Accueil du site > Vie chrétienne > Comprendre > L’Église de Mauritanie

L’Église de Mauritanie

vendredi 17 juillet 2009

La Mauritanie est une république islamique ; tous les Mauritaniens sont musulmans. Autrefois préfecture apostolique, la Mauritanie est devenue diocèse en 1966, le diocèse de Nouakchott, rassemblé autour de son évêque, Mgr Martin Happe, avec ses 12 prêtres, ses 35 religieuses, et sa petite communauté catholique.

Quelle est la mission de cette Église ?

Au Pape Benoît XVI qui lui posait la question, Mgr Martin a répondu : « La même que partout ailleurs : à la suite du Christ, rendre visible l’amour de Dieu pour tous les hommes. » Cette mission s’exerce tout d’abord auprès des chrétiens présents dans le pays. Ils sont 3 000 environ, venant essentiellement du sud : Sénégal, Guinée-Bissau, Bénin. Certains sont fonctionnaires, enseignants ; les plus nombreux sont venus chercher du travail : souvent très pauvres, ils se battent pour survivre. Ils sont très attachés à leur foi chrétienne, très religieux. Ils forment l’essentiel, des paroisses de Nouakchott et de Nouadhibou. Toute une activité pastorale a été mise en place pour les soutenir, les encourager dans leur foi, les aider à témoigner de leur foi en Jésus. Le plus beau témoignage qu’ils donnent c’est que, venant de pays différents, de langues différentes, de cultures différentes, ils sont unis, solidaires, heureux de se retrouver pour prier ensemble, pour célébrer ensemble ; ils ont conscience d’appartenir à la même grande famille, la famille des enfants de Dieu.

Quelle est la Mission de l’Église envers les mauritaniens ?

J’aime beaucoup ce passage d’Eloi Leclerc dans « Sagesse d’un pauvre » (je cite de mémoire). C’est François qui parle : « Évangéliser quelqu’un, c’est lui dire : tu es aimé de Dieu. Et pas seulement le lui dire, mais le croire profondément. Et pas seulement le croire, mais le montrer par des gestes concrets de chaque jour ». C’est ce que font les chrétiens dans leur quartier : un bonjour, la participation à un baptême ou à un décès, la visite à un malade, un geste d’entraide. C’est leur façon à eux d’évangéliser leurs frères musulmans. C’est ce que font les prêtres et les religieuses présents dans 5 villes où il n’y a pas de chrétiens. Ils se mettent au service de la population en aidant les jeunes et les adultes à s’instruire dans les bibliothèques, en animant les jardins d’enfants, en prenant soin des malades, des handicapés, des prisonniers, des enfants malnutris, en aidant les femmes à se prendre en charge. Ces hommes, ces femmes, souvent très pauvres, marqués par la misère et la souffrance, se sentent aimés, respectés par ces religieuses, qui les visitent, les soignent, les instruisent, par ces prêtres qui les remettent debout, les aident à reprendre confiance. Ils sentent bien que ce Dieu qui les anime ne peut qu’être qu’un Dieu d’amour. N’est-ce pas là l’essentiel du message que Jésus est venu apporter aux hommes. Ce sont ces petites graines que sèment les ouvriers de l’Évangile, graines de paix et de joie, graines d’amour et d’espoir. Ils confient ces petites graines au Seigneur ; Lui seul peut les faire pousser, s’épanouir, donner du fruit. C’est le Seigneur pré-sent au cœur des hommes qui peut leur faire découvrir combien Dieu les aime. L’important pour les ouvriers de l’Évangile, c’est d’être des semeurs.

Cette Église de Mauritanie est petite et pauvre, étrangère et dépendante, mais elle n’est pas abandonnée. Elle compte sur le Seigneur qui l’envoie ; elle compte sur les Églises-sœurs qui la sou-tiennent et l’encouragent de leurs prières et de leurs dons. Que le Seigneur la comble de ses grâces : qu’elle soit toujours fi-dèle à la Mission que le Seigneur Jésus lui a confiée.

Maurice Cadilhac,
Missionnaire d’Afrique



© 2017 - Diocèse du Puy-en-Velay| Plan du site | Espace privé | Mentions légales |  RSS 2.0 Suivre la vie du site