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Église universelle

jeudi 7 août 2014, par G. Peyrache

Samedi 19 juillet, s’est tenue sur le secteur paroissial Dunières-Montfaucon la traditionnelle rencontre inter-Églises organisée par le service de la Coopération missionnaire diocésaine, dénommé aujourd’hui, de la Mission universelle. Rencontre annuelle qui permet une connaissance réciproque et un échange entre un secteur de l’Église diocésaine du Puy et des chrétiens venus d’ailleurs, chacun exprimant comment est vécue la mission dans son milieu.

Les réalités d’ici

Le matin était consacré au secteur paroissial de Dunières-Montfaucon qui avait la parole. Après une analyse fouillée de la situation économique, on dénote un secteur dynamique où le taux de chômage est inférieur à celui de la moyenne nationale. Ce résultat est dû aux activités diversifiées avec de petites ou moyennes entreprises performantes  : la production fromagère, la place importante du sciage du bois (800 m3/jour pour l’entreprise Moulin), l’extrusion du plastique, le travail des métaux (une usine de cent quarante ouvriers fabriquant des engrenages à Montfaucon). Des exemples, parmi d’autres, de la vitalité économique.

À l’époque de saint François Régis, apôtre du Velay en 1636, les gens ne pratiquaient pas plus qu’aujourd’hui. Régis fut un missionnaire dont l’annonce de la Parole se faisait en adéquation avec le milieu. Ne prêchait-il pas en patois  ? Comment traduire cela aujourd’hui  ?

Des jeunes du collège Sacré-Cœur de Dunières ont réalisé dans le cadre de la catéchèse un montage sur la mission dans le secteur, montage présenté par l’animatrice en pastorale.

La conviction des intervenants et leur souci de nous montrer ce qui marche sont apparues même si les effectifs sont parfois restreints  : équipes liturgiques, groupe de prière, art floral, préparation au baptême, pastorale des funérailles, catéchèse en primaire et au collège, catéchèse familiale, éveil à la foi, pastorale de la santé, MCR...

Aux Sétoux, une association a pris l’initiative de remettre une chapelle désaffectée en état. Cette chapelle mariale est aujourd’hui ouverte et fleurie. Le chapelet y est récité chaque jour, l’été  ; elle redevient un lieu de culte. Elle permet aussi une halte spirituelle pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, nombreux à passer dans ce petit village.

Une église vivante en Côte d’Ivoire

De Taabo, au centre de la Côte d’Ivoire, deux sœurs de Saint-Joseph nous ont présenté leur mission. Sœur Marie-Thérèse Chapuis, de Bas-en-Basset, nous a décrit cette petite ville dont la population est très cosmopolite, avec un quartier riche et un quartier pauvre. Ce dernier est celui où vit la plus grande partie de la population et où les sœurs s’investissent. Pour aider les enfants les plus défavorisés, une belle école a été construite (merci aux bienfaiteurs altiligériens  !), école dirigée par Marie-Thérèse qui apprécie la motivation des maîtres et des élèves.

Sœur Marie-Angélique Diandi, sénégalaise, s’occupe, entre autres de la cantine, qui permet à des enfants d’avoir au moins un repas (parfois le seul) convenable dans la journée. Certains enfants habitent à huit kilomètres et font à pied l’aller et le retour  !

L’Église catholique à Taabo est vivante et les mouvements y sont nombreux  : CVAV, ACO, JEC, Scoutisme, sans oublier la catéchèse, la Légion de Marie et les deux chorales, en français et en baoulé, dialecte de la région. Les autres Églises sont nombreuses. Il arrive qu’elles soient solidaires entre elles, comme «  L’Assemblée de Dieu  » qui prête deux salles au Centre social ouvert par les sœurs.

L’enseignement catholique apprécié au Sénégal

Du Sénégal, il y avait trois représentants  : sœur Marie-Angélique déjà citée, père Gustave Manel et frère Christian Granottier.

Père Gustave nous a entretenus de son Église, bien vivante, même si les chrétiens ne représentent que 5 % de la population dans un pays à majorité musulmane (près de 90 %). La cohabitation y est pacifique, l’entraide réelle  : un bel exemple de dialogue islamo-chrétien. Les prêtres ne manquent pas et du diocèse natal de Gustave, Zinguinchor en Casamance, soixante prêtres sont partis en mission dans le monde. Une nouvelle orientation de la mission dans les relations Nord-Sud  ! Frère Christian, nous a présenté la mission des frères du Sacré-Cœur dans ce pays. Soixante-cinq frères sénégalais animent des établissements catholiques du pays et quelques-uns ont quitté leur pays pour être missionnaires en Guinée ou au Tchad. Ils ont plus de huit mille élèves dans les deux collèges-lycées de Dakar, auxquels s’ajoutent les BTS et les cours du soir pour les adultes. De nombreux élèves fréquentent aussi les établissements des six autres villes et villages où les frères travaillent. Car les sénégalais, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, apprécient la qualité de l’instruction et de l’éducation des établissements catholiques.

