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Homélie pour la messe chrismale

mardi 7 avril 2009

Le mardi 7 avril, en la Cathédrale du Puy-en-Velay
« Sans fin, je proclamerai ta victoire et ton salut »
(Psaume 70)

Frères dans le sacerdoce,
Frères diacres,
Frères et sœurs consacrés,
Frères et sœurs dans le Christ,

J’ai la joie de vous annoncer que Jérôme Tran sera ordonné prêtre le dimanche 31 mai. Son ordination est pour notre diocèse un motif d’espérance et aussi une invitation à renforcer nos liens avec l’Église de Dieu qui est au Vietnam.

L’Église entre dans un grand recueillement de foi et d’espérance. Au nom de tous les hommes et à la suite de l’apôtre Saint Paul, elle rend grâce en disant : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles dans le Christ… En Lui, nous trouvons la Rédemption, par son sang, la rémission des fautes selon la richesse de la grâce qu’il nous a prodiguée en toute sagesse et intelligence » [1].

Chaque année au début de la « Grande Semaine » nommée ainsi par nos frères d’Orient, nous vivons un temps de prière, de rencontre fraternelle et d’action de grâce dans la lumière si belle et stimulante de la messe chrismale. Je souhaite que notre communion fondée sur le sacrement de l’Ordre soit pour vous un soutien réconfortant.

Mais avant d’aller plus avant, je tiens à saluer le peuple chrétien : chers amis, c’est l’anniversaire du jour où le Sauveur du monde fit partager son sacerdoce à ses apôtres. La célébration de l’eucharistie au cours de laquelle seront bénies les huiles saintes rappelle à chacun d’entre nous que l’insertion dans le Christ au moyen de la foi et des sacrements fait de nous des « créatures nouvelles » [2] en « Celui qui nous aime et nous a lavés de son sang » [3]. Votre présence aujourd’hui, votre affection filiale et votre prière fidèle témoignent de votre reconnaissance à l’égard de vos prêtres et aussi de votre volonté de collaborer effectivement à la vie et la mission de l’Église.

Ainsi que vous le savez, notre assemblée à Lourdes s’est achevée, il y a quelques jours. Dans son discours de clôture, le Cardinal André Vingt-Trois, Président de la conférence des évêques de France a prononcé des paroles qui vous iront sûrement droit au cœur : « Rassemblés aujourd’hui, les évêques de France veulent dire à tous les prêtres vivant et agissant en France, qu’il soit de chez nous ou d’ailleurs, notre grande confiance et notre profonde affection dans le Seigneur. La prochaine ouverture de l’année du prêtre sera une occasion pour tous les catholiques de mieux prendre conscience du ministère des prêtres dans l’Église et pour les jeunes de répondre à l’appel que nous leur adressons : venez au service de l’Église en France et de sa mission, comme prêtre diocésain. »

Le Saint Père ayant annoncé son intention de proclamer Saint Jean Marie Vianney, patron des prêtres, plusieurs diocèses de France ont déjà fait savoir que leur presbyterium participerait à cette journée de pèlerinage du 8 mai de l’année prochaine. A ce propos, avec nos séminaristes ou même avec des jeunes se posant la question de ce que Dieu veut pour eux, il est sûrement opportun d’envisager au cours de « l’année du prêtre » un pèlerinage fraternel à Ars, le 8 mai 2010.

Proposée à l’Église universelle par le successeur de Pierre, « l’année du prêtre » est aussi pour moi un fort appel à servir toujours mieux l’unité de notre presbyterium. Comment réaliser ce souhait sinon par des contacts plus fréquents avec chacun d’entre vous et aussi par des consultations régulières dont une forme pourrait être un rassemblement comme celui que nous avons déjà vécu, l’an denier à Chadenac. Un tel rassemblement me permettra de soumettre à votre discernement sacerdotal des questions importantes - voire urgentes - concernant la conduite de nos communautés chrétiennes.

En lien avec le conseil presbytéral et le conseil épiscopal, conseils que je remercie de l’aide précieuse qu’ils m’apportent, il me paraît indispensable d’ouvrir de nouveaux chemins d’échanges entre nous et cela est d’autant plus urgent que nous sommes à l’heure de tournants décisifs pour l’avenir de nos communautés.

