JMJ : échos

jeudi 1er septembre 2011

Mes impressions des JMJ sont forcément parcellaires ! Ces Journées mondiales de la jeunesse c’est d’abord derrière le micro de RCF que je les ai vécues. 12 journalistes, techniciens et animateurs du réseau des Radios Chrétiennes Francophones avaient fait le déplacement, et j’en étais. C’est dire que les temps forts, en particuliers ceux vécus avec le pape, c’est depuis la cabine des commentateurs que je les ai vus. Je ne suis cependant pas resté enfermé dans ces locaux exigus. J’ai pu circuler dans Madrid, vivre quelques rencontres avec les jeunes JMJistes, partager et prier avec eux… Ce sont toutes ces impressions que je vous partage ici.

voir l’album photo des JMJ 2011

Les JMJ avant Madrid

Les jeunes de Haute-Loire ont commencé par prendre de la hauteur : c’est dans la chapelle Saint-Michel d’Aiguilhe qu’ils ont célébré avec Mgr Brincard, la messe avant le départ pour l’Espagne.
De l’avis de beaucoup de ceux que j’ai rencontré, un des moments les plus fort fut la semaine en Diocèse qui précédèrent le rassemblement de Madrid. Pour les jeunes du Puy, ce fut en Navarre, dans le diocèse de Pampelune. Au passage, les jeunes 62 jeunes inscrits pour la Haute-Loire se sont arrêtés à Lourdes, avant d’être accueillis –et comment !- dans le diocèse espagnol. Le point de chute était Estella : étape sur le chemin de Saint Jacques, la ville abrite une basilique moderne dédiée à la patronne de la ville : Notre-Dame du Puy. C’était tout indiqué.
L’accueil des hôtes fut extraordinaire, surtout les familles qui accueillaient des jeunes. Tous n’avaient de cesse de faire plaisir, de faire découvrir les beautés de leur région et de partager sur la foi qui les anime. Les rencontres avec les autres JMJistes –américains, allemands, italiens…- accueillis dans la région furent aussi riches.
Temps forts de ces journées « en diocèse » : un pèlerinage à Javier, la patrie de saint François Xavier (un des premiers jésuites qui partit missionnaire en Asie), une marche sur les chemins de Compostelle et une messe d’envoi, pour toute la Navarre, à Pampelune.

Madrid

L’arrivée des JMJistes à Madrid a transformé la ville : plus de 500 000 jeunes joyeux, exubérants même, qui remplissent le métro, donnent de la voix dans la rue, s’entassent dans les églises pour les catéchèses avant de se ruer dans les parcs et les restaurants. Signe de reconnaissance : le sac à dos remis à chacun ; il contenait tout ce qu’il fallait pour une bonne participation : carnet de chant, plan de Madrid, tickets de bus, les tickets repas (à dépenser dans quelques centaines de restaurants de la ville) et une boite de médicament contenant une croix.

Impressions subjectives

La diversité des cultures se vivait dans la paix. Les drapeaux nationaux étaient arborés fièrement, mais c’était pour mieux permettre la rencontre. J’ai eu la chance de parler –avec le peu d’anglais qu’il me reste- avec des chrétiens d’Irak. Ils me parlaient de leurs difficultés à sortir de leurs pays, de la formidable impression de liberté qu’ils éprouvaient à pouvoir vivre leur foi sans la crainte d’être assassinés…
Nous avons rencontré à RCF les membres de l’association parisienne « Coexister » qui œuvre pour le dialogue des religions. Les catholiques ont invité leurs camarades aux JMJ : il a fallu aménager les heures (et le format) du petit-déjeuner pour les musulmans en plein Ramadan et veiller aux diverses prescriptions alimentaires de l’Islam et du judaïsme. Cela n’a d’ailleurs pas posé de problème. Mais dans les échanges, les catholiques ce sont entendus dire : « quelle chance vous avez d’avoir un magistère : cela nous manque ! »
Autre rencontre qui m’a marqué : quatre jeunes qui accompagnaient leur camarade qui essaie de se libérer de la drogue et qui est sous traitement à la méthadone : pour eux, et pour lui, les JMJ loin d’être un Woodstock catho était un pèlerinage de libération !
Les jeunes n’étaient pas là que pour la fête. Certes, on a dansé dans la rue et certains n’ont pas, avec leurs tapas, bu que de l’eau. Mais, quand il s’agissait de prier, pour une messe, un temps avec les frères de Taizé ou une adoration, alors le silence était habité et vrai. Quand venait l’heure des temps d’enseignements l’écoute était bien là.
J’ai eu l’occasion de croiser des jeunes dans les musées : aussi bien au Prado (qui affichait complait, qu’au musée d’art contemporain Reine Sophie où est exposé Guernica de Picasso. Les JMJ, c’est aussi une aventure culturelle.

Et nos jeunes altiligériens ?

