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Animer la fraternité

vendredi 15 avril 2011, par P.B.Planche

Alain Guérin-Boutaud vient de rejoindre l’équipe diocésaine du Secours-Catholique avec les fonctions d’animateur.

Alain Guérin-Boutaud, vous arrivez comme animateur du Secours Catholique en Haute-Loire. Quel itinéraire vous a conduit jusqu’ici ?
Je suis issu d’une famille nombreuse de l’Allier. J’ai travaillé dans la banque puis j’ai rejoint le Secours-catholique dans la Loire d’abord, puis dans l’Allier. Maintenant, j’arrive dans la Haute-Loire avec ma famille.

Vous êtes donc père de famille ?
Oui, j’ai quatre enfants. Comment s’est fait le passage entre la banque et le Secours catholique ?
En fait je ne suis pas resté dans la banque très longtemps. J’ai vite constaté que ce travail n’était pas fait pour moi ! Entre temps j‘avais fait du bénévolat à RCF et surtout à ATD Quart monde. C’est à cette occasion que j’avais rencontré le Secours Catholique. Quand ses responsables m’ont fait signe, je suis parti avec eux. Déjà, c’était pour faire fonction d’animateur et cela m’a plu, même si ce travail est dur.
C’est ATD Quart monde qui m’a sensibilisé à l’exclusion sociale et à la précarité, tout spécialement aux mécanismes qui entrainent cette exclusion. Cela m’a obligé à remettre en cause bien des préjugés de mon éducation : j’avais tendance à penser qu’une bonne formation et le sens du travail suffisaient pour s’en sortir. J’ai découvert que ce n’était pas si simple.

Vous connaissiez la Haute-Loire ?
Uniquement comme touriste. J’aime bien la randonnée : j’ai fait le chemin de Stevenson et le chemin Saint-Régis.

En quoi consistent les fonctions d’animateur ?
Je vais accompagner les équipes de bénévoles, les aider à relire ce qu’ils font et à y trouver du sens. Je vais participer à la formation de ces bénévoles, tout spécialement dans la connaissance des dispositifs sociaux et pour les aider à développer des méthodes de travail adaptées à ce qui se passe sur leur territoire. On est toujours tenté de partir tête baissée dans l’action. Nous devons tenir compte des vrais besoins des personnes.
L’animateur doit aussi développer les partenariats avec les autres acteurs locaux pour éviter les redondances et aller là où rien ne se fait.
Enfin, l’animation implique l’innovation : monter des projets avec les équipes et les personnes aidées. Il faut que nous fassions place aux personnes en difficulté, c’est le sens du slogan « Pour une société juste et fraternelle ».

Et concrètement, en Haute-Loire, avez-vous une idée des axes de travail qui vont être les vôtres ?
D’abord, je vais m’occuper de l’ouest du département et du bassin du Puy. Olivier Fantone conserve l’animation de l’est de la Haute-Loire.
Des quelques échanges que j’ai déjà eu, il me semble que nous aurons à développer notre réseau de présence dans l’ouest du département : aider à la création de nouvelles équipes, conforter celles qui existent. Au Puy, il me faut prendre la mesure de tout ce qui se vit.
Le Secours catholique ne doit pas être une grosse boite qui arrive avec ses projets mais il vit grâce aux actions de proximité menées par les équipes de bénévoles et les personnes en difficultés elles-mêmes. Ces personnes sont riches d’autres choses que de leurs difficultés. Nous devons contribuer à les sortir de la situation de dévalorisation et de désocialisation qui sont les leurs.

Cela correspond à des constats que vous avez faits ?
Je suis frappé par l’isolement des personnes en milieu rural. Les acteurs sociaux sont souvent désemparés face à cette situation. Je connais des consultations d’assistantes sociales dont les salles d’attente sont remplies de gens qui viennent là seulement parce que c’est la seule occasion qu’elles ont de parler à quelqu’un. En Ardèche, nous avions essayé de mettre en place des lieux de rencontres autour d’un repas partagé. L’un des participants m’avait confié que c’était pour lui la seule occasion de parler avec quelqu’un en dehors des administrations.
Une des choses que j’ai apprise à ATD-Quart monde c’est que l’exclusion est très liée à ce manque de surface sociale qui enferme dans la pauvreté.

Est-ce qu’il y a une dimension spirituelle à votre tâche d’animation ?
Oui, il m’appartient aussi de développer l’animation spirituelle du réseau. Nous envisageons de monter, sous le pilotage de l’aumônier, une aumônerie. Il s’agit d’aider les bénévoles à prendre des temps de relecture avec un regard évangélique, mieux trouver le sens de ce qui nous rassemble et inspire notre action.




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