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Groupe Saint-Régis

Maintenant je sais que j’ai raison de croire

lundi 15 décembre 2008

Aurélie est jeune : 22 ans !... et elle a la foi. Elle nous partage son chemin et comment elle tente de vivre sa foi, même si, dans le contexte actuel, ce n’est pas facile.

Aurélie, tu dis que tu as la Foi, d’où te vient-elle ?

Mes parents sont catholiques, pratiquants et ils m’ont toujours élevée "là-dedans" ! Je participe l’été aux Écoles de Prière. Depuis l’âge de 8 ans, je n’ai pas manqué une année en tant que jeune, puis j’ai enchaîné en étant responsable chaque fois que j’ai pu. J’ai aussi suivi le caté, et en collège je participais à l’Aumônerie. Quand je suis arrivée au lycée, le groupe de l’aumônerie ne me convenait pas vraiment, je ne me sentais pas d’affinité avec les jeunes qui s’y trouvaient, alors j’ai participé à une Frat. C’est un groupe de 4 ou 5 jeunes qui se retrouvent avec un adulte – animateur pour partager sur sa vie et sur sa foi. On se retrouvait une fois par mois, et ça a duré 3 ans, le temps du lycée. En étant étudiante, c’est devenu plus compliqué à gérer, à cause des emplois du temps et raisonnablement, il a fallu arrêter. Mais franchement, ça serrait un peu le cœur d’arrêter la Frat ! Et surtout, ça me manquait.

Qu’est-ce qui te manquait, précisément ?

Le fait de rencontrer d’autres jeunes et de parler de ma vie, mais aussi, le fait de pouvoir partager sur ma Foi et la vivre avec d’autres. Je sentais que seule, c’était trop difficile. Et là, j’ai été sollicitée par le Père Florent de Rugy quand le groupe Saint-Régis a démarré. Il m’a parlé d’un groupe de réflexion sur les vocations. Sur le coup, je me suis dit : "Vocation ? Hou là là !" Alors il m’a expliqué qu’il ne s’agissait pas uniquement de vocations religieuses, mais que c’était pris dans un sens plus large et qu’il était question de réfléchir sur sa vie dans son intégralité. J’ai donc accepté, et j’ai cheminé dans ce groupe pendant toute l’année.

Comment est organisé ce groupe Saint-Régis ?

Nous sommes une vingtaine. On se retrouve une fois par mois, le samedi après-midi, pendant 2 heures. Emmanuel Gobilliard nous donne un enseignement sur les sacrements et Florent nous parle de l’Évangile de Marc dont nous faisons la lecture suivie. Puis, nous prenons un temps de prière assez long (1/2 heure). Une fois par trimestre, il y a un week-end de "retraite", pour y vivre les mêmes choses (enseignement, prière), et découvrir la vie d’une communauté. Ce qui me manque un peu, ce sont des temps de partage où l’on pourrait s’exprimer. En septembre, on nous a annoncé les JMJ, et le projet d’y participer avec le groupe Saint-Régis. C’était très motivant !

Parle-nous un peu de ces JMJ…

C’est une expérience unique ! J’avais très envie de vivre un grand rassemblement, à l’échelle mondiale. Je suis partie avec plein d’idées, je m’attendais à vivre un bouleversement intérieur… Je ne l’ai pas vécu, pourtant je suis revenue transformée. C’est vraiment quelque chose à faire : ça bouscule, ça permet de réfléchir sur sa Foi.

Moi j’ai pu voir que chacun est différent et qu’il n’y a pas une manière unique de vivre sa foi. Quelque part, ça a renforcé la mienne. Je crois et je ne peux pas ne pas croire. Ce n’est pas parce qu’on ne voit pas les choses exactement comme les voisins qu’on n’est pas normal ou qu’on se trompe. En ce sens là, ça m’a énormément rassurée. Et puis l’ambiance, c’est vraiment énorme ! Il n’y a pas eu de grands moments de partage, mais beaucoup de rencontres. Tout était super bien organisé. Nous étions attendus et les gens étaient heureux de nous recevoir : l’accueil était très chaleureux.

Avant Sydney, je crois que vous avez passé quelques jours en Inde ?

Alors là, ce n’était pas pareil du tout. On a eu une vision de la pauvreté qui nous a interpellés. On s’est dit que cette pauvreté existait sans doute aussi en France, mais chez nous, elle reste cachée. Là-bas, elle est affichée. Elle fait partie de la vie, de la culture, et du coup nous n’étions pas vraiment choqués. La mentalité est tout à fait différente de la nôtre, les gens ne raisonnent pas en termes de rentabilité.

