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Autre chose que le prêt-à-penser

Rencontre avec Paule Revelard

lundi 14 septembre 2009

La rentrée concerne les élèves, les professeurs, les personnels non enseignants mais aussi tous ceux qui sont en charge des aumôneries et de la pastorale dans les écoles. Rencontre avec une animatrice en pastorale.

Paule, vous êtes animatrice laïque en pastorale, pouvez-vous nous expliquer vos fonctions ?

Je suis responsable de la pastorale au Collège Saint-Régis-Saint-Michel au Puy et je participe à la préparation de la confirmation avec toutes les autres équipes de pastorale des établissements du bassin ponot.

Comment êtes-vous devenue Animatrice Laïque en Pastorale (ALP)

Je n’y avais pas pensé. Je suis professeur d’anglais et je ne voulais pas trop m’investir dans la pastorale de l’établissement où je travaillais car j’avais peur qu’en me présentant autrement devant les élèves je perde un peu de mon autorité. Au retour d’un congé parental, on a insisté auprès de moi pour que je rejoigne l’équipe de préparation à la Confirmation, à l’époque pour les 4èmes-3èmes. J’ai accepté, à la condition que ce soit dans le cadre d’une équipe.

Je me suis prise au jeu : j’avais des idées que je proposais à l’équipe, jusqu’à ce que le chef d’établissement vienne me proposer d’être animatrice. J’ai accepté assez vite. J’ai donc laissé quelques heures d’enseignement car la pastorale est prenante en temps. Actuellement, j’ai 10 heures de cours d’anglais devant les élèves, et, peu ou prou, tout le reste de mon temps est pris par la pastorale (même si officiellement je suis embauchée à tiers temps par par l’OGEC du collège pour cela).

Revelard 06

Quelles sont les joies que vous rencontrez dans cette activité ?

D’abord, celle de voir grandir les jeunes, où qu’ils en soient. Le défi, c’est de leur parler de Jésus, de la Foi, de l’Église autrement que ce qu’ils peuvent en entendre dans les familles ou dans les médias. Certains font un cheminement impressionnant, je pense à cette jeune fille qui est arrivée en se proclamant athée et qui aujourd’hui prépare le baptême.

Nous essayons de prendre les jeunes où ils en sont. Ainsi pour les 6èmes, il y a cinq programmes proposés : l’approfondissement (pour les jeunes enracinés dans la foi), la redécouverte (pour les pratiquants occasionnels), l’initiation (pour ceux qui ont seulement été baptisés), la découverte (pour les non-croyants) et la culture religieuse (pour les musulmans et les membres d’autres religions). Pour les 6° et 5°, ces programmes sont plutôt de l’ordre de l’enseignement. Pour les 4°, nous essayons de partir de leurs questions, nous essayons aussi de faire des liens avec leur programme scolaire. Ainsi, quand ils étudient la sexualité en Science de la Vie et de la Terre, nous leur proposons de réfléchir sur l’amitié, sur les relations garçons-filles… Enfin, pour les 3° nous proposons des ateliers qui sont très divers et où ils ont l’occasion de faire des actions en faveur d’autrui (visite de maison de retraite, accompagnement et toutes sortes d’actions de solidarité…). Mais la réflexion n’est pas absente pour autant.

Nous avons appelé ce programme : GPS : clin d’œil bien sûr aux GPS qui permettent de s’orienter. Il s’agit bien d’apprendre à orienter sa vie GPS veut aussi dire : Grandir, Partager, Servir. Chacun chemine au sein de petites équipes.

Une autre joie est aussi de voir des adultes s’impliquer dans ces initiatives. Nous sommes une équipe de 22 pour l’établissement : la moitié sont des enseignants, l’autre moitié des personnes qui ne sont pas de l’équipe enseignante. Aujourd’hui, certains, sans être des piliers d’Église, nous rejoignent en assurant l’accompagnement des élèves pour des ateliers ou des actions de solidarité. C’est très encourageant. Quand des professeurs s’investissent dans la pastorale c’est bon pour le projet pédagogique de l’établissement, ça fait du bien à l’école car cela crée du dynamisme et du lien.

Il y a sans doute aussi des difficultés ?

Le plus dur c’est d’arriver à équilibrer la vie familiale, la vie professionnelle et l’engagement pastoral. Toute ces dimensions sont passionnantes et demandent un grand investissement personnel : les journée n’ont cependant que 24 heures ! Actuellement nous cherchons une nouvelle animatrice (ou un animateur) pour étoffer l’équipe, mais pour l’instant nous n’avons trouvé personne.

Vous exercez ces responsabilités dans le cadre de l’enseignement catholique : est-ce important ?

La chance de l’enseignement catholique, c’est que l’on peut toucher tous les enfants : chacun a une proposition qui respecte sa liberté. Ils feront ce qu’ils voudront de ce que nous leur proposons, mais ils auront entendu autre chose que le "prêt-à-penser" habituel.

Revelard 2



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