Accueil du site > Diocèse > Mouvements > Évangélisation et mission

Évangélisation et mission

dimanche 11 avril 2010, par G. Peyrache

Le conseil de l’Apostolat des laïcs vient de réunir les équipes diocésaines des mouvements de laïcs. Le thème choisi "Retrouver le vrai sens de l’évangélisation" faisait suite au thème sur l’engagement qui avait réuni ces mêmes équipes en juin 2008 : "Vivre engagés à la suite du Christ ! " Il rejoint également les préoccupations de Monseigneur Brincard qui, lors de la messe chrismale partageait une conviction qui l’anime : « L’urgent pour notre diocèse est le renouveau de la mission ».

Les mouvements se rencontrent

Depuis sa création, à la suite d’Ecclésia, en automne 2007, le Conseil de l’Apostolat des laïcs réfléchit activement sur la responsabilité des Mouvements dans la proposition de la foi à ce monde tel qu’il est, sur l’appel à aller au cœur de la foi et à redonner à la Parole de Dieu une place centrale. « Nous sommes envoyés pour rejoindre tous les hommes, là où ils vivent… » En juin 2008, Le Père Jean Quris, Secrétaire national du Conseil pour les Mouvements et Associations de fidèles, avait souligné la place et le rôle des Mouvements dans l’Église diocésaine et les avait encouragés à inventer de nouveaux chemins pour rejoindre les hommes de ce temps, en acceptant de se laisser "déranger" et en étant témoins de l’Espérance.
Pour ne pas laisser retomber le souffle, et surtout pour se recentrer sur cette responsabilité missionnaire, une nouvelle rencontre s’est déroulée à la maison diocésaine « La Providence » le 10 avril.
« Ce samedi 10 avril nous avons senti une bonne dynamique : plus de quarante personnes représentant 19 équipes diocésaines, quelques groupes excusés. Au total plus de la moitié avaient répondu à notre invitation. Tout au long de l’après midi nous avons senti une grande disponibilité, la volonté de s’écouter et d’avancer ensemble, de partager. » (Jean-Pierre Mourier, Délégué Diocésain à l’Apostolat des Laïcs)

Au début de l’après-midi, un temps de partage sur les initiatives missionnaires a permis aux responsables diocésains de mieux se connaître, de découvrir les spécificités des uns et des autres. Moment apprécié qui a donné lieu à des échanges d’une grande densité : « Notre foi nous aide à aller vers le autres, à écouter, à s’entraide », « Témoigner, c’est avoir envie de partager ce qui nous anime », « Importance d’avoir des liens avec d’autres mouvements au sens large », « On essaie de trouver la présence du Christ dans le partage de la vie », « L’accueil des gens tels qu’ils sont est indispensable pour l’évangélisation ; surtout la confiance de autres ».

Le vrai sens de l’évangélisation

Le père Henri Demars a donné de la densité aux partages grâce à son apport : « Les laïcs et la mission d’Évangélisation de l’Église. » Tout d’abord, trois convictions :
1. Est-ce que nous aimons ce monde ? Même si tout n’est pas parfait, nous devons l’aimer et manifester l’Amour de Dieu pour ce monde tel qu’il est. Dieu l’a aimé ainsi, il a aimé un monde abîmé, blessé…
2. La Mission de l’Église est l’affaire de tous les Baptisés. De par leur baptême et leur confirmation, les laïcs sont pleinement participants de la mission de l’Église dans l’annonce de cette bonne nouvelle : "Ce monde est aimé de Dieu !"
3. L’Église a toujours à se réformer, à conformer le visage de ses institutions à l’esprit de l’Évangile. La décision majeure que puisse prendre l’Église est de se convertir, ce qui implique tous ses membres.
L’Église existe pour évangéliser, c’est sa raison d’être. La grande intuition de l’Action catholique, c’est de faire prendre conscience que tout baptisé, doit prendre sa place dans la vie de l’Église.

Quel est le lieu de la mission des laïcs ?

