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Homélie pour la Sainte-Geneviève 2009

vendredi 15 janvier 2010, par P.B.Planche

Homélie prononcée par Mgr Henri Brincard, le 4 décembre 2009, en la fête de Sainte Geneviève. A la suite d’une décision du bienheureux Jean XXIII, sainte Geneviève est la patronne de la Gendarmerie.

Chers amis,

Avec un grand respect et une profonde estime, je salue chacun d’entre vous. Au service du bien de tous, vos responsabilités appellent la considération. En ce lieu chargé d’histoire mais aussi de spiritualité chrétienne, vous ne m’en voudrez pas de vous assurer de ma prière pleine d’espérance. Qui d’entre nous a la témérité de croire qu’il est à l’abri de la fragilité humaine ? Qui d’entre nous, à certaines heures, ne connaît pas le découragement ou la lassitude ? Reconnaissons-le, il nous arrive d’avoir de la difficulté à rester fidèle à un idéal nous obligeant, pour le juste accomplissement de nos devoirs, à ne jamais prendre pour guide unique une ambition effrénée. Dans un tel contexte, la prière nous aide à reconnaître en vérité la pauvreté de notre cœur, à nous confier aussi à celui qui peut tout, pour un chrétien Jésus-Christ, « le témoin fidèle, le premier né d’entre les morts, le chef des rois de la terre ».

Quelle joie de fêter ensemble la sainte Geneviève ! La noble figure de Geneviève, que l’histoire a dessinée à grands traits, nous remplit d’admiration tandis que l’exemple de celle qui a défendu Lutèce nous stimule dans l’humble quotidien comme aux heures où dans nos vies le mot « sacrifice » prend tout son sens. Sans aucun doute, Sainte Geneviève se signale par sa lucidité, sa détermination et son courage. Mais empressons-nous de souligner ce point : sa foi chrétienne a été non seulement source de fécondes inspirations mais aussi et peut-être surtout d’une force intérieure lui permettant de faire de l’épreuve un moyen sûr de progresser sur le chemin du vrai bonheur. Pour Geneviève, le bonheur fut de se savoir aimée de Dieu qui est Amour, son bonheur fut aussi d’aimer le Seigneur « de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces ». Sa devise a été : ne rien préférer au Christ, une devise qui l’a mise à l’abri de l’idolâtrie, de ces faux dieux qui ont pour nom : l’argent, le pouvoir, en un mot un « ego » surdimensionné faisant succomber l’homme aux mirages de la vaine gloire et de réussites éphémères. Pour Geneviève, le « qu’en dira Dieu » avait plus d’importance que le « qu’en dira-t-on ». Pour elle, perdre la face était bien moins grave que perdre son cœur à la suite de lâches compromissions allant contre cette voix suprême de la vérité qu’est la conscience humaine.

Geneviève se savait faible et fragile. Le reconnaître fut une lumière l’incitant à s’appuyer constamment sur celui qui se présente devant chacun d’entre nous comme « la Voie, la Vérité et la Vie ».

En des heures particulièrement difficiles voire tragiques, Geneviève fédéra les énergies, ranima les courages et forgea l’unité d’un peuple. Ce qu’elle a accompli m’inspire la réflexion suivante : tout peuple a besoin d’unité pour remplir une mission au service de tous. C’est à partir de cette unité que ces fameuses différences – dont on parle tant aujourd’hui – deviennent enfin l’occasion d’échanges fructueux.

Au long des siècles, l’unité d’un peuple est le fruit d’un héritage en constant accroissement, accroissement auquel chacun doit contribuer avec ses talents. C’est alors que l’unité devient dynamique pourvu seulement qu’elle n’oublie jamais une question fondamentale : y-a-t-il une puissance capable de changer le cœur de l’homme ? Car enfin, chers amis, d’où viennent les divisions qui mettent en péril l’avenir d’une nation ? D’où viennent les querelles stériles sinon d’une volonté de domination présente en chacun d’entre nous et que éliminons au terme de rudes combats ? Ce n’est certes pas être pessimiste mais réaliste de reconnaître cette vérité : notre cœur est malade au point que les bonnes structures et même les meilleures lois ne parviennent jamais à elles seules à donner à la société les moyens d’un progrès durable.

Tout ce qu’il y a de vrai et de grand dans la vie d’une nation est un bien reçu ne pouvant être gardé que s’il est partagé. Cette certitude est le meilleur rempart contre le sectarisme et contre une suffisance orgueilleuse faisant croire à l’homme qu’il n’a rien à recevoir d’autrui et que donner gratuitement est une faiblesse. Ici le mot « gratuit » ne doit pas être compris comme l’acte sans motif mais comme l’acte ayant pour unique motif l’amour.

Sainte Geneviève, aidez-nous à aimer le prochain comme nous-mêmes. Donnez-nous la joie et la force de servir toujours mieux. Remplissez-nous d’une espérance que rien ne pourra ébranler !

+ Henri Brincard Evêque du Puy-en-Velay




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