Accueil du site > Diocèse > Rencontres > Interview du Père Jean-Marie Le Gall Modérateur général de la Communauté (...)

Interview du Père Jean-Marie Le Gall Modérateur général de la Communauté Saint-Martin

jeudi 5 février 2009

Les prêtres de la Communauté Saint-Martin sont venus au Puy vivre leur retraite annuelle. Occasion de les rencontrer…

Pourriez-vous nous présenter votre Communauté ?

La Communauté Saint Martin a été fondée il y a un peu plus de trente ans (en 1976) dans tout le mouvement qui, après le Concile, a promu la vie en commun pour les prêtres. Notre fondateur, l’abbé Guérin, a voulu concilier la vie commune et la disposition aux appels de l’Église pour le service des diocèses.

Nous ne sommes pas des religieux et, pour le Droit canon, nous sommes une Association cléricale publique de droit pontifical. Plus simplement, nous sommes une communauté de prêtres et de diacres qui vivent la vie commune et qui se mettent à la disposition des évêques. Cela nous conduit à essayer de garder un équilibre entre la stabilité qui rend possible la vie en commun et la mobilité qui permet de répondre aux appels qui nous sont lancés. Actuellement nous sommes 65 prêtres et diacres et 45 séminaristes.

Quelles sont les missions qui vous sont confiées ?

Nous n’avons pas d’œuvre qui nous soit propre. Toutes nos activités nous ont été confiées par des évêques. Il s’agit essentiellement des paroisses. Nous sommes présents dans les diocèses de Blois, Tours, Toulon, Chalons-en-Champagne, Chartres, Perpignan, Vannes, Sées et cela représente treize paroisses ou ensembles paroissiaux.

Nous sommes une société jeune : 30 ans ! Le plus âgé d’entre nous a 61 ans. Nous avons notre propre maison de formation, et un certain nombre d’entre nous y sont investis comme formateurs. On vient de nous confier l’animation spirituelle de l’internat d’un lycée (mais nous n’assurons pas la direction). L’un d’entre nous est recteur du Sanctuaire de Montligeon, dans l’Orne, où l’on prie pour les défunts.

Nous avons été appelés par un évêque de Cuba. Il nous a demandé de promouvoir les vocations et de nous occuper d’une paroisse ; mais une paroisse cubaine n’a rien à voir avec une paroisse française ! Enfin, quelques uns sont au service du Saint-Siège dans des nonciatures ; pour ces derniers la vie en commun est quasi impossible, ce qui pose des questions.

Existe-t-il une spiritualité propre à votre Communauté ?

Nous n’avons pas de spiritualité propre, si ce n’est celle de l’Église. On peut appartenir à la Communauté Saint-Martin et se sentir proche de la spiritualité du Carmel ou de celle de Saint Ignace de Loyola. Je parlais tout à l’heure de notre maison de formation, nous y suivons le cursus de toutes les maisons de formation de prêtres. Le rythme et le programme sont les mêmes que dans les autres séminaires. Si nous avons notre propre maison de formation, c’est simplement parce que nous attachons de l’importance à la vie commune, il faut que nous nous formions à vivre ensemble.

En revanche, notre fondateur a été marqué au cours de sa formation et de sa vie par différents courants et, forcément, cela a laissé des traces dans la communauté qu’il a fondée. Il a été marqué par la tradition bénédictine et nous avons gardé le sens de la liturgie et de l’obéissance. Il a été formé par les prêtres de Saint-Sulpice et nous sommes marqués par la spiritualité de l’École française ainsi que par cet esprit familial qui les caractérisait. Enfin, il a voulu redonner vie à la vie canoniale séculière, c’est-à-dire que la vie en commun pour nous est orientée vers une action pastorale.

Nous attachons une grande importance à la Parole de Dieu et son accueil dans la Lectio Divina. Chaque jour, nous prenons un temps de Lectio divina sur les textes de la messe du jour. C’est peut-être un de nos traits distinctifs. Nous attachons aussi une grande importance à développer un esprit familial, à la convivialité. La liturgie est fondamentale dans la vie communautaire : pas pour nous complaire dans la rubrique et les dentelles mais comme une source de vie spirituelle.

Nous avons eu la chance que la croissance de notre communauté ait été continue depuis sa fondation, mais relativement lente. Cela nous a laissé le temps de mûrir sereinement notre identité. Deux textes du Concile Vatican II nous servent de référence : le chapitre 8 du Décret sur le ministère et la vie des prêtres qui invite à des formes de vie commune et le chapitre 10 qui invite à une disponibilité des prêtres à servir là où le besoin de leur ministère se fait sentir.

Vous portez la soutane : Est-ce le signe d’un certain traditionalisme ?

Nous portons la soutane comme signe d’appartenance à la communauté Saint-Martin, mais nous n’en faisons pas un drapeau et encore moins un combat. D’ailleurs nous savons aussi nous habiller autrement quand les circonstances l’exigent.

Si nous sommes en soutane dans des temps de vie commune comme cette retraite, c’est un signe de la dimension religieuse de notre communauté, et aussi de l’importance de la vie liturgique au cœur de ce que nous vivons : la célébration de l’Eucharistie et des offices. Nous pensons que c’est un lieu de formation : dans la liturgie nous nous laissons façonner par le Christ. Dans ce domaine nous avons toujours fait le choix d’être fidèles au Concile et à la messe de Paul VI.

Quel sens donnez vous à cette retraite communautaire au Puy ?

D’abord, comme tous les prêtres, nous sommes invités à prendre tous les ans un temps de retraite. Nous avons pris l’habitude de le faire sur un rythme de trois ans : une année nous participons à la retraite des prêtres du diocèse où nous sommes implantés, une année chacun fait la retraite personnelle de son choix, et la troisième année nous participons à la retraite de la Communauté. C’est pour cela que toute la Communauté n’est pas rassemblée au Puy, mais seulement un tiers environ. Mais nous accueillons aussi des prêtres qui ne sont pas de la Communauté.

Cette retraite intervient à la fin de nos trois années jubilaires. En effet, la Communauté a été fondée en 1976 et en 1979 elle a été officiellement reconnue. Nous avons mené au cours de ces trois ans une réflexion sur nous-même : notre identité, notre adaptation aux changements intervenus depuis trente ans pour mieux servir l’Église.

Nous avons ainsi réfléchi à ce que veut dire vivre une vie commune et fraternelle quand l’un de nous est modérateur du groupe est curé de la paroisse, comment articuler vie commune et activité pastorale, comment vivre ensemble et travailler ensemble (ce n’est pas toujours évident), notre rapport avec les évêques qui font appel à nous, notre rapport aux jeunes qui nous regardent... Nous avons fait une sorte d’audit des trente ans pour continuer à donner du sens à notre vie en communauté.

Et pourquoi vivre cette retraite au Puy ?

En fait nous avons surtout choisi le prédicateur. Une parole d’évêque est pour nous importante au moment où nous réfléchissons sur notre mission. Il y a trois ans nous avions ainsi été enseignés par Mgr Boulanger, l’évêque de Sées. Donc nous avions pensé à Mgr Brincard, et comme nous savons que les évêques sont très occupés, nous nous rapprochons d’eux afin de leur permettre de ne pas interrompre tout à fait leurs activités.

Je l’ai mentionné tout à l’heure, des prêtres extérieurs à la communauté participent à notre retraite. Cela aussi est important par l’ouverture à d’autres réalités que cet accueil permet.




© 2017 - Diocèse du Puy-en-Velay| Plan du site | Espace privé | Mentions légales |  RSS 2.0 Suivre la vie du site