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Comment faire advenir un être humain à la vie ? Par Elisabeth BATIONO

Rencontre diocésaine sur les questions de bioéthique

mardi 5 juin 2018, par AG

Rencontre diocésaine sur les questions de bioéthique Maison diocésaine La Providence, le samedi 26 mai 2018.

Comment faire advenir un être humain à la vie ?

Élisabeth BATIONO

Depuis la nuit des temps et jusqu’en 1978 les petits d’hommes étaient tous issus de l’union sexuelle naturelle entre un homme et une femme.

Il semblerait que les hommes n’aient pas pris conscience immédiatement de leur rôle dans l’apparition de l’enfant. Évidemment, la gestation et l’accouchement ne laissent aucun doute sur le rôle de la femme. Par contre, les quelques secondes d’intervention du père, pourtant de la plus haute importance, ont pu facilement passer inaperçues. On a, en effet, retrouvé trace de sociétés archaïques de type matriarcal où les hommes vénéraient les femmes en tant que dépositaires uniques de la transmission de la vie.

Certains psychologues, pour leur part, ont cru déceler dans l’inconscient masculin, une immense jalousie devant le pouvoir d’enfantement féminin.

Mais tout va changer avec la PMA et la GPA !

-1 Le père et la PMA pour toutes :

A- Le rôle du père

Au-delà du domaine biologique, la présence du père est fondamentale, dès la conception, pour sécuriser la mère et entrer en contact avec le bébé par la voix et par les jeux comme dans l’haptonomie. Pendant la petite enfance, le père peut apporter un souffle de fantaisie et d’aventure en alternance avec la mère qui coucounne peut-être un peu trop le tout petit.

A l’adolescence, il peut aider sa fille à prendre conscience de sa féminité et de sa beauté.

Il peut l’aider à être séduisante sans être séductrice. Il peut aider son fils à découvrir sa virilité par des activités sportives ou des défis qu’ils peuvent relever ensemble, lui permettant ainsi de prendre con fiance en lui. D’après les psychologues, le père est le gardien ultime de la loi et il devrait permettre à l’enfant de s’insérer harmonieusement dans la vie sociale.

B- La disparition du père dans la PMA pour toutes :

Dans les années 80, la PMA avait pour but de contourner une stérilité féminine par la fécondation in vitro ( FIV) (on parlait de bébé éprouvette) de type IAC (insémination artificielle par le conjoint) et provoquée par un tiers : le médecin.

Par la suite, on a pu traiter des stérilités masculines par l’IAD (avec donneur).

Dans plusieurs pays du monde, la PMA est utilisée pour choisir le sexe de l’enfant puisqu’elle permet un tri des embryons. Cela risque de déséquilibrer la répartition garçons / filles qui est faite de façon extraordinaire par la nature (105 g pour 100 f) + guerre de 14 ! Ce déséquilibre est déjà la en Chine et en Inde par suite de l’avortement (déficit de 140 millions de filles !).

L’eugénisme est déjà là pour les embryons trisomiques mais il se répandra encore plus !

Aujourd’hui, le comité d’éthique propose d’étendre la PMA hors du champ de la stérilité pour une femme seule ou pour deux femmes.

Une telle loi ferait disparaître le père de la filiation et de la vie de l’enfant.

Bien sûr, il arrive que certains enfants soient élevés sans père et doivent faire face à cette détresse.

Mais une société peut-elle multiplier sciemment de telles situations ?

-2 La mère et la GPA pour tous :

A- Le rôle de la mère :

La relation de la mère à l’embryon, puis au fœtus est interne et profonde. Elle baigne dans le mystère du développement de son enfant auquel elle participe mais qu’elle ne maîtrise pas.

La mère des sept fils martyrs (deuxième siècle avant J.C) l’exprime très bien dans 2 mac 7 (22) : "Je ne sais comment vous êtes apparu dans mes entrailles : ce n’est pas moi qui vous ai gratifiés de l’esprit et de la vie ; ce n’est pas moi qui ai organisé les éléments qui vous composent."

Après la naissance, la mère vit en fusion avec son enfant. Si les conditions extérieures sont favorables, elle demeure sur un nuage pendant des mois, voire des années si elle a plusieurs enfants !

Quand elle rentre du travail, on peut la vois courir entre sa voiture et sa maison pour les retrouver plus vite !!!

Peu à peu, elle retombe sur terre et renonce à la fusion ce qui ne va pas sans souffrances pour elle et pour l’enfant !

Quand vient l’adolescence, elle rentre chez elle avec beaucoup plus de retenue !

Pendant toutes ces années, elle partage l’autorité mais assure, avec force, l’accueil inconditionnel qui complète à merveille l’action du père en faveur de la Loi.

Avec la GPA pour tous, deux hommes pourront élever, seuls, un enfant en faisant disparaître la mère !

De plus, on ne peut pas encore mesurer l’effet sur l’enfant d’une gestation où la mère porteuse fait tout pour ne pas s’attacher à lui puisqu’elle doit l’abandonner.

Plus tard, le recours à l’utérus artificiel pourrait remplacer la GPA : c’est en tout cas l’avis du professeur Jean Louis Touraine (immunologie à Lyon, député LREM et proche du Grand Orient de France).

Il avait annoncé, dès 1985, dans l’un de ses livres, le brillant avenir des utérus artificiels et dit aujourd’hui qu’il "faut réfléchir aux grossesses hors du corps humain". Il a aussi déposé en Septembre dernier une proposition de loi "portant sur la fin de vie dans la dignité" que déjà 157 députés soutiennent.

Conclusion :

Voulons-nous vraiment que PMA et GPA deviennent un mode habituel de programmation de l’enfant souhaité ? Existe-t-il vraiment un droit à l’enfant ? N’est-il pas plutôt un don, un cadeau, un miracle face auquel nous n’avons que des devoirs pour l’aider à grandir ?

A voir également :
- COMMENT VOULONS-NOUS TERMINER NOTRE VIE - Par Serge Monnier
- QU’EST-CE QU’UN ETRE HUMAIN ? par Serge Monnier
- « Quel monde voulons-nous pour demain ? » Par Jean-Claude Le FLOHIC
- Interventions de Mgr Luc Crepy, évêque du Puy-en-Velay




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