Bien installés en centre-ville, ils ont tâté du confort des cours de récréation transformées en dortoir ! Il faut dire que la nuit la température tombait généreusement à 27°C. Vie fraternelle, catéchèse avec des évêques francophones d’ici et d’Outre-Atlantique (vive le Québec), ils ont aussi découvert Madrid.
Parmi les festivités : un forum sur les vocations et un défilé de mode « respectueux de la dignité de la femme ». La participation aux célébrations avec le pape est toujours une aventure : comment ne pas être trop loin. Si les premières places sont prises, au moins tâchons de ne pas être trop loin d’un écran… parfois il a été difficile d’avoir simultanément l’image et le son.
J’ai assisté à l’opération « cartes postales » : il s’agissait d’écrire et de timbrer les 350 cartes envoyées aux bienfaiteurs qui avaient soutenu les jeunes dans leur quête de fonds pour financer ces JMJ. Heureusement que l’on a inventé les timbres autocollants !
Si par moments tout le groupe participait ensemble à une activité, à d’autres des petits groupes se constituaient pour permettre à chacun de vivre les rencontres qu’il avait envie de vivre. Unité et souplesse.

Aux quatre vents

L’aéroport Cuatro Vientos est devenu, à partir du samedi 20, la plus vaste cathédrale du monde. D’après la police espagnole, plus d’un million et demi de personnes s’y sont rassemblées pour la messe avec le pape.
D’abord il fallait arriver : après le terminus des transports en commun, quelques kilomètres de marche à pied étaient requis pour accéder au site. Après il faut trouver une place : celle qui avait été originellement attribué est en général déjà occupée. Ensuite, il faut s’installer : pour la fin de l’après-midi, pour la veillée de prière et pour la nuit.
La télévision et les autres média ont rendu compte des perturbations climatiques intervenues au cours de la veillée. On a vu la calotte du pape s’envoler, la pluie s’abattre sur lui et ses cérémoniaires l’entourer de parapluies. Pendant ce temps, en salle de presse, nous essayons de continuer nos commentaires sans bien savoir où nous allons. On a commencé par nous dire que les services de sécurité avaient proposé au pape de se replier dans un lieu abrité, puis on est revenu nous dire qu’il ne voulait pas quitter les jeunes qui restaient stoïques sous l’averse et les bourrasques.
Un jeune m’a raconté comment il vécu la scène : « Le pape était en train de parler quand le vent s’est levé et la pluie est tombée. Tout le monde s’est précipiter pour mettre à l’abri sacs de couchages et autres effets : plus personnes n’écoutait. Je me suis dit : la veillée est foutue ! Puis, quand les affaires ont été mises à l’abri, l’ambiance à complètement changée : le pape est avec nous, nous devons être avec lui. Et pendant qu’il attendait que l’orage cesse, ce sont des chants, des paroles de soutien au Saint-Père, des prières qui ont fusées de toute part ! C’était extraordinaire. Puis quand la pluie a cessé et que l’on a pu passer au temps d’adoration, un silence impressionnant s’est imposé. C’est le plus beau temps de prière qu’il m’ait été donné de vivre  ». Un autre jeune déclarait : « finalement, je suis content de cette expérience. Je comprend un peu mieux ce que peut être la vie dans un camps de réfugiés » Exagération, bien sûr ; mais il est sûr que personne n’oubliera cette veillée, aussi bien à cause des intempéries que de l’extraordinaire expérience de communion qu’elle a permis de vivre.

Envoi

La clôture des JMJ ne ferme rien mais envoie. Benoît XVI a particulièrement insisté sur cette dimension d’envoi au cours de son homélie. Après tout, cet envoi est bien le propre de toute messe qui, d’une certaine façon, en tire son nom : « Ite Missa est – Allez dans la Paix ».
Le Pape, après avoir invité les jeunes à reconnaitre en Jésus le Sauveur et à entrer en amitié avec lui en Église les appelait à être des témoins : « De cette amitié avec Jésus naîtra aussi l’élan qui porte à témoigner la foi dans les milieux les plus divers, y compris ceux dans lesquels il y a refus ou indifférence. On ne peut pas rencontrer le Christ et ne pas le faire connaître aux autres. Ne gardez donc pas le Christ pour vous-mêmes. Transmettez aux autres la joie de votre foi. Le monde a besoin du témoignage de votre foi, il a certainement besoin de Dieu.  » En signe de cet envoi, il a béni les croix que chacun avait trouvé dans son sac pour qu’elles soient les signes de cet envoi en mission.
C’est fort de cette interpellation que nos jeunes altiligériens ont pu vivre cette messe hors du commun. Messe exceptionnelle à plus d’un titre : le nombre des participants, la communion de tant de peuples et de race, mais aussi l’absence de communion sacramentelle. Les hosties prévues pour la communion des fidèles ayant été noyées sous l’orage la veille, il n’a pas été possible de faire communier la foule assemblée. Occasion de s’associer, peut-être, à ceux qui, en tant de points du globe, ne peuvent communier.
Puis ce fut le retour : le car se transforme en dortoir et les paysages défilent, les images et les souvenirs aussi. Après une halte à Narbonne, l’arrivée au Puy met un terme à l’aventure. Le temps des semailles s’achève, il reste ceux de la germination et celui de porter du fruit.




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