saint ou sainte n’a pas été identifié : sous un manteau rouge à l’intérieur blanc, il est vêtu d’une tunique bleue à manches longues au col décoré d’un motif brodé. Il porte à la ceinture un cordon doré. Sa main droite mutilée semble tenir un plat ou un livre.

Un ange acéphale haut de 30 centimètres a été retrouvé brisé en deux près des deux saints. Le buste est revêtu d’une robe blanche à col bleu recouverte d’une chasuble. Le départ des ailes à écailles est conservé dans le dos. L’ange est en génuflexion, la main gauche sur le genou gauche. Il est peut-être à mettre en relation avec Saint Roch. En effet ce saint est souvent représenté accompagné de l’ange à qui il devait sa guérison.

L’enfouissement des statues semble volontaire, fait avec soin. Pour quelles raisons ont-elles été mises en terre ? Dans quelles circonstances ? A quelle époque ? Autant de questions que se posent les archéologues.

Piéta Autel Une table d’autel probablement médiévale a été également extraite du sol ancien. Celle-ci a retrouvé son emplacement originel dans un aménagement liturgique visant à redonner un devant d’autel daté dans l’esprit de l’architecture romane auvergnate. Une très belle piéta veille et semble chercher une aide impossible, cette œuvre classée aux monuments historiques attire le regard du fidèle par sa beauté et l’amour qui s’en dégage.

L’Eglise de Landos a été rendue à ses fidèles le premier novembre 2004. Monseigneur Brincard a commencé la cérémonie par la consécration de l’autel. Les paroissiens ont découvert un nouveau cadre empreint de calme, de sérénité, et de spiritualité propice au recueillement et à la prière.

Ce document a été réalisé pour la partie histoire grâce au travail de Monsieur P. Cubizolles. Et pour la partie restauration avec les notes de Monsieur Stefan Manciulescu. Des articles parus dans l’Eveil et le Renouveau qui ont informé les habitants de la progression des travaux ont été utilisés. M.M.M.

LEXIQUE

TRANSEPT : nef transversale d’une église qui coupe à angle droit la nef principale et qui donne à l’édifice la forme symbolique d’une croix.

ABSIDE : extrémité d’une église arrondie ou polygonale derrière le chœur.

CONTREFORT : pilier mur servant d’appui à un mur qui subit une pression.

CHAPITEAU : partie supérieure d ‘une colonne posée sur le fût.

VOÜTE : ouvrage de maçonnerie cintré dont les pierres sont disposées de manière à s’appuyer les unes aux autres ; voûte en plein cintre : courbure concave et continue d’une voûte ou d’un arc qui a la forme d’un demi cercle régulier. Voûte d’arête : formée par l’intersection de 2 voûtes en plein cintre dont les poussées s’exercent sur quatre points d’appui.

TRAVEE : espace compris entre deux poutres d’un plancher et d’une façon générale entre deux points d’appui.




© 2017 - Diocèse du Puy-en-Velay| Plan du site | Espace privé | Mentions légales |  RSS 2.0 Suivre la vie du site