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Augustin ou le Maître est là

mardi 28 janvier 2014, par P.B.Planche

Depuis que le Pape François a cité le roman de Joseph Malègue comme l’un de ses favoris, on redécouvre cette œuvre. Les éditions du Cerf la réédite.

Publié en 1933 « Augustin ou le Maître est là » est l’œuvre maitresse de Joseph Malègue. Cet écrivain, surnommé le « Proust catholique » était un peu tombé dans l’oubli jusqu’à ce que le pape François le cite dans une interview et dans une homélie. Du coup, les médias ont redécouvert Malègue et les éditions du Cerf rééditent son ouvrage le plus célèbre.
Dans ce roman, on suit Augustin Méridier, un jeune cantalien pris dans les soubresauts de la France de la Troisième République, entre 1876 et 1924. On est en pleine crise anticléricale : les ordres religieux sont expulsés de France, la République se sépare de l’Église, l’anticléricalisme fait rage et se mue en anti-christianisme. L’Église subit de plein fouet la modernité, on veut expliquer rationnellement tous les évènements de l’Évangile et établir une vie de Jésus d’où la transcendance serait exclue. Les chrétiens prennent de plein fouet tous ces évènements, la foi de beaucoup est ébranlée. On appellera cette époque la crise moderniste. La Grande Guerre et ce qui suivra continuera de troubler les esprits.
Le héros de ce roman Augustin Méridier, traverse cette époque et ses bouleversements : l’effondrement d’un monde et d’une culture, une foi chrétienne attaquée et qui est maladroite dans sa défense, un monde rural qui s’apprête à être englouti dans les tranchées. La foi du jeune Augustin va être mise à rude épreuve et nous le suivons dans ses doutes, dans l’apparente absence de Dieu, avant qu’il ne le redécouvre.
Malègue excelle dans la description des psychologies : les doutes et les recherches, les angoisses et les consolation, la subtile influence des paysages... Et Malègue s’y entend à décrire les paysages de la Haute-Auvergne, du Cantal. Le pape François a cité une phrase de Malègue : « Loin que le Christ me soit inintelligible s’il est Dieu, c’est Dieu qui m’est étrange s’il n’est le Christ ». Prononcées par le héros sur son lit de mort, ces quelques mots. Elle dit le sens même de ce roman qui mérite d’être lu. C’est quand croit avoir perdu le Christ qu’il nous est rendu. À condition de renoncer définitivement à mettre la main sur lui.

Augustin ou le maître est là, de Joseph Malègue est publié par le éditions du Cerf, compte 832 pages et est vendu 30 €.



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