Une grave crise économique frappe le monde et notre société. Comme nous y invite le président de la conférence épiscopale française, il y a des actions à soutenir par exemple celles de « réévaluer les priorités humaines de l’économie et du système financier, de développer la solidarité envers les plus démunis, (..), d’encourager les initiatives. » Avec l’aide du conseil diocésain de la solidarité, nous voulons aider notre diocèse « à percevoir l’opportunité qui s’offre de revoir nos modes de vie et nos priorités financières ». Là où nous sommes, mobilisons-nous afin de réconforter et de servir ceux qui n’en peuvent plus.

Des événements touchant à la vie de l’Église universelle ont eu des répercussions parfois fortes sur la vie de notre diocèse. En tant que pasteur, vous avez fait vôtres les questions entendues et les souffrances exprimées. Toutefois, réjouissons-nous que des membres de nos communautés chrétiennes vous aient encouragés à garder le cap au milieu des tempêtes de notre temps.

Pour ma part, désireux de vous réconforter, je vous ai envoyé une lettre personnelle. Afin de faire des mises au point évitant d’injustes procès d’intention, je me suis également exprimé sur le site internet du diocèse, sur notre radio RCF et enfin dans quelques journaux. Avec le recul nécessaire, la triste évidence s’impose : le pape Benoît XVI a fait l’objet d’une campagne de désinformation ayant pour but de discréditer sa personne afin que ne soit plus entendue la parole d’espérance dont il est porteur à un titre particulier. En contrepoids, la vision de foules immenses accueillant le Saint Père au cours de son périple ainsi que le fidèle écho donné à ses enseignements par les media africains ont manifesté à quel point Benoît XVI venait au devant des vraies attentes d’une Afrique dont les richesses humaines et spirituelles sont pour l’Église source d’une vive action de grâce.

Je voudrais insister sur un autre sujet auquel, à juste titre, vous accordez de l’importance. Relayé par l’enseignement des derniers papes, le Concile Vatican II souligne à l’envie qu’à partir de grâces diverses, correspondant à des apostolats ayant leur spécificité, tous les baptisés sont responsables de la mission de l’Église. C’est pourquoi, selon un mode à préciser, il est urgent qu’au sein de nos conseils paroissiaux, de nos conseils pastoraux de secteur et aussi par divers moyens, nous menions avec l’aide de la prière une réflexion approfondie sur le thème de « La coresponsabilité des fidèles laïcs dans l’Église-mission ». Une telle réflexion et les initiatives qu’elle suscitera répondront à l’attente du peuple de Dieu et aux besoins d’une nouvelle évangélisation qui «  s’adresse non seulement à chacune des personnes mais aussi à des groupes entiers de population dans la diversité de leurs situations, de leur milieu, de leur culture » [4].

Comment terminer sans rendre grâce pour ce qui se passe déjà dans notre Eglise diocésaine ? Puisqu’il nous est impossible de tout dire, contentons-nous de donner quelques exemples :
- Par leur vie contemplative et par l’apostolat de la charité, les consacrés contribuent à la vitalité de nos communautés chrétiennes. Prions pour qu’advienne un renouveau des vocations. Nous en avons le plus grand besoin !
- Ecclesia 2007 a eu un grand impact sur la catéchèse diocésaine.
- Nous nous réjouissons aussi que, mené selon les perspectives proposées par l’Église, le réaménagement des paroisses se poursuive heureusement. La constitution progressive de « pôles missionnaires » favorise, sans aucun doute, le dynamisme apostolique de nos communautés. De surcroît, ces pôles ouvrent la voie à de nouvelles manières de vivre notre vocation sacerdotale et développent des collaborations nécessaires au sein des communautés dont nous avons la charge. En nous gardant en sa douce paix aimante, la Mère de l’Église nous aidera à faire de plus en plus nôtres ces paroles que l’Esprit Saint a inscrites dans le cœur de l’apôtre des nations : « Ce n’est plus moi qui vis mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi » [5].

+ Henri Brincard
Évêque du Puy-en-Velay


Notes

[1] Eph 1, 3 ; 7, 8

[2] Ga 6, 15

[3] Ap 1

[4] Christi fideles laïci n°34

[5] Ga 2, 20


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