À Nianing, sur la Côte, dans une grande propriété, Christian dirige la ferme (poules, porcs, bovins) qui permet à toute la communauté (juvénistes, novices, frères enseignant ou rendant divers services) de vivre, car l’aide de l’État est insignifiante. Deux heures par jour Christian, dans son bureau, est à l’écoute des gens.

Retour à Madagascar

Père Charles Rasabotsilahy, de Madagascar, achève sa mission de trois ans à Lyon. Vice-recteur de Fourvière, il s’investit beaucoup dans l’accompagnement des animateurs liturgiques, dans l’organisation des demandes de pèlerinages, dans l’animation de célébrations de jeunes d’écoles catholiques sur le site, et avec d’autres prêtres, dans la célébration des cinq messes quotidiennes. Riche de son expérience lyonnaise, il rejoindra à la fin de l’été son pays. Un pays où il a déjà exercé diverses activités  : cours de Bible, École de la Foi… Son évêque sera heureux de le voir revenir pour lui confier de nouvelles responsabilités.

Le Bible et la prière, forces des chrétiens argentins

Père Pierre Riouffrait, de Beaulieu, est en mission en Équateur depuis trente-sept ans. Dans ce pays de quinze millions d’habitants, christianisé, indiens et noirs ont quand même gardé quelques-uns de leurs rites et de leurs cultes. Un gouvernement plus social a permis au taux de pauvreté de reculer de 60 % à 40 %  : une bonne nouvelle  ! Les communautés de base (CEB) permettent aux chrétiens, pauvres souvent, de s’auto-animer. Leur force  : la Bible et la prière en commun. Pierre accompagne ces communautés dans deux villes dont la capitale, Quito. Il est aussi formateur des formateurs. Une École de la foi est née récemment et permet une coordination des CEB. Pierre est heureux du choix comme pape de François et de l’invitation qu’il a adressée aux chrétiens d’aller vers les gens, vers la périphérie.

Claudio Alvarez et son épouse Suzanna, nés en Argentine, sont installés au Puy depuis 2009. Chirurgien à Émile-Roux et paroissien de Saint-Laurent, Claudio souligne la difficulté à s’intégrer quand on vient d’un pays non francophone. Ce qui ne l’a pas empêché, dans un français correct, de nous parler de son parcours humain et chrétien. Il a reçu une éducation religieuse au pays et veut continuer dans cette voie, même si au travail, en France, témoigner de sa foi ce n’est pas chose facile. Suzanna essaie de faire le lien entre l’Église et l’école catholique fréquentée par leurs enfants. Pour leur pays, ils sont inquiets du pouvoir économique que les sectes ont depuis une quinzaine d’années.

L’Église ailleurs

D’autres ont brièvement pris la parole  :
- Juliette Ouédraogo, sœur de Saint-François, burkinabé, au Puy depuis deux ans. Quelques-unes des missions de sa communauté  : l’accueil des pèlerins de Saint-Jacques et l’aide à la recherche d’emploi pour personnes en difficulté.
- Jean Béal, duniérois, frère chez les Pères blancs, a évoqué le souvenir du père Auguste Rascle, duniérois, missionnaire au Cameroun et en Avignon.
- Le père Jean Celle, de Sainte-Sigolène, ancien du Maroc, mettait l’accent sur la présence des chrétiens dans le monde musulman au Maghreb et au Moyen-Orient. Un échange a terminé cette présentation de la mission ailleurs. L’objectif de la journée  : «  Rappeler aux chrétiens du diocèse que la mission universelle nous concerne tous  », n’a été que partiellement atteint car le «  tous  » était assez restreint cet après-midi à Dunières  !

En paroisse

En fin d’après-midi, Jean-Claude Saby a présenté, les magnifiques tableaux flamands à la chapelle Notre-Dame de Montfaucon. La journée, débutée le matin par un temps de prière où les intentions partagées furent nombreuses et variées, s’est terminée par la messe dominicale anticipée, dans l’église de Montfaucon. Les participants à cette eucharistie ont pu s’associer à l’évènement grâce au père Alain Béal, des Missions africaines de Lyon, originaire de Raucoules, qui a donné au cours de son homélie un bon aperçu des richesses vécues et partagées pendant la journée.


Portfolio

Assemblée du matin à Dunieres Les trois intervenants du Sénégal Claudio Alvarez médecin argentin


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