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Être là tout simplement : rencontre avec les équipes funérailles d’Aurec

vendredi 18 avril 2008

Le décès d’un proche est toujours un moment délicat pour les familles qui ont à le vivre. À ce moment-là, les gens se tournent vers l’Église. Leur attente est grande, mais leur demande est souvent diffuse, d’où l’attention de plus en plus grande portée à la Pastorale des funérailles.

Il semble devenu évident que l’accompagnement des familles en deuil ne concerne pas seulement les prêtres, mais la communauté tout entière. Certaines équipes sont déjà en place, d’autres sont en cours de constitution, en tout cas la réflexion est lancée dans le diocèse.
À Aurec, cet accompagnement existe depuis 2002, année où a eu lieu la première formation diocésaine. Marie-Claude, Francine, Monique, Sœur Marguerite, Malou et Élisabeth ont bien voulu partager ce qu’elles vivaient dans ce service, en présence du Père Jean-François Rocher, curé d’Aurec.

Faire partie d’une équipe funérailles, en quoi cela consiste exactement ?

- Tout d’abord, nous sommes là pour accueillir les familles. Le prêtre est souvent contacté en premier, il donne rendez-vous et prévient l’équipe qui est de service à ce moment-là.

Il y a toujours quelqu’un de prévu ?

- Oui, le planning est organisé pour 6 mois. Les permanences sont de 15 jours. Nous savons à l’avance que nous risquons d’être appelées pendant cette période, à nous de nous organiser !

- En cas d’impossibilité majeure, nous pouvons toujours nous faire remplacer. Il y a une bonne entente entre nous et cela ne pose pas problème.

Quand vous accueillez les familles, comment cela se passe-t-il ?

- Il s’agit en fait de préparer la célébration, mais nous prenons d’abord le temps d’écouter, d’entrer en relation. La célébration des funérailles est le dernier moment que les gens vont passer avec leur défunt avant une séparation définitive, d’où l’importance de bien préparer.

- Avec certaines familles, le contact est plus difficile : il faut d’abord "construire un pont" pour les rejoindre dans leur souffrance. D’une façon générale, nous essayons d’être le plus proche possible des gens et de leur demande. Nous lisons les textes avec eux, nous en parlons, nous les aidons à choisir des chants, et en même temps nous les laissons s’exprimer, sachant que tout ce qu’ils pourront dire restera secret.

- Un véritable dialogue s’instaure, avant, pendant et même après. Nous avons l’impression que les gens se sentent rassurés par notre présence et notre disponibilité. Nous sommes là pendant la célébration et c’est un vrai soutien pour eux. Les gens sont contents et souvent, ils se confondent en remerciements.

N’est-ce pas trop difficile de vivre ces moments-là ?

- Certains enterrements sont plus durs, quand il s’agit de jeunes par exemple. Les gens sont révoltés et on les comprend ! Mais en général, ça nous apporte plus que ça nous démolit, même si, parfois, nous sommes fatiguées après certaines préparations ! Le contact avec les familles est très riche, on compatit à leur peine. Des liens se créent et parfois, nous les revoyons après.

- Pour moi, il y a toujours une angoisse quand on m’appelle : la peur de ne pas s’exprimer comme il faut. Mais nous ne sommes pas seules, nous sommes toujours deux et c’est très important. On compte l’une sur l’autre. Il me semble qu’on ne pourrait pas le faire tout le temps. Ça "vide" un peu ! Un mois, ce serait sans doute trop, quinze jours, c’est bien.

- Mais en même temps, ça nous aide dans notre vie spirituelle en ce sens que, quand nous sommes de service, ça alimente notre prière. Et puis, les gens sont contents qu’on soit là, alors ça encourage ! Qu’est-ce qui est important dans cette mission ?

- Il faut être là, écouter, apporter du réconfort et surtout être témoin de l’Espérance. Si nous, on la vit, ça passera ! Il faut vraiment croire en ce qu’on annonce.

- Il y a une remise en question permanente en face des gens que nous rencontrons. Nous sommes là, pas plus, mais on y met tout ce qu’on est !

Comment se situe le prêtre ?

P. Jean-François Rocher : Pour le prêtre, être accompagné est très important. On se sent moins seul, on se soutient. Ça donne une dimension d’Église. Personnellement, je trouve que ce rôle met les chrétiens à leur place de baptisés et je m’en réjouis. J’aime bien avoir un contact avec les familles, c’est important, mais j’essaye après de laisser la place. Pour certaines personnes que nous rencontrons, il est plus facile de s’ouvrir aux laïcs.

- Pourtant, au départ, j’avais peur justement que les gens se méfient des laïcs : ce n’est pas le cas. La relation a toujours été de confiance. Les équipes sont un peu le trait d’union entre le prêtre et la famille. Avez-vous des temps, entre vous, pour partager sur ce que vous vivez ?

- Nous avons rencontré une dame de Cherbourg qui nous a partagé son expérience. Là-bas, les équipes assurent tout l’enterrement, du début à la fin. C’était intéressant pour nous, même si nous n’en sommes pas encore là. Depuis, on commence à prendre en charge le mot d’accueil au début de la célébration. Il arrive aussi que nous accompagnions les familles au cimetière ; mais ce n’est pas systématique.

- Une autre fois, nous nous sommes retrouvées autour d’un texte d’Évangile. Le partage était très riche. Nous devrions sans doute faire cela plus régulièrement !

Qu’attendez-vous pour la suite ?

- Nous avons besoin de formation. Sur la Parole, déjà : Quels textes proposer, comment les utiliser ? Peut-être aussi sur des questions d’ordre plus général : Comment donner la parole aux gens ? Jusqu’où peut-on aller, quand faut-il s’arrêter ? Quelle attitude doit-on avoir par rapport aux musiques, aux textes, aux chansons, que les familles proposent ? Une formation à l’accueil et à l’écoute pourrait aussi nous apporter beaucoup.

- Un problème qui se pose est celui du recrutement. Comment trouver des gens pour assurer le renouvellement de nos équipes ? Comment appeler ? Souvent ; cela se fait par un contact personnel, le "bouche à oreille", mais peut-être y aurait-il d’autres manières ?

- Et puis autre question, que faire pour les familles après l’enterrement ? Pourrait-on proposer une messe par an, au moment de la Toussaint, par exemple ? Ce sont toutes ces questions et ces attentes que nous espérons voir prises en compte au niveau du diocèse, nous sommes demandeuses de formation et de partage.

En conclusion ?

- La mort posera toujours question, elle sera toujours blessure, mais ainsi abordée, elle peut être vécue avec plus de sérénité. Nous avançons lentement, nous ne faisons pas des merveilles ou des miracles, nous sommes là, tout simplement !




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