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Homélie pour la messe chrismale

mardi 2 avril 2013, par Henri Brincard

Homélie prononcée par Mgr Brincard le mardi 26 mars, en la cathédrale Notre-Dame du Puy.

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Frères dans le sacerdoce,

Alors que nous avons déjà commencé la célébration du mystère pascal, j’ai aujourd’hui la joie de vivre avec vous un grand moment de prière et d’espérance. Vous redire ma profonde gratitude ne suffit pas. J’ai besoin d’y ajouter l’expression de mon affection fraternelle. À un titre particulier, vous êtes les collaborateurs de votre évêque. Vous partagez courageusement avec lui «  le poids du jour  » dans une communion missionnaire dont le dernier Concile parle en termes inoubliables. «  Tous les prêtres, en union avec les évêques, participent à l’unique sacerdoce et à l’unique ministère du Christ... En raison de cette communion dans le même sacerdoce et le même ministère, les évêques doivent donc considérer leurs prêtres comme des frères et des amis, et se préoccuper, autant qu’ils le peuvent, de leur bien, matériel d’abord, mais surtout spirituel. [1] »

Aujourd’hui, entourons spécialement de notre prière fervente et de notre amitié nos confrères fatigués ou malades. Que notre reconnaissance et notre proximité soient pour chacun d’entre eux un soutien précieux dans l’épreuve  !

Avec l’assurance que donne une foi vivante, continuons à porter ensemble le souci des vocations sacerdotales. En ce domaine comme en d’autres, associons davantage nos communautés, nos familles, l’Enseignement catholique, nos aumôneries et nos mouvements à une pastorale inventive permettant aux jeunes d’entendre l’appel du Maître de la moisson. Par des initiatives appropriées et sans jamais nous décourager, unissons nos efforts qui, à l’heure de Dieu, porteront, j’en suis certain, de beaux fruits.

Notre diocèse est entré dans «  la Nouvelle évangélisation  » à laquelle l’Église universelle nous convie énergiquement. Qu’est-ce que cette nouvelle évangélisation sinon annoncer la foi de toujours dans le monde d’aujourd’hui  ? Diaconia 2013, dont l’importance pour notre diocèse ne nous échappe pas, rappelle opportunément que la charité constitue la première annonce de la Bonne nouvelle. Comme j’aime à le dire aux jeunes, dans un langage qu’ils peuvent comprendre, «  la charité est le bulldozer de la vérité  ».

La nouvelle évangélisation bouscule et bousculera encore nos manières de vivre le sacerdoce ministériel. Ainsi que l’évêque de Fréjus-Toulon, Mgr Dominique Rey, est venu nous le dire au cours d’une rencontre mémorable, notre ministère de prêtre diocésain exige plus que jamais le développement de notre coopération avec les consacrés et les fidèles laïcs. En effet, par des chemins différents mais cependant complémentaires, nous sommes tous coresponsables de l’annonce de l’Évangile. Une telle coresponsabilité demande entre autres un plus grand partage de la vie de prière.

Dans le contexte de la nouvelle évangélisation, il nous faut aussi réfléchir ensemble sur la manière d’exercer les trois charges reçues au jour de l’ordination. Afin de mieux me faire comprendre, je donne quelques exemples  :

- Ministre de la Parole [2], le prêtre s’interroge aujourd’hui à juste titre sur la place qui lui revient dans la catéchèse des enfants.
- Ministre de la liturgie [2], le prêtre s’interroge également sur comment dispenser convenablement les sacrements, comment faire en sorte que l’eucharistie soit «  source et sommet  » de la vie des communautés dont il a la charge.
- Guide et pasteur du peuple de Dieu [2], comment le prêtre peut-il assurer au mieux cet indispensable ministère lorsqu’il se voit confier un important ensemble paroissial  ?

Un dernier point retiendra aujourd’hui mon attention  : dans plusieurs diocèses de France, nous constatons de nouvelles manières de vivre la fraternité sacerdotale. Ces nouvelles manières favorisent incontestablement l’éclosion de vocations sacerdotales, la vie de prière, l’échange fraternel et une nécessaire entraide entre confrères. Il est alors légitime de se demander comment mettre en œuvre chez nous ces nouvelles formes de vie fraternelle.

Comportant leur part de mystère, de grands évènements ont marqué pendant ce temps du Carême la vie de l’Église. Tout d’abord la renonciation de Benoît XVI à sa charge de successeur de Pierre puis l’élection du pape François. Que nous dit l’Esprit-Saint  ? Telle est la vraie question posée à chacun. Il serait profitable de continuer à échanger à ce propos entre nous et au sein de nos communautés.

J’étais à Rome avec un pèlerinage diocésain lors de la dernière audience publique de Benoît XVI. Moment émouvant s’il en est  ! Benoît XVI ne nous adressait ni un adieu, ni même un au revoir. Il nous demandait plutôt de continuer à marcher ensemble, à la lumière de la croix. Le chemin que la Providence lui indiquait ne l’éloignait pas du nôtre car il avait la certitude, en le suivant, d’avoir trouvé le meilleur moyen de servir le bien de toute l’Église.

Benoît XVI disparaît en quelque sorte dans la lumière de la croix, lumière que sa renonciation nous communique de manière bouleversante.

À nouveau, je me suis trouvé sur la place Saint-Pierre pour la messe au cours de laquelle le pape François a reçu les insignes de sa charge de successeur de Pierre. Le pape François conquiert tous les cœurs par sa simplicité et son humilité. Il sait trouver des mots forts, justes et stimulants pour transmettre le message chrétien dont il est le serviteur à un titre particulier. En concluant, permettez-moi de vous en donner deux exemples. Au cours de la messe concélébrée avec les cardinaux dans la chapelle Sixtine au lendemain de son élection, partant de l’Évangile du jour, il a prononcé les paroles suivantes  : «  Le même Pierre qui a confessé Jésus-Christ lui dit  : tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Je te suis, mais ne parlons pas de croix. Cela n’a rien à voir. Je te suis avec d’autres possibilités sans la croix. Quand nous marchons sans la croix, quand nous édifions sans la croix et quand nous confessons un Christ sans croix, nous ne sommes pas disciples du Seigneur. Nous sommes mondains, nous sommes des évêques, des prêtres, des cardinaux, des papes mais pas des disciples du Christ  ». Au cours d’une de ses premières audiences, en des termes clairs et vigoureux, le pape François a également invité à l’espérance. Écoutons-le-nous dire  : «  Comme le pape Benoît XVI nous l’a rappelé de nombreuses fois dans ses enseignements et en dernier lieu, par son geste courageux et humble, c’est le Christ qui guide l’Église par son esprit. L’Esprit-Saint est l’âme de l’Église avec sa force vivifiante et unifiant  : d’une multitude, il fait un seul corps, le corps mystique du Christ. Ne cédons jamais au pessimisme, à cette amertume que le diable nous offre chaque jour. Ne cédons pas au pessimisme et au découragement  : nous avons la ferme certitude que l’Esprit-Saint donne à l’Église par son souffle puissant le courage de persévérer et aussi de chercher de nouvelles méthodes d’évangélisation pour porter l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre  ».

Confions le ministère du successeur de Pierre et le nôtre à la Vierge Marie, Mère de l’Église. Que Marie nous donne la force et le courage d’annoncer à temps et à contretemps à tous ceux et celles qui nous sont confiés la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ  !

+ Henri Brincard
Évêque du Puy-en-Velay


Notes

[1] Concile Vatican II, Le ministère et la vie des prêtres, 7

[2] Ibidem


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