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Dernière audience avec Benoît XVI

mercredi 27 février 2013, par Henri Brincard

Mgr Brincard, accompagnant un groupe de pèlerins de Haute-Loire à Rome, a participé à la dernière audience de Benoît XVI comme Pape ce 27 février 2013. Il a confié ses impressions à Stéphane Longin de RCF Haute-Loire.

Mgr Brincard vous venez de vivre la dernière audience publique de Benoît XVI C’était une sorte d’au-revoir plutôt que d’adieu. Comment avez-vous vécu ce moment ?

Avec une profonde émotion, que je crois partagée par la foule immense qui lui a manifesté une très grande affection. C’était très touchant. Les gens lui ont témoigné leur reconnaissance pour sa vie entièrement donnée à laquelle il a consacré ses dons exceptionnels d’intelligence et de cœur.
C’est n’est ni un au revoir, ni un adieu. Il a rempli sa charge de Pape. Dans son discours, qui n’était d’ailleurs pas vraiment un discours mais une lettre adressée à l’Église toute entière, il nous a dit combien sa décision avait été murie dans la prière et la réflexion et prise pour le bien de l’Église, ce qui est le critère premier. Ensuite il nous a dit « je ne vous quitte pas ! » Mais maintenant sa voie est dans la prière, dans l’offrande de sa vie.
Il était émouvant de le voir passer avec tout ce qu’il a donné, avec un pontificat qui marquera l’histoire, et en même temps tellement proche, c’était très émouvant. Il avait des gestes pleins de paix, de proximité.

Pourtant, on a senti que la dimension historique de cet évènement, qui a été souvent souligné ces derniers temps, n’a pas pris le devant par rapport à la manifestation de la foi.

Ce que vous dites est très juste. Nous avons vécu un évènement très particulier, mais qui nous a aidés à entrer plus avant dans ce mystère de service qu’on appelle la papauté. Le geste du Pape a été celui du serviteur qui ne cherche que le bien de l’Église. On découvre que le Pape a une grâce particulière pour servir ce bien. Nous étions sur la Place Saint-Pierre très divers par les langues, les cultures… et pourtant, quelle unité dans l’amour. C’était bouleversant. Maintenant cet amour nous uni dans la prière pour le successeur de Pierre afin que, quand il sera élu, il puisse continuer cette grande mission qui a été si bien incarnée par Benoit XVI.
C’était émouvant de l’entendre dire « Je ne vous quitte pas ! » A un moment donné, il a dit aussi : « je n’abandonne pas la Croix ».

Vendredi matin, l’Église va se réveiller sans Pape. Peut-on dire qu’elle va être orpheline ?

Non, je ne dirai pas orpheline. Nous allons vivre un moment très particulier, certes, marqué par cette offrande d’un pontificat et nous nous préparons à une succession ; Benoît XVI nous l’a d’ailleurs dit ce matin. Cette succession sera une œuvre du Saint-Esprit. Nous allons prier beaucoup pour les cardinaux qui ne sont que des serviteurs et ils le savent. Ils ont la mission redoutable d’élire le pape, mais ce n’est pas eux qui doivent l’élire : ils doivent agir dans la lumière de Dieu pour choisir celui qui servira le mieux le bien de l’Église.
Donc maintenant une intense prière s’élève pour cette élection qui doit occuper totalement notre prière et notre cœur. Quand on me demande « Quel pronostic faites-vous ? » je réponds « Aucun, car tout notre temps doit être consacré à la prière. » Ce que nous avons vécu aujourd’hui nous rappelle que le pape est serviteur du Christ. A plusieurs reprises Benoit XVI nous a rappelé qu’il fallait tourner notre regard vers le Christ et vivre dans sa lumière. En même temps, il a élevé un hymne à la joie de l’Église vivante. « L’Église vit », l’Église se développe » a-t-il dit. Quelque soient les difficultés, elle avance et il faut prier pour avancer nous-mêmes afin que tous puisse bénéficier de la grâce de Dieu.




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