Accueil du site > Diocèse > Rencontres > Catéchuménat : rencontre avec les nouveaux responsables

Catéchuménat : rencontre avec les nouveaux responsables

mercredi 17 octobre 2007

Bernadette et Maurice Bonnefoy sont retraités tous les deux. Après une vie professionnelle bien remplie dans l’enseignement, ils viennent d’accepter la responsabilité diocésaine du catéchuménat.

Bonjour. Comment arrive-t-on responsables du catéchuménat ?

M. - Ce n’est pas arrivé du jour au lendemain, c’est plutôt la suite d’un cheminement commencé depuis plusieurs années. A quelque temps de là, j’étais un peu loin de l’Eglise : la pratique, la prière… disons que je n’étais pas très assidu !

B. - En 94, j’ai dû subir une opération. Pour occuper le temps que cela allait me laisser, j’ai cherché des livres intéressants. L’idée de demander conseil à un prêtre m’a amenée à des lectures un peu spirituelles. A partir de là, j’ai commencé un peu, disons à me mettre en chemin.

M. – Et puis, la vie s’est chargée de nous aider sur ce chemin, petit à petit, avec des signes, nombreux, que nous arrivons à relire maintenant. Mais ce n’est pas venu d’un coup, il a fallu du temps.

Vous pouvez nous donner quelques uns de ces signes ?

M. – En 1995 a eu lieu la béatification de Mère Agnès et Eugénie Joubert à Rome. C’était un évènement important pour le diocèse. J’étais enseignant dans le privé et il fallait quelqu’un pour représenter l’établissement. Les religieuses de l’école m’ont sollicité et elles m’ont incité à inviter ma femme ! C’était un beau signe.

B. – Les témoignages donnés dans le train au retour de Rome m’ont profondément touchée et au retour, j’ai eu envie de participer à un groupe de prière. Ce groupe se réunissait d’abord à Saint-Étienne, puis à Monistrol.

M. – Pour moi, rien n’avait encore vraiment changé, et quand on nous a proposé de faire partie d’une Equipe Notre-Dame, j’ai d’abord refusé. Je n’étais pas prêt. Il a fallu encore un peu de temps avant que j’accepte.

Vous êtes donc rentré dans une Equipe ?

B. – Oui, et c’est à partir de là que tout s’est enchaîné. C’était en 1998 et notre conseiller spirituel était Jean-François Rocher, curé à Aurec-sur-Loire. Un jour, il a eu le baptême d’un jeune de 25 ans à préparer. Il nous a demandé de faire partie de l’équipe d’accompagnement.

M. – Nous avons dit oui, ce qui nous a fait découvrir le catéchuménat. Nous avions déjà un peu l’expérience de la catéchèse, mais c’est différent. Après, nous avons intégré la préparation au baptême dans la paroisse. Cette fois, j’étais bien investi, et un été, en réponse à une annonce de Famille chrétienne, nous sommes partis avec les Frères de Saint-Jean comme accompagnateurs d’un pèlerinage de jeunes. En 6 étapes nous devions faire Le Puy - Jérusalem. Seulement trois étapes se sont faites : Le Puy – Notre-Dame du Laus la première année, Assise – Rome et Thessalonique – Cavala, en Grèce. Cette expérience m’a beaucoup appris sur la Providence, la confiance !

B. – C’est à la suite de ça que nous avons fait tous les deux le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, dans un grand esprit d’abandon. Sur le chemin, nous avons noté plein de « clins d’œil » et nous avons compris qu’il était important de s’habituer à les voir, à les relire. Nous nous disions volontiers :

« Chaque jour est une surprise… de Dieu ! »

M. - Un jour, le Père Antoine Ferréol, responsable diocésain du catéchuménat, assistait à une des rencontres avec le jeune que nous accompagnions. Il nous a proposé d’intégrer l’équipe diocésaine pour l’étoffer un peu : nous avons accepté.

Cette fois, vous étiez engagés ?

