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Journal de Tanjomoha

mercredi 18 mai 2016, par P.B.Planche

Le Père Emmanuel Gobilliard, recteur de la cathédrale du Puy-en-Velay, partage ses lettres de Madagascar dans livre publié par les éditions des Béatitudes.

Un livre qui commence par un coup de tête. En 2011, le Père Emmanuel Gobilliard écrit à son évêque pour lui demander de prendre un an auprès des plus pauvres. A peine la lettre glissée dans la boite aux lettres de l’évêché, il regrette presque son geste. Mais il est trop tard. Quelques jours plus tard son évêque lui dit : « d’accord, faites moi des propositions et nous choisirons ». Le choix se posa sur Madagascar avec deux missions essentielles : aider dans un foyer d’enfants handicapés et donner des cours dans un séminaire. Deux missions bien différentes !
Tout au long de son séjour, le Père Gobilliard écrit à ses amis et sa famille de longues lettres qui sont reprises dans ce recueil. Il y mêle des récits de ses découvertes et de ses activités avec des considérations sur ce que ce dépaysement complet produit en lui.
On découvre ainsi Madagascar, la Grande Ile, avec ses paysages somptueux, sa diversité autant géographique qu’humaine. Le Père Gobilliard nous parle aussi de la pauvreté, la misère même qui accable une bonne partie de la population. On y découvre la maladie, le handicap, dont les conséquences sont bien plus graves là-bas que dans nos sociétés économiquement développées. Mais il nous fait les témoins de ces générosités, de ce don de soi, de l’amour du prochain vécu et actif.
Le Père Gobilliard parle aussi de lui. En nous partageant ce que ces rencontres ont provoqué en lui, il nous invite à nous laisser interpeller par les pauvres, par ceux qu’il a rencontrés et qui l’ont à jamais changé. Comme beaucoup de ceux qui sont allés en Afrique, il est marqué par le contraste saisissant entre la pauvreté sordide et une joie de vivre exubérante. Pourquoi nous qui avons tout sommes-nous si tristes ? Pourquoi les malgaches ne sont-ils pas rebutés par des célébrations dominicales de plus de deux heures alors qu’ici nous plaignons dès qu’approche les 50 mn ? Pourquoi, alors qu’à Madagascar le mal est partout, une forme de souffrance, celle que nous soignons en France à coups d’antidépresseurs, semble absente ?
L’épreuve de la langue, les formes différentes que prend l’expression de la foi, les rencontres avec les enfants, avec les séminaristes ont bouleversé le prêtre français et ils nous touchent aussi. Cette relecture des jours passés à Madagascar est aussi l’occasion d’évoquer des souvenirs plus lointains, comme ceux passé, à l’époque du séminaire auprès des malades du Sida dans un hôpital de Rome. Cela nous vaut une belle page sur le sens du célibat sacerdotal.
Les voyages forment la jeunesse, dit-on. Ils peuvent aussi former l’âge de la maturité et en voguant vers la Grande ile avec le Père Gobilliard, ils nous forment aussi.

Père Emmanuel Gobilliard
Journal de Tanjomoha : quand le cœur se dévoile au contact des plus pauvres
Editions des béatitudes
118 pages, 12 €



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