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Bon anniversaire

jeudi 16 octobre 2008

Après la messe d’ordination à la cathédrale, les amis de Jérôme Tran et de Mgr Brincard se sont retrouvés à l’accueil Saint-Georges. Au nom du diocèse, le P. Jean-Claude Petiot s’exprime sur les vingt ans d’ordination de Mgr Brincard.

Monseigneur,

ll me revient de prendre la parole pour saluer le XXème anniversaire de votre ordination épiscopale, au nom de tous vos diocésains, prêtres, diacres, religieux et laïcs.

Ces derniers jours, particulièrement avant-hier 2 octobre, il est certain qu’ils n’auront pas manqué – et sûrement encore demain dimanche ils ne manqueront pas - de renouveler la mémoire de cet événement. Il ne peut en effet nous échapper que la messe, au cœur de la prière eucharistique, ne cesse de nous rappeler chaque fois, sinon la date, du moins le fait et son sens.

Bien nombreuse pour la maison qui nous accueille, l’assemblée réunie en ce moment autour de vous, se sait donc en communion d’esprit et de cœur avec tant d’autres qui sont retenus par leur quotidien heureux ou douloureux, leurs engagements et leurs occupations et qui, même silencieusement, portent cette intention dans leurs pensées et leur prière.

Vingt ans

C’est une longue période que la fête d’aujourd’hui nous invite à embrasser. Pour le faire sans abuser du temps, j’ai beaucoup hésité à égrener une série d’événements et de chantiers significatifs de votre ministère et donc de la vie du diocèse. J’y ai finalement renoncé parce que je n’aurais certainement rien signalé qui ne soit bien connu ; et qu’un grand nombre d’entre eux sont heureusement évoqués dans la belle collection de photos rassemblées et présentées par Agnès Pommier, à partir notamment des archives vivantes du service diocésain de communication.

J’ai donc pris le parti de m’en tenir, à peu près, à ce qui s’est donc passé il y a vingt ans.

J’espère seulement que si limité que soit mon propos, chacun pourra au moins y reconnaître le motif d’une vraie reconnaissance et peut-être y raviver une profonde action de grâces.

Arrivée en voisin

Depuis le 8 août, le diocèse bruissait de l’annonce de votre nomination comme 105ème évêque du Puy. Et les premiers mots de votre premier message adressé aux pèlerins du 15 août au Puy saluaient la clôture de l’année mariale qui coïncidait avec cet événement.

Vous nous arriviez en voisin si j’ose dire, puisque de l’Ardèche. Mais pour la plupart, en Haute-Loire, ce n’était pas la moindre des surprises de découvrir, à travers vous, l’existence de l’abbaye des chanoines réguliers de Champagne, créée vingt ans auparavant pour faire revivre l’esprit communautaire et pastoral de Saint Augustin, l’évêque d’Hippone au IVème siècle, et la spiritualité mariale de l’abbaye de Saint-Victor fondée au tout début du XIIème siècle à Paris.

A l’école d’Augustin

Chanoines de Saint-Augustin originaires de Tanzanie Saint Augustin a souvent eu l’occasion de s’exprimer sur le ministère épiscopal, et particulièrement à chaque anniversaire de sa propre ordination. On connaît – vous l’avez souvent citée – la célèbre formule : « Pour vous je suis évêque, avec vous je suis chrétien ». Assurément vous n’ignorez pas – et pour cause ! - les nombreuses expressions où il exprimait le fardeau que représentait pour lui la charge épiscopale. Celle-ci en particulier : « Admonester les fomenteurs de désordres, consoler les pusillanimes, soutenir les faibles, réfuter les contradicteurs, se garder des intrigants, instruire les ignorants, stimuler les indolents, câliner les chicaneurs, remettre à leur place les prétentieux, apaiser les querelleurs, secourir les pauvres, délivrer les opprimés, encourager les bons, supporter les méchants et aimer tout le monde » . Nous reconnaissons-nous exactement dans ce qu’il énumérait de tout ce qu’on attendait de lui ?

