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Dans l’intimité de la Vierge Noire

vendredi 24 décembre 2010, par P.B.Planche

Les visiteurs de la Cathédrale du Puy auront peut-être été surpris, ces dernières semaines, de ne pas trouver sur le maître-autel l’habituelle statue de la Vierge Noire. Elle a fait l’objet de travaux de restauration mais elle a rejoint sa place ce 24 décembre 2010.

Une émotion particulière

François Fallu, le restaurateur de la statue de la Vierge Noire, est un habitué des sculptures anciennes : les différents services de conservation des objets d’art de Haute-Loire et du Cantal avec lesquels il travaille lui confient régulièrement statues, retables et autres…
Quand on lui a confié la statue de Notre-Dame du Puy, ce ne fut pas tout à fait un chantier comme les autres : « Je suis sensible à tout ce qui entoure l’objet, en particulier toute la dévotion dont il est entouré. Quand j’ai pris la statue dans les bras pour la transporter, j’ai vraiment été ému. Quand je l’ai installée dans mon atelier, j’ai eu comme un sentiment de paix qui s’installait. En travaillant sur ces sculptures, on ressent si elles ont été entourées ou au contraire abandonnées, si elles ont subi des outrages ou si elles ont été bien entourées. Dans le cas de la Vierge Noire, je me suis rendu compte qu’elle manquait à des gens. »

Travaux de conservation

Les travaux effectués ont surtout consisté à assurer la conservation de la statue. En bois, probablement de tilleul et de chêne, des parasites s’étaient introduits dans la sculpture et la fragilisait. Pendant 21 jours, la statue a été enfermée dans un sac où un produit avait fait le vide d’oxygène. Parasites et larves ont ainsi été éliminés.
Restait à renforcer les parties fragilisées. Des apports en résine ont permis de redonner à la structure du bois sa cohérence. À l’arrière, une partie du bas du manteau a été reconstituée car il y avait de gros manques. Le côté droit du visage de la Vierge et de celui de l’enfant avait également souffert. Le restaurateur y a appliqué un « jus d’aquarelle » pour uniformiser la teinte noire des carnations. Un nettoyage a également été effectué.
« Sur de telles sculptures, explique-t- il, on est particulièrement délicat. Chacun a ses techniques habituelles et certains automatismes de métiers. Là, on réfléchit beaucoup plus, on s’interroge sur la conduite à tenir. Il y a certaines fentes que je n’ai pas touchées car je craignais les conséquences sur le comportement futur de la structure. La statue est composée de trois éléments mis ensemble. Le bois est vivant, il travaille, il faut lui laisser une liberté de mouvement, mais assurer la cohérence de la structure… Un dialogue s’instaure avec le sculpteur qui a travaillé plusieurs siècles avant moi, avec ses idées, ses choix, ses outils… »
Toutes les interventions sont « réversibles » : on peut enlever ce qui été ajouté et retrouver l’état de la statue tel qu’il était avant l’intervention de F. Fallu. Les ajouts restent visibles : un oeil avisé a vite fait de repérer ce qui est la statue originale et les interventions du 21ème siècle.

Retour à la Maison

À la veille de Noël, la Vierge Noire va retrouver sa place sur le Maître autel de la cathédrale. Ainsi restauré, la statue va retrouver sa mission : signifier la présence de Marie dans le sanctuaire et nous présenter son enfant : le Christ Jésus, le Sauveur attendu depuis le commencement des temps et venu dans notre chair et dans notre histoire dans une étable de Bethléem.


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