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Advenir à notre avenir

vendredi 28 avril 2017, par Hélène Versavel

Paule Révelard, professeur en collège, explique comment parler d’orientation professionnelle aux jeunes. Version longue de l’article paru dans le n°5 d’Église en Haute-Loire.

Le but du travail

La fonction première du travail est de gagner sa vie, d’assurer ses besoins et ceux de sa famille. On a besoin d’argent pour vivre. Mais le travail n’est pas ou ne devrait pas être qu’alimentaire (malheureusement on n’a pas toujours le choix). Le travail est une activité humaine qui occupe une grande partie de notre vie, de notre temps et de notre énergie. Il est lieu de développement de soi et de ses compétences. Il est mise en œuvre de ses talents innés ou acquis. Aimer son travail, le faire avec plaisir, s’y épanouir est important et rend heureux.

Se Connaitre

A l’âge où l’on grandit et construit son avenir, il faut apprendre à se connaître, réfléchir à ce que l’on aime et aimerait faire. Pour cela, outre tout le travail d’orientation qui se fait à l’école ou dans les CIO, il est important de se renseigner, de rencontrer des professionnels, faire des stages, poser des questions, explorer des possibles.
On peut être fait pour un métier : on a toujours envisagé tel domaine, on a toujours senti que là était notre vocation. Dans ce cas-là, c’est facile car il suffit de prendre les voies nécessaires pour atteindre sa destination. Je dis souvent aux élèves de 3e qui ont un projet mais « rament » à l’école de s’accrocher à leur rêve car c’est cela qui fait avancer et motive.
On peut aussi être attiré par un domaine mais ne pas avoir les capacités d’y arriver. Il faut alors se poser la question : « Qu’est-ce-qui compte pour moi quand je pense à ce métier ? ». Car si l’on sait ce qu’on l’on veut au fond, la forme, elle, peut varier. On peut ne pas avoir les capacités de devenir médecin mais si ce qui compte pour moi, c’est le soin, alors de nombreux possibles s’ouvrent à moi : infirmier, aide-soignant, métier dans le paramédical… On peut chercher des voies parallèles qui vont nous permettre de vivre ce que l ‘on souhaite.
On peut aussi arriver à son but par des chemins détournés ou des petites portes : une amie qui dut passer le bac 3 fois et voulait être éducatrice spécialisée a d’abord fait une école de moniteur-éducateur. Plusieurs années après, alors qu’elle travaillait, elle est partie en formation et est devenue éducatrice spécialisée. Aujourd’hui, avec son expérience et l’envie d’évoluer, elle a refait une formation et est éducatrice-chef, cadre en charge du personnel. On peut également n’avoir aucune idée de ce que l’on voudrait faire. Il faut alors se poser des questions sur ce qu’on aime faire, avec qui on aimerait travailler (seul ou en équipe), où (extérieur/ intérieur), si on préfère un métier manuel ou intellectuel, si on aime être dans le relationnel, prendre des responsabilités… On peut ne pas savoir ce que l’on veut faire mais savoir ce que l’on NE veut PAS faire et procéder par élimination.
Une de mes filles voulait travailler dans le social, l’aide à la personne. Mais elle ne voulait pas être assistante sociale ni éducatrice, ni auxiliaire de vie… Elle a des talents d’animation (formatrice BAFA) et est très créative. Après une licence en sociologie faite un peu par défaut, « en attendant », elle a fait un service civique et a eu l’occasion de travailler auprès de personnes âgées lors d’un stage. Elle s’est alors découvert une passion pour ce public auquel elle n’avait pas pensé de prime abord. Elle a ensuite travaillé comme animatrice en maison de retraite. Suite à une année à l’étranger, elle n’a pas encore trouvé de poste et voudrait préparer le diplôme correspondant. Elle travaille comme surveillante dans un lycée et profite de son temps libre pour se former en gériatrie avant de repostuler.

Elargir son horizon

On peut aussi découvrir des voies inconnues. Ma sœur qui est aujourd’hui AVS (Auxiliaire de vie scolaire) avait, après avoir échoué plusieurs fois au concours d’éducatrice spécialisée, postulé à un emploi de vendeuse dans une boutique. Elle y a travaillé plusieurs années avec bonheur avant de revenir à son intuition première. Il y a aussi tous les métiers qui existent que l’on ne connait pas et tous ceux qui n’existent pas encore.
Aujourd’hui, on met une pression énorme sur les jeunes, sur ce qu’ils veulent faire, vont faire, où, comment… L’année de terminale est éprouvante pour beaucoup car ils doivent s’inscrire dans des écoles sans toujours savoir où ils vont. Mais ils ont le temps ! Ils sont jeunes et ont besoin de mûrir eux–mêmes et de murir leur projet, de creuser leurs désirs et leurs possibles. Après le bac, en césure lors des études ou dans le cadre des études, on peut prendre une année pour partir à l’étranger ou faire un service civique par exemple. A ce propos, l’association UNICITES offre la possibilité de travailler non pas seulement sur un projet annuel mais sur plusieurs projets d’envergures différentes, seul ou en équipe, auprès de publics divers ; possibilité également de passer le permis, faire un bilan de compétences, bénéficier d’un accompagnement en vue d’un choix professionnel. La Mission Locale accompagne aussi les jeunes dans leur réflexion post-bac.
Une de mes enfants rêvait de faire du théâtre. Le métier de comédien n’est pas facile mais plutôt que de lui fermer la porte à coups d’arguments négatifs et décourageants, et comme elle avait tout juste 18 ans, nous lui avons suggéré de faire une licence de son choix. Tout en étudiant, elle faisait 8h de théâtre / semaine dans un Conservatoire Régional. Au bout de 2 ans, elle s’est aperçue qu’elle aimait le théâtre mais pas au point d’en faire son métier. Suite à des discussion et rencontres, elle qui aime le chant, la musique, le spectacle et après avoir validé sa licence universitaire, elle a fait une licence professionnelle en un an en médiation culturelle (programmation de spectacles et évènements culturels) et constaté que cela correspond à ses aspirations profondes. Elle a souhaité faire un service civique ensuite pour acquérir de l’expérience. Elle n’a que 22 ans et déjà pas mal d ‘atouts à son actif. Elle cherchera du travail à la rentrée. Une autre de mes enfants voulait être éducatrice spécialisée. Mais après le bac, à 18 ans, elle a eu besoin de quitter la maison, d’être autonome et de se rendre utile. Elle a fait un Service de Volontariat Européen en Slovaquie. Expérience ô combien formatrice à tous points de vue. Rentrée en France, elle a commencé ses études et atteint son objectif.
Travailler est au cœur de notre vie. Il faut s’y préparer, réfléchir, travailler ( !), ouvrir diverses portes. L’essentiel est de trouver sa voie. Cela demande des efforts, du travail, du courage parfois, de la détermination et du temps mais c’est ainsi que l’on peut réaliser ses rêves.




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