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Chamalières sur Loire

mai 2005

Petite commune située sur le canton de Vorey (43), Chamalières est l’une de ces communes où il fait bon vivre. Au bord de la Loire, à 571 mètres d’altitude, le village bénéficie d’un climat doux et ensoleillé qui attire chaque année touristes et amateurs d’art. L’été lors d’une partie de pétanque ou d’un verre pris à la terrasse d’un café, le temps semble s’arrêter.

Les théories sur le nom du village sont diverses et variées : certains disent qu’il provient de Calminius (fondateur de l’abbaye du Monastier), d’autres qu’il serait dérivé du patois « tsamaleyra » (chemin de la Loire).

Le principal attrait du bourg est une magnifique église du XIème siècle. Toutes les communes ont leurs églises mais Chamalières en possède une remarquable, tant par son architecture que par son histoire.

Histoire :

Un prieuré dédié à la Vierge existait déjà depuis l’an 674, lorsqu’un groupe de moines bénédictins décida de le remplacer par une église romane au Xème siècle.

Les nombreux dons des fidèles et l’aide des nobles locaux (les familles Chapteuil et Mercoeur) permis aux religieux de bâtir un magnifique monument placé sous le patronat de Saint-Gilles.

Qui était Saint-Gilles ?

Né à Athènes aux environs de l’an 640, Saint-Gilles appartenait à une famille princière chrétienne. Lorsque ses parents décèdent, il a 25 ans et décide de changer de vie. Il distribue tous ses biens aux pauvres et quitte la Grèce pour la Provence où il vit en ermite avec une biche pour seule compagnie.

Un jour, le roi des Wisigoth (Flavius Wamba) en chasse dans la région, blesse accidentellement Gilles. Il décide pour se faire pardonner de faire construire un monastère et d’en confier la direction au Saint.

Très vite, les qualités humaines de Gilles (humilité, mortification et charité) attirent les foules et de nombreux miracles se produisent. Depuis sa mort le 1 er septembre 721, son tombeau situé dans la ville du même nom, est devenu un célèbre lieu de pèlerinage, notamment au moyen âge.

L’architecture :

Extérieur : l’édifice roman d’inspiration Clunisienne est d’abord caractérisé par sa taille impressionnante (le clocher culmine à 18 mètres du sol). On dénote également des influences arabes, notamment avec les arcades trilobées de la façade latérale sud qui rappellent celles de la cathédrale du Puy-en-Velay. Un ancien cloître est adossé à la façade nord de l’église.

Le clocher actuel est plus récent que le reste de l’édifice (1900) car il avait été détruit à la révolution. Il est surmonté d’une girouette en bronze du XIIème siècle et supporte trois cloches dont l’une pèse 420 kg.

Intérieur : la nef comprend trois travées voûtées en berceau plein cintre.

Certaines dalles de l’église sont en fait des pierres tombales dont les gravures représentent les différentes fonctions des défunts (boulanger, chevalier...).

Le transept n’est pas beaucoup plus large que la nef, mais ses colonnes sont plus hautes.

La partie la plus admirable de l’église est sans doute l’abside. Elle offre au regard du pèlerin une immense voûte à contempler, mais aussi une acoustique fabuleuse. En effet, grâce à une trentaine de petites caisses de résonance (appelées « échéas ») intercalées dans la maçonnerie de la voûte, n’importe quel son se voit amplifié et répandu dans l’église. Ce système astucieux et discret était un substitut idéal, à une époque où le micro n’existait pas encore.

Différentes œuvres d’art jalonnent l’intérieur de l’église. Par exemple, à l’entrée sur la gauche, se trouve un admirable tableau en pierre monochrome intitulé « le tombeau de l’évêque » représentant l’entrée au paradis de celui-ci.

En face, se dresse l’ancien portail des lieux. Malgré ses 900 ans, il est assez bien conservé et on peut encore y discerner certains motifs.

De plus, la plupart des colonnes sont sculptées à leurs sommets (sirènes...) et différentes fresques dont « la Vierge et l’Enfant Jésus » illuminent le sanctuaire.

Les relique sacrées :

L’architecture n’est pas la seule richesse de l’église de Chamalières. En effet, elle possède et a possédé depuis sa création des pièces inestimables dont voici les plus célèbres :

Le bénitier : taillé au XIIème siècle par des moines de Cluny, puis offert à l’église de Chamalières, ce bénitier d’environ 1,35 mètres de haut est plus que singulier.

De forme rectangulaire, chacun de ses quatre côtés est sculpté de manière à représenter quatre grands personnages : deux prophètes (Isaïe et Jérémie), et deux rois (David, et Salomon).

NB : Ils avaient tous annoncé la venue du Christ.

Le Saint Clou : l’un des clous ayant servi à crucifier le Christ a séjourné à Chamalières... L’histoire peut paraître étonnante, mais plusieurs écrits attestent de la venue de la relique dans le Velay.

Sainte Hélène ayant découvert le clou, l’aurait offert à son fils l’empereur Constantin après en avoir fait un mors de cheval. Plus tard il devint la propriété de Charlemagne qui en fit don au monastère de Saint-Gilles d’Arles. C’est là qu’un certain Dalmace de Beaumont, de retour des croisades, le prit avant de le déposer à Chamalières où il resta longtemps avant d’être confié à l’évêché du Puy. Aujourd’hui, « le Mors de Constantin » est conservé dans le Musée d’art religieux de la ville.

Ce Saint Clou, connu pour ses guérisons miraculeuses de la vue, a fortement contribué à l’afflux de pélerins et au rayonnement de l’église au moyen âge.

Le bras de Saint-Gilles : D’après les écrits, Dalmace ne se serait pas contenté de ramener avec lui le Saint Clou. Il aurait également pris une partie de la dépouille du Saint à Arles et l’aurait confiée aux moines de Chamalières, augmentant encore un peu plus l’attrait des lieux.

Pour tous renseignements complémentaires contactez l’office de tourisme de Chamalières au 04 71 03 44 67

Nous tenons à remercier Mademoiselle Rose Oulhon, qui nous a généreusement accueillis et qui nous a servi de guide dans la découverte de ce magnifique monument.

Patrick CHABANON
mai 2005



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