Nous étions logés chez les Frères de Mère Teresa qui nous "dorlotaient". Ils étaient très généreux et très délicats, mais toujours avec beaucoup de discrétion. Leur centre accueille 218 résidents, adultes et enfants, handicapés moteurs ou mentaux pour quelques uns.

Pendant quatre jours, nous avons donné à manger aux enfants, distribué les repas. C’était une belle expérience qui nous a touchés profondément. Sans la parole, ou parfois avec un peu d’Anglais, nous avons eu des partages très chouettes : les jeux avec les enfants, des sourires ou même des éclats de rire…

Ce n’était pas trop dur ?

Comme je suis étudiante en médecine, par les stages j’avais déjà une petite expérience qui m’a permis de prendre un peu de recul. À ce moment-là, nous arrivions à partager entre nous, sur les difficultés rencontrées. Un jour, en ambulance (c’est comme ça que nous nous déplacions !), avec les Frères nous sommes allés dans un centre de Mère Teresa. J’ai été un peu choquée : des enfants, des mamans avec leurs enfants… 180 lits dans la même salle ! Ces femmes avaient l’air heureuses de nous voir, nous étions bien habillés mais pourtant nous n’avions rien à leur donner. J’avais l’impression d’aller au zoo, c’était un peu dérangeant.

Et puis en discutant un peu, j’ai compris que le fait de venir les voir était pour elles une marque de reconnaissance. Ça m’a permis de comprendre que parfois, des choses "toutes bêtes" valent plus qu’on ne l’imagine !

Ce qui a été amusant, c’est quand une des Sœurs a fait un pronostic sur les vocations dans notre groupe : elle en voyait une ! Une discussion a suivi pour savoir qui ce pouvait bien être… et ça a entraîné un partage très fort sur notre foi, ce que l’on croyait, ce qui nous gênait dans l’Église… À ce moment-là, on a pu dire des choses qu’on n’avait encore jamais partagé parce qu’on n’osait pas. Dans un premier temps, ce partage m’a montré que le groupe n’était pas homogène dans la façon de vivre sa foi. Au début, ça m’a un peu culpabilisée. Et puis d’autres discussions ont suivies, pas seulement religieux d’ailleurs, parfois plus philosophiques, qui ont permis d’ouvrir le débat, de pointer les valeurs qui nous faisaient vivre et donc de réfléchir en profondeur à ce qui nous anime. Le groupe s’est vraiment soudé à ce moment-là.

Cette participation aux JMJ, c’était important pour toi ?

Oui, et à plusieurs titres. D’abord, c’est un défi que je m’étais lancée : je suis diabétique et je voulais me prouver que je pouvais le faire. J’angoissais beaucoup, pour passer les portiques, par exemple, mais j’ai toujours refusé de me servir de la maladie comme d’un alibi, même si parfois c’est un peu tentant. Je ne veux pas qu’elle soit un handicap ou un obstacle à quoi que ce soit. Je suis donc très heureuse d’avoir gagné ce pari !

Et puis franchement, c’est vraiment quelque chose à faire. Tout seul, c’est bien, mais on ne peut pas tenir longtemps. Si l’on veut que la petite flamme continue de briller en nous, il faut l’entretenir. La foi est un soutien dans la vie, un point de repère, il faut la nourrir. Cette année je ne participerai peut-être pas au groupe Saint-Régis à cause de l’emploi du temps, mais j’ai quand même le désir de trouver un lieu où je pourrai partager. Grâce aux enseignements, maintenant j’ai des arguments si je dois répondre à des provocations. Je sais que je peux m’appuyer sur ma foi, c’est du solide, je sais que j’ai raison d’y croire. Si je peux dire quelque chose aux jeunes, j’ai envie de leur dire ceci : « Ne restez pas seuls, vivez des expériences comme les JMJ avec des jeunes, allez à la rencontre des autres ! »

Par rapport à ta vocation, qu’est-ce que tu peux nous dire ?

Déjà que la médecine est un peu une vocation pour moi. Pour moi, il est tout naturel que j’ai envie de m’occuper des autres, les écouter, les soigner, leur apporter une aide d’une façon ou d’une autre.

Pour ce qui est de la vocation religieuse, il me semble que dans ce cas-là il y a comme un bouleversement intérieur, un appel, quelque chose que l’on entend au fond de soi et qui est bien pour nous. C’est quelque chose d’un peu plus exceptionnel !

Moi, pour le moment, je me vois bien avec des enfants !

Propos recueillis par Germaine Peyrache - Décembre 2008




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