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Eglise Abbatiale du Monastier-sur-Gazeille

2006

Le Monastier-sur-Gazeille village de Haute-Loire situé à 950 mètres d’altitude, abrite une magnifique église Abbatiale du XIème siècle. Son architecture est essentiellement romane et comporte des éléments gothiques.

L’histoire :

Trois noms jalonnent l’histoire ancienne du Monastier-sur-Gazeille : le fondateur Calmin, le martyr Saint-Théofrède qui est à l’origine de la renommée, et l’abbé Eudes qui fit construire la première église.

Ensuite, nous retrouvons d’autres noms qui ont œuvré pour la restauration ou la continuation de l’église abbatiale. En effet, Guillaume IV fit écrire le précieux Cartulaire du Monastier et achever la construction de l’actuelle Eglise Abbatiale. L’abbé Vital Erailh a permis une importante restauration du monument, reprise et continuée par son successeur François d’Estaing.

L’architecture :

Les spécialistes de l’art médiéval considèrent l’abbatiale comme l’une des plus belles églises du centre de la France. Son charme est dû aux variations de son architecture. On y retrouve trois époques.

Une première construction de l’abbé Wulfad au Xème siècle dont seuls quelques murs de l’abside subsistent aujourd’hui.

Une grande partie de l’église a été reprise à la fin du XIème siècle pour une question de solidité, par saint Hugues de Cluny.

Enfin, durant la deuxième moitié du XVème siècle, les abbés Vital Erailh et François d’Estaing ont restauré la voûte centrale, l’extrémité des bas-côtés vers la façade et, surtout, le chœur.

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Les trois archivoltes toriques.

De l’extérieur, la façade est composée de deux étages.

Au premier étage, trois arcs reposent sur des piliers carrés. Au milieu, le portail d’entrée est surmonté d’un arc en demi-cercle, décoré par trois archivoltes toriques. Ces dernières sont soutenues par d’élégantes colonnes et chapiteaux.

Au deuxième étage, une grande fenêtre encadrée par deux colonnettes occupe le centre. Cet étage est surmonté d’une corniche composée d’une mosaïque de pierres blanches et noires. Cette façade comporte sept couleurs de pierres différentes.

Enfin, sur les contreforts, apparaissent, des sculptures représentant des personnages, des animaux ainsi que des monstres accroupis et grimaçants.

L’intérieur :

Il peut surprendre dès l’abord par l’élancement de ses voûtes, le mélange agréable de l’architecture surtout romane, mais aussi gothique, et la diversité de ses pierres ainsi que de ses coloris.

Le transept de l’Eglise a conservé son allure romane primitive. Ses croisillons sont surmontés de clochers situés au milieu de la voûte. Depuis la révolution, il ne reste que le clocher du transept nord. Ce dernier a été amputé d’un étage à la fin du XIXème siècle. Il forme un ensemble roman uni et imposant.

À côté du reste de l’édifice, l’abside se démarque car elle apparaît plutôt gothique. Ceci est dû à sa restauration effectuée par Vital Erailh et François d’Estaing. Une cinquième chapelle a été construite par l’abbé Antoine de Saint-Nectaire, dans un style Renaissance.

En face de la porte du midi, se trouve le buffet d’orgues. Il date de 1518, ce qui fait de lui un des plus anciens de France. Sa récente restauration lui a permis de retrouver sa polychromie originelle. Sur ses montants, on retrouve un motif de ciboires jaune, se répétant sur un fond bleu, souligné en rouge. Dans sa partie haute, différents médaillons et blasons représentant les armes de Gaspard de Tournon sont visibles. Sur la partie voûtée, se détache un semis de fleurs de lys encadrant une gloire stylisée. Ce buffet d’orgues est soutenu par une tribune, sur laquelle est inscrit en lettre gothique : « Post obitum benefacta manent aeternaque virtus » (« Après leur mort, leurs bienfaits et leurs vertus demeurent éternellement. »)

Une centaine de chapiteaux forment une décoration architecturale d’une grande richesse : griffons, aigles aux ailes déployées, sirènes ou encore feuillages très fouillés d’allure gallo-romane.

Le trésor :

L’église abbatiale du Monastier-sur-Gazeille n’a malheureusement pas pu éviter les pillages et l’insouciance qui ont comme partout ailleurs exercé leurs méfaits. Malgré tout, un certain nombre de pièces précieuses, très rares même, ont pu être rassemblées et constituent le « Trésor » de l’abbatiale.

Il est notamment constitué du buste de saint Théofrède datant du XIème siècle. Ce précieux reliquaire est en chêne, recouvert de plaques d’argent.

Autres pièces extrêmement rares, deux étoffes de soie, dont l’une particulièrement bien conservée avec ses couleurs vives. Elles furent rapportées d’Orient lors des Croisades.

De même, six tableaux peints sur chêne constituent ce trésor. Parmi ces six peintures ressort La piéta de Vital Erailh (fin du XVème siècle), la Vierge tient le Christ mort sur ses genoux en présence de saint Jean et des trois saintes femmes du Calvaire. Chacun de ces personnages exprime avec délicatesse, selon sa physionomie et son attitude propre, la tendresse et la douleur. L’abbé Vital Erailh, à genoux, prie impassiblement. Deux autres personnages représentent les autorités locales.

Nous pouvons aussi admirer la statue de le « La Vierge et l’Enfant » en bois polychrome du XVIIème siècle.

D’autres pièces intéressantes viennent enrichir ce « trésor ».

À côté de l’abbatiale, se trouve la vieille église Saint-Jean, qui était autrefois la paroisse la plus importante. Son architecture ancienne, offre un réel intérêt. C’est une manière de finir la visite en beauté.

J.Issartel décembre 2006



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