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Bible et Morale. Quels critères pour discerner ?

mercredi 4 novembre 2009

"La Bible, source d’une morale pertinente pour tous les hommes ?" est un document majeur de la Commission biblique pontificale, qui vient de sortir en français sous le titre « Bible et Morale. Quels critères pour discerner ? ». Un rappel du but premier de la morale chrétienne : faire le bonheur de l’homme doté du don de discernement.

Pourquoi ce document « Bible et morale » ?

En 1965, « Dei Verbum » (« La Parole de Dieu »), redonnait toute sa place à l’Ecriture, dans l’Eglise et le cœur des chrétiens, mettant fin à un certain conflit de vérités, entre celles de la tradition chrétienne et celles des sciences humaines.

Le document « Bible et Morale. Quels critères pour discerner ? » se situe dans cette continuité. Dès 2002, le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI alors président de la Commission biblique pontificale, avait confié à cette commission la tâche d’examiner le rapport entre Bible et morale en se posant directement la question : quelle valeur et quelle signification a l’écriture sainte pour la morale à une époque comme la nôtre ? Les conclusions des travaux, qui existaient déjà en anglais et en italien, viennent d’être publiées et ont été présentées en français lundi 12 octobre 2009, à la maison de la Conférence des évêques de France par Olivier Artus. Il y a insisté sur les trois difficultés qui justifient une aide à la lecture de la Bible pour ne pécher ni par simplisme ni par fondamentalisme : sa grande complexité, sa distance historico-culturelle (au moins 1900 ans) et surtout son absence de réponses toutes faites.

Quel est le contenu de « Bible et morale » ?

La première partie, la plus longue, intitulée « Une morale révélée : don divin et réponse humaine », rappelle avant tout que Dieu se révèle comme créateur et comme sauveur de son peuple en exil en Egypte, signant avec lui une alliance particulière. « Il donne un monde et en même temps des règles d’usage », a commenté Olivier Artus en insistant sur le Décalogue et les Béatitudes « sommet de la révélation morale de l’Ecriture sainte, texte de loi donnée en vue du bonheur de l’homme pour sa libération, notamment des idoles ».

La deuxième partie du document, relativement originale, fournit « non pas des recettes morales mais des éléments pour un discernement ». Deux critères moraux sont fondamentaux : l’imitation de Jésus et la conformité à la vision biblique de l’être humain, image de Dieu. Six autres critères sont énoncés : la convergence (la Bible donne une série d’éclairages qu’il faut faire résonner les uns avec les autres ; elle n’est pas un réservoir de citations disparates qui servent de preuves), l’opposition (le texte biblique reconnaît des aspects positifs de la culture dans laquelle il s’enracine mais s’érige parfois clairement contre certaines de ses normes ou habitudes), la progression (la réponse que nous apportons est toujours à affiner et non pas à enfermer dans des formulations), la dimension communautaire (on n’est pas chrétien tout seul), la finalité (l’homme tend à une vie future avec Dieu et cette espérance relativise les réalités terrestres) et enfin le discernement (toutes les règles morales énoncées par la Bible ne se valent pas). « Le moralisme, a commenté Olivier Artus, se réduit à établir une liste d’interdits. Or le christianisme n’est pas un moralisme, c’est une présence intérieure. Le sujet croyant, éclairé par l’Esprit Saint, cherche en communauté à discerner. Il faut donc recevoir la morale comme un don qui enrichit l’homme et le fait grandir. »

Un livre pour qui ?

Le souci de pédagogie de l’ouvrage, présenté comme une « semence de réflexion » autorise sa lecture à tout chrétien qui veut bien se mettre en route sur ce sujet ainsi qu’à tout croyant d’une autre confession ou d’une autre religion qui cherche un sens à sa vie et accepte de rentrer en dialogue. « Je souhaite que le présent document aide à découvrir toujours davantage les valeurs fascinantes de la vie chrétienne authentique et à considérer la Bible comme un trésor inépuisable et toujours actuel pour la détermination de l’agir juste, dont dépendent la réussite et le plein bonheur des personnes individuelles et de la communauté humaine tout entière », résume dans la préface le cardinal William Levada, président de la Commission.

Chantal Joly (cef)




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