B. – Oui, complètement parce que, pour faire partie de l’équipe diocésaine, il a fallu nous former. J’ai participé à une université d’été à Lourdes sur le catéchuménat, un week-end à Lyon…

M. – Il y a eu plusieurs journées à Lyon ou Clermont. Les thèmes abordés sont variés et tous plus intéressants les uns que les autres : les parrains, marraines, la Parole, Après le baptême… Le sujet est vaste et passionnant !

Et vous voila maintenant responsables de ce service. Expliquez-nous un peu en quoi ça consiste ?

M. – Nous sommes là pour accompagner tous ceux qui désirent recevoir le baptême et qui ne sont plus des enfants. Il y en a de plus en plus, et à tous les âges.

B. – Nous avons aussi le souci des « recommençants » : ceux qui ont été baptisés mais qui n’ont pas poursuivi. Suite à un évènement familial, à une rencontre, ils retrouvent le chemin de la foi et nous les accompagnons pour la préparation à l’Eucharistie ou à la Confirmation. C’est ainsi qu’à Monistrol, une dame a fait sa communion en même temps que les enfants. C’était un témoignage très fort !

M. – Une équipe se constitue autour de ces personnes, qui va cheminer pendant un temps plus ou moins long, Baptême de Nicolas (28ans) lors de la veillée pascale 2006 à la paroisse du Val-Vert (Le Puy)jusqu’au sacrement. Mais notre rôle ne se termine pas pour autant une fois le sacrement donné. Nous continuons de suivre les néophytes (ceux qui viennent de recevoir le baptême) pendant au moins deux ans.

B. – Parfois des liens très forts se créent dans ces équipes. Par exemple nous continuons à nous retrouver régulièrement avec l’équipe qui s’était constituée autour du jeune que nous avons accompagné.

Comment arrivez-vous à rejoindre ces personnes en recherche ?

B. – Nous faisons un peu de pub avec des affiches. Nous profitons aussi de quelques occasions pour nous faire connaître et dire que nous existons. Mais le plus souvent, les gens s’adressent à un prêtre qui ensuite fait appel à nous.

Que pouvez-vous nous dire sur ce service que vous accomplissez ?

B. – Nous n’avons pas choisi d’être accompagnateur de catéchumènes parce que nous avons des compétences. Nous avons répondu à un appel d’Eglise. Nous ne sommes pas arrivés parce que nous sommes responsables du service : nous sommes toujours en chemin.

M. – L’accompagnement est très exigeant et cela nous transforme et nous bouscule. Nous sommes appelés à l’accueil inconditionnel de la personne dans sa différence, ce qui suppose une capacité d’écoute bienveillante, beaucoup de discrétion, de tolérance et d’ouverture.

B. – Nous avons besoin de beaucoup prier. C’est l’œuvre de Dieu et non la nôtre. L’Esprit-Saint seul convertit.

Qu’est-ce que cela vous apporte ?

B. – Accompagner ces personnes nous a obligés à mettre des mots précis sur ce que nous vivions. Nous sommes appelés à donner notre témoignage, nous trouvons donc la confiance : en nous, en l’autre, en l’Esprit-Saint.

M. - Cela nous apprend aussi la patience. Il faut aller au rythme de la personne, respecter ses lenteurs, ses tâtonnements. En fait, il faut s’adapter à chaque personne et laisser le temps faire les choses. Il y a un « lâcher prise » à vivre, qui aide à prendre conscience de nos limites et qui nous rappelle que nous sommes des instruments dans la main de Dieu, d’où une plus grande confiance en Lui.

B. – L’Esprit-Saint est à l’œuvre et nous apprend à être de plus en plus attentifs aux signes. C’est un émerveillement continuel ! Il souffle vraiment où il veut et touche aussi bien les personnes fragiles ou sans culture. C’est une leçon d’humilité.

M. – Nous découvrons des personnes extraordinaires et avons de nombreux amis parmi les accompagnateurs. Les formations sont variées et très riches. En somme, nous recevons autant et peut-être même plus, que nous donnons !

B. – Pour terminer, je dirai que nous avons beaucoup de joie à parler de ce qui nous fait vivre et à le partager.

Propos recueillis par Germaine Peyrache septembre 2007



© 2017 - Diocèse du Puy-en-Velay| Plan du site | Espace privé | Mentions légales |  RSS 2.0 Suivre la vie du site