Vous certainement, Monseigneur, vous pouvez vous reconnaître dans cet autre résumé de son intense activité : « Prêcher, discuter, admonester, édifier, être à la disposition d’un chacun. » L’épiscopat n’a rien d’une sinécure. Nous en avons bien quelque idée, mais Augustin nous aide – aujourd’hui particulièrement – à aller plus profond dans nos appréciations quand il insiste : « Voilà un lourd fardeau, une charge écrasante, un travail pénible. … Comment cela se fait-il que je me sente responsable pour les autres ? C’est l’Évangile qui m’inspire cet effroi. »

Et vous connaissez mieux que nous les appels constants qu’ils adressait à ses auditeurs pour qu’ils entendent à travers ses paroles à lui, Celui-là seul qui parle au cœur de tout fidèle et de tout homme.

Mémoire vive

Si donc j’ai pris le parti de revenir à ce qui s’est passé entre vous et nous il y a vingt ans par la grâce du Christ, à l’appel de l‘Église, ce n’est pas pour faire l’impasse sur tout ce qui a rempli le cours de ces vingt années ; mais simplement pour revenir à la source de qui nous a été donné à vivre depuis lors.

Le moment que nous vivons en cet anniversaire trouve tout son sens s’il nous permet de nous placer au cœur du lien dynamique qu’exprime le ministère épiscopal. Par lui nous n’avons rien de mieux à vivre que de nous nous laisser entraîner ensemble par le fleuve de grâce qui coule du cœur de Dieu, du côté du Ressuscité. Car en Église nous avons une manière originale de faire travailler notre mémoire : ce n’est pas seulement accumuler des souvenirs. Il est souvent utile de relire un parcours pour qu’il prenne la densité d’une histoire. Mais cela ne nous suffit pas et ce peut être, selon les cas, fort appréciable ou lourd à porter.

Faire mémoire, ce n’est même pas seulement tirer les leçons du passé pour raviver un élan et y trouver un sens. C’est reconnaître la trame et la chaîne dont nos vies sont tissées. Plus que cela : la sève qui les a irriguées, la nourriture qui les a fortifiées, la lumière qui les a éclairées, et les vrais fruits qu’elles portent. Et trouver là matière à conversion et à espérance.

Soyez ce que vous êtes

Donc, il y a vingt ans, vous nous avez été donné comme pasteur de notre Église diocésaine, pour rendre présent parmi nous le Christ, unique Pasteur ; et ainsi pour que sous votre conduite, par vos enseignements et par les sacrements, grandisse notre appartenance au Corps du Christ qu’est l’Église. Et nous pouvons entendre sans restrictions ni accommodements l’appel repris par Augustin, à l’adresse des fidèles de toutes conditions et états de vie comme des ministres ordonnés : « Vous êtes les membres du Christ. Soyez ce que vous êtes. Voyez de quel chef vous recevez la vie en faisant partie d’un même Corps. Voyez l’Unique Esprit que vous avez reçu ».

L’anneau pastoral

Il y a quelque chose que nous sommes ensemble appelés et entrainés à vivre dans toutes nos relations en Église et qui recouvre aussi tout le champ du témoignage des chrétiens parmi leurs frères : la construction de l’unité. Au cœur du ministère épiscopal, il y a la passion jamais achevée pour l’unité du Corps du Christ. Le signe vous en a été remis au jour de votre consécration épiscopale : c’est, à notre regard le signe plus discret et c’est celui qui vous est le plus présent. L’anneau pastoral : signe de l’Alliance qui vous lie à cette portion du peuple de Dieu qui vous a été confié est aussi le signe – et parfois cela provoque des sentiments d’enfants jaloux de n’être pas les seuls destinataires de votre mission – du ministère d’unité et de communion qui fait partie du ministère épiscopal, le souci toutes les Eglises et de votre participation à la vie de l’Église Universelle.

Parce que nous avons su – devinez par qui ! - que l’un de vos souhaits était de renouveler votre anneau pastoral qui a subi l’usure du temps, nous avons pensé que la contribution à ce cadeau revenait en premier à vos collaborateurs, prêtres et diacres…

Monseigneur, Bon anniversaire !

Lire l’homélie de Mgr Brincard




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