Cardinal Newman

vendredi 25 juin 2010, par P.B.Planche

John Henry Newman reste méconnu du grand public : ce prêtre anglican devenu catholique en cherchant des arguments pour défendre sa foi anglicane est pourtant l’un des théologiens et des auteurs spirituels les plus puissants du XIX° siècle. D’ailleurs, le Pape Benoît XVI présidera lui-même sa béatification le 19 septembre prochain.

Le Père Keith Beaumont, prêtre oratorien, tout comme l’était Newman, propose une petite anthologie de ses écrits spirituels aux éditions Artège. Selon la très heureuse expression du Père Beaumont, Newman propose une conception du chrétien non seulement en terme d’un « croire » ou d’un « agir », mais aussi, et d’abord, en terme de la recherche de Dieu comme une présence intérieure.

Et nous suivons Newman dans ses sermons, dans ses lettres, dans ses articles, à la découverte de cette présence intérieure. Le grand génie de Newman est à la fois de nous inviter à la recherche de Dieu en nous, mais en nous permettant d’éviter toujours la tentation du narcissisme qui guette toute introspection. Newman est un homme arraché : arraché à l’Eglise dans laquelle il avait grandit. Né anglican, il est devenu catholique par conviction que là se trouvait la vérité de la foi qu’il découvrait. Tenu pour suspect par bien des catholiques anglais de son époque, il sera longtemps plus toléré que vraiment admis dans l’Eglise qu’il avait rejointe. Echec de bien de ses projets pastoraux. Echec de son projet d’université catholique à Dublin. Arraché à ses rêves, brisé dans ses projets : il ne connaîtra que tard la reconnaissance qu’il méritait lorsque la pape Léon XIII le nommera cardinal.

A travers toutes ses épreuves, Newman ne cesse de rendre compte de sa foi : aux anglicans qui le tiennent pour un traître, aux catholique qui le tienne pour suspects, aux chrétiens tièdes et aux incroyants qui croyaient ne rien avoir à apprendre de lui. Newman est un moderne : il s’adresse à l’individu et c’est Dieu qui introduit la personne dans l’Eglise. Dieu est en l’homme et c’est là que notre guette doit aller le chercher, où plutôt, que nous devons aller retrouver celui qui nous cherche. Et en plus, il avait de l’humour, dans une version très british : exposant combien on se sent peu de chose quant on se compare aux saints du paradis, il explique que, quant à lui, il se sent tout juste bon à cirer les chaussures de Saint Philippe, le fondateur de l’Oratoire. Si tant est, ajoute-t-il, que Saint Philippe, au ciel, ait besoin de chaussure.

John Henry Newman, textes choisis par Keith Beaumont, est publié aux editions Artège, compte 146 pages et est vendu 9,90 €




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