En poussant la porte du Carmel

samedi 8 mars 2003

Le Carmel du Puy se voit de loin. Sa silhouette blanche domine le bassin du Puy au dessus du bourg de Vals-près-Le Puy. La ville s’en rapproche peu à peu. Juste en dessous du monastère un lotissement est en train de sortir de terre. Maison de prière et de silence, bien peu la connaisse. Certains ont poussé la porte de la chapelle, toujours ouverte pour accueillir les chercheurs de Dieu et les simples curieux. Des murs blancs, des boiseries toutes simples y font régner une ambiance de simplicité et de chaleur. À l’occasion des offices et de la messe, on aperçoit les sœurs dont on entend le chant lent et méditatif. Et c’est, pour la plupart, à peu près tout ce que l’on voit du Carmel. La prieure et les sœurs de la Communauté ont ouvert pour nous la porte. Elles ont réalisé ce reportage qui témoigne de leur vie, de leur recherche et de toute cette tradition du Carmel. Sur la montagne, à la rencontre de Dieu, elles nous entraînent.

Le Carmel des origines

Le Carmel, ou ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel, plonge ses racines dans l’Ancien Testament. Au Premier Livre des Rois, chapitre 17 et suivants, nous avons l’histoire du prophète Élie qui vivait vers 850 avant Jésus-Christ, sur le Mont Carmel en Palestine. Élie brûlait d’un amour jaloux pour le Seigneur et se tenait constamment en sa présence. Au temps des croisades, des hommes s’installent sur le Mont Carmel pour vivre comme Élie en présence de Dieu, dans la prière, le silence, la solitude et la pénitence. Comme ils deviennent de plus en plus nombreux, ils demandent une règle de vie à Albert, patriarche de Jérusalem. Au 13ème siècle, ces ermites, dispersés par des envahisseurs, arrivent en Europe. Les vocations se multiplient et des femmes, à leur tour, veulent vivre ce genre de vie à la suite du Christ. Mais les évènements, les difficultés en tout genre font que, peu à peu, les ermites ne peuvent plus suivre leur règle de vie dans ses exigences, dans son absolu et ils y introduisent des adaptations.

Sainte Thérèse d’Avila

En 1515, à Avila, en Espagne, naît Thérèse de Ahumada. Elle entre au Carmel de l’Incarnation de cette même ville en 1535, où elle mène avec ses compagnes une vie assez facile jusqu’au jour ou, prenant conscience de façon très aiguë des problèmes de ce 16ème siècle (découverte de l’Amérique, lutte sanglante entre catholiques et protestants, Inquisition…) elle décide de réformer le Carmel et de revenir à la Règle primitive. Car, pense-t-elle, ce n’est que par la prière, la charité et le sacrifice qu’elle pourra toucher le cœur de Dieu et avoir une action positive sur les événements. Grande mystique, audacieuse femme d’action, elle triomphe des obstacles et multiplie les fondations. À la demande de ses sœurs, elle écrit des traités de spiritualité, le récit de ses fondations, etc… De plus, afin de régler de nombreux et importants problèmes, et aussi afin de partager son amour débordant pour le Seigneur, elle a une abondante correspondance avec des personnes de tous rangs sociaux et de tous milieux.

Le Carmel en France

En 1604, les « Filles de Sainte Thérèse » franchissent les Pyrénées et implantent le Carmel réformé en France, à Paris. D’autres fondations suivront rapidement. Le Carmel du Puy existe depuis 1860. En 1970, les sœurs se transportent sur la colline de Vals, où elles continuent à vivre (elles sont 13) selon la Règle donnée par Saint Albert aux ermites du Mont Carmel.

Sainte Thérèse de Lisieux

C’est dans cette vocation que Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus est devenue un guide et un modèle pour notre époque. Entrée au Carmel de Lisieux à 15 ans, elle sait que, dans la fidélité aux petites choses faites par amour, elle travaille sous le regard de Dieu pour sa gloire et le salut de tout les hommes. Elle se veut solidaire de tous, y compris dans leurs faiblesses et leurs péchés. Comme elle, les carmélites, dans leur cloître, se veulent missionnaires. Elles prient pour tous les apôtres de leur temps : les prêtres, les missionnaires, les laïcs engagés dans un service d’Église…

Une visite au Carmel du Puy

« Vous pouvez fixer votre lieu d’habitation dans les déserts ou en d’autres endroits… qui se prêtent commodément à l’observance de votre vie religieuse… » Règle du Carmel.

« Vous devez vous livrer à quelque travail, afin que le diable vous trouve toujours occupés et que votre oisiveté ne lui permette pas d’avoir quelques accès à vos âmes. Vous avez en ceci l’exemple de l’apôtre saint Paul par la bouche duquel parlait Jésus-Christ. C’est, dit-il, dans la peine et la fatigue que nous avons été au milieu de vous, travaillant jour et nuit pour n’être à charge à personne d’entre vous »

Règle du Carmel

Les sœurs travaillent comme tout le monde, pour gagner leur vie. Un travail qu’elles font le plus possible en solitude afin de favoriser le recueillement de chacune. Ce travail, sur commande, est très diversifié, mais il comprend essentiellement de la broderie main, de la tapisserie sur canevas, l’expédition des hosties et un peu de saisie informatique. Elles sont heureuses de partager avec ceux qui le désirent leur prière dans un cadre de silence et de solitude. « Vous éviterez avec grand soin de parler beaucoup… » Règle du Carmel.

La Règle demande aux sœurs de garder le silence de parole et d’action afin de favoriser une permanente relation d’amour avec Dieu, en Jésus Christ. Pour favoriser ce silence, Sainte Thérèse, en fine pédagogue, permet au sœurs de se réunir pendant une heure après les repas de midi et du soir, pour se recréer toutes ensemble, partager les nouvelles et se stimuler dans la vie de prière et la charité fraternelle.

« Que chacun demeure dans sa cellule ou près d’elle, méditant jour et nuit la loi du Seigneur et veillant dans la prière. » Règle du Carmel.

« Vous prendrez dans un réfectoire commun la nourriture qu’on vous aura distribuée, écoutant ensemble la lecture d’un passage de la Sainte Écriture. Règle du Carmel.

« … l’oratoire sera construit au milieu des cellules. Vous devez vous y réunir au matin de chaque jour. »


La Chapelle est ouverte de 6h à 21h.
Chaque jour l’Eucharistie est célébrée à 8h30.
A 9h30 le dimanche

L’Oraison, ou prière silencieuse, cœur à cœur avec ce Dieu dont on se sait aimé : de 6h à 7h et de 17h30 à 18h30.

L’office divin, ou prière liturgique, jalonne la journée de la carmélite et lui offre des temps de reprise spirituelle
Office du matin : 7h.
Tierce : 9h15.
Sexte : 11h45.
None : 14h.
Vêpres : 17h.
Office des lectures : 18h30.
Complies : 20h30.




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