Tout simplement le monde où ils vivent. Ils ont à vivre les réalités humaines, mais dans l’esprit de l’Évangile. Il ne s’agit pas de vivre une autre humanité, mais de vivre son humanité d’une manière autre, en respectant l’autonomie de ce monde créé. L’Évangile est une proposition qui nous est faite, de réaliser notre humanité d’une certaine manière. À la source, il y a l’humanité du Christ : notre religion est une religion de l’incarnation.

Présence et témoignage

Il y a deux mots pour exprimer cela : présence et témoignage :
- Présence pour dire que ce monde est aimé de Dieu. Dieu n’a pas déserté ce monde ! Il est venu à sa rencontre et il y a fait toutes les expériences de notre condition humaine. Cette présence appelle le sérieux, le respect de la consistance des réalités terrestres. Jésus-Christ avait les mains calleuses d’un charpentier, mais c’est dans la fidélité à l’Esprit qu’il a réalisé l’unité de sa vie.
- Témoignage : D’une certaine manière nous témoignons tous… de ce que nous sommes ! La lecture que font les autres du message qui passe à travers nous ne nous appartient pas. Il s’agit d’être témoin de la présence qui nous habite, de son esprit. Le témoignage est avant tout une présence qui « fait signe », susceptible de poser question, qui interroge.
Quand le Christ envoie ses disciples en mission, il ne leur demande pas d’abord de convertir le monde, mais d’être ses témoins : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit-Saint, qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Act. 1,8) Jésus nous invite aussi à proclamer l’Évangile : tant mieux si le témoignage muet suscite la parole d’évangélisation, la parole de vie, si notre foi est interrogée de manière explicite. Alors « ne parle de Dieu que si on te le demande, mais vis de telle manière qu’on te le demande ! »

Ressourcement spirituel et présence au monde

Ensuite, le Père Demars a exprimé quelques conditions et exigences :
L’Église est appelée à réaliser le visage que le Christ attend d’elle. Elle est toujours invitée à se convertir. Cela entraîne l’exigence du ressourcement spirituel, à l’écoute de l’Esprit-Saint. C’est à travers la Parole de Dieu et les Sacrements que se vit ce ressourcement.
Mais c’est dans leur insertion et dans leur participation aux activités de ce monde que se réalise la Mission de chaque Baptisé. Cette présence au monde implique un dialogue : il n’y a pas d’évangélisation sans dialogue. « Avant même de parler, il faut écouter la voix et plus encore le cœur de l’homme » (Paul VI) Nous sommes dépositaires de la Vérité, mais pas propriétaires : la Vérité, c’est le Christ. Le dialogue laisse à chacun le temps de la maturation et du cheminement de la grâce.

Pour finir, il a attiré l’attention sur quelques obstacles ou difficultés :
- Le risque de l’oubli des exigences de la Foi, qui déboucherait sur un christianisme qui ne serait que culturel. Présence au monde : oui, mais présence dans l’esprit de l’Évangile !
- Inversement, une certaine fuite du monde qui se traduirait par le refuge dans différentes formes de fausses spiritualités. L’Église n’est pas un abri anti-atomique contre les radiations du monde moderne !
- Une certaine cléricalisation des laïcs, ou qu’ils deviennent, pour ainsi dire, des "sous-curés" !
Et puis, il ne faut pas être naïf : le dialogue se heurte parfois à la différence ou au refus. La première source d’opposition à l’Évangile, c’est l’Évangile lui-même. C’est une vérité qui dérange !

Dans un troisième temps les groupes ont assimilé cet apport et émis quelques souhaits pour l’avenir. Quelques expressions nous donnent un aperçu du dynamisme créé : « L’Église doit se convertir à l’esprit de l’Évangile ; ça passe par la conversion de chacun de nous », « Nécessité d’un resourcement spirituel », « Se connaître entre mouvements et connaître la spécificité de chacun », « Besoin de formation pour comprendre ce monde et pour y être plus présent » « Retrouver les fondamentaux : l’Évangélisation des jeunes par les jeunes »
S’il fallait retenir deux aspects de cette rencontre, des besoins exprimés avec force : la formation comme un enracinement et des temps forts ensemble pour rendre compte de la mission commune.




© 2017 - Diocèse du Puy-en-Velay| Plan du site | Espace privé | Mentions légales |  RSS 2.0 Suivre la vie du site