Accueil du site > Diocèse > Rencontres > Fleuris où tu es plantée

Fleuris où tu es plantée

lundi 30 décembre 2013, par G. Peyrache

Fin août 2012, sœur Lucie de Jésus est arrivée dans le diocèse du Puy, chez les sœurs apostoliques de Saint-Jean. Depuis le mois de septembre 2013, elle est au Service catéchèse, à la maison diocésaine, pour l’Éveil à la Foi. Nous l’avons rencontrée.

Sœur Lucie de Jésus, bonjour et bienvenue dans notre diocèse. Pouvez-vous nous dire quelles sont vos origines ?
Je suis originaire de la région parisienne, du diocèse de Versailles. Mais je suis née en Lorraine et j’ai beaucoup déménagé au cours de mon enfance, du fait du travail de papa. Je suis l’aînée de six enfants. Mes parents sont pratiquants, autant dire que « je suis tombée dans la marmite » depuis que je suis toute petite !

Vous avez toujours pensé à devenir religieuse ?
Non. Comme beaucoup, j’avais envie d’avoir une famille, des enfants. C’est ma rencontre avec le Christ qui a été déterminante. Cette rencontre s’est faite en plusieurs étapes. Il y a eu les JMJ et les visites du Pape en France. Lors des JMJ de Toronto en 2002, j’ai passé la veillée avec le pape, sur le podium : un moment fort ! Les JMJ sont des évènements ponctuels, mais qui bouleversent la vie. En relisant les évènements, je me suis rendue compte que quelque chose avait bougé en moi. C’est un peu comme si, à ces occasions, j’avais pris une dose de vitamines spirituelles. Il me semble que les rencontres que j’ai vécues avec le Christ étaient de plus en plus profondes.

En dehors des JMJ, vous aviez des lieux pour vivre votre foi  ?
Oui. Étudiante je fréquentais l’aumônerie, le scoutisme. L’année du Jubilé en 2000 a été particulièrement marquante. À la fin de mes études, j’ai senti qu’il fallait que j’aille un peu plus loin dans ma relation avec le Christ et dans ma foi. Alors j’ai décidé de faire une année d’École de vie.

De quoi s’agit-il ?
C’est un lieu de formation. J’ai choisi de la faire avec les frères de Saint-Jean, mais ils ne sont pas les seuls à proposer cela : on trouve la même chose à la communauté de l’Emmanuel, ou dans certains diocèses. Quatre dimensions sont vécues au cours de l’année : la vie spirituelle, la vie commune, la formation et l’apostolat. C’est une année très forte intérieurement : quand on lâche le quotidien, on se met en excellente condition pour écouter ce que Dieu a à nous dire.

Vous aviez des questions particulières ?
Non. Je n’avais pas de demandes précises, mais je voulais un plus pour ma vie spirituelle et je voulais grandir dans ma relation avec le Christ. Le choix du Seigneur porte d’abord sur le cœur ! Pendant cette année, c’est devenu clair. Petit à petit, le visage du Christ a habité le fond de mon cœur, et j’ai compris que je serai heureuse avec Lui. J’ai alors décidé de rentrer chez les sœurs de Saint-Jean. Mes parents ne s’y attendaient pas, ils ont été très surpris mais ont été « supers » ! Un de mes frères est prêtre du diocèse de Versailles. J’ai fait mes vœux perpétuels en juin 2011, au même moment où il a été ordonné : pour la famille, ça a été un moment très fort.

Avant les vœux, il y a eu un temps de formation ?
Bien sûr ! En 2004, je suis allée à Semur-en-Brionnais, près de Paray-le-Monial pour le noviciat. C’est la première formation à la vie religieuse. Puis j’ai été envoyée pour deux ans en prieuré apostolique, aux Philippines. Là-bas, j’ai trouvé un pays pauvre, et des gens très attachants. Nous faisions des visites aux malades, aux familles, et faisions le catéchisme dans les écoles, ainsi qu’à des jeunes filles abusées et des enfants du parrainage scolaire. C’est un pays qui souffre, et plus encore maintenant après le typhon qui a tout dévasté au mois de novembre.

C’était une bonne expérience pour vous  ?
Oui. J’ai beaucoup appris. Le décalage culturel est très formateur. Et puis, le fait d’être loin de la famille et des amis permet de discerner ce qui est important. La distance nous amène au « lâcher-prise ». C’est une aide pour définir ce qu’est la Vérité ! Après ces deux années, j’ai continué ma formation en théologie en Saône-et-Loire pendant deux ans, et j’ai été envoyée au prieuré Marie Reine, au Puy en Velay.

Vous connaissiez ?
Non, mais j’ai été séduite par la diversité des personnes qui passent à la Cathédrale, visiter ou faire le chemin de Saint Jacques : c’est un lieu d’évangélisation. Puis sœur Emmanuel est partie et j’ai été appelée pour la remplacer au Service diocésain de catéchèse. C’est un nouveau pas pour moi. Je dois aller à la rencontre des différentes catéchistes sur le terrain : j’apprends beaucoup de l’expérience des autres. J’essaye de cibler quels sont les défis à relever, le premier étant sans doute de dire notre foi avec des mots simples qui soient accessibles aux tout-petits. Les enfants s’émerveillent facilement, ils n’ont pas d’obstacles. J’anime personnellement un petit groupe, ça me permet de me rendre compte des réalités.

Vous êtes heureuse d’être ici ?
Oui ! Quand j’étais aux Philippines, une phrase m’accompagnait : « Fleuris là où tu es plantée ». Depuis que je suis ici, c’est une parole de saint Jean : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. » (Jn 15, 16). Il peut y avoir de la fécondité partout. Tout est fait pour que nous puissions porter du fruit… pas forcément comme nous l’aurions imaginé ! Je suis là pour donner ce que j’ai reçu : le Christ. Ce n’est pas moi qui rayonne, c’est Lui !




© 2017 - Diocèse du Puy-en-Velay| Plan du site | Espace privé | Mentions légales |  RSS 2.0 Suivre la vie du site