Accueil du site > Diocèse > Rencontres > La C.F.T.C., syndicat chrétien

La C.F.T.C., syndicat chrétien

vendredi 23 mai 2008

Rencontre avec Denis et Cyprien, Président et Secrétaire général de l’U.D. 43 de la C.F.T.C. : Confédération Française des Travailleurs Chrétiens.

Qu’est-ce que la C.F.T.C. ?

- La C.F.T.C. est un syndicat qui existe depuis l’origine des syndicats. En 1887, plusieurs syndicats chrétiens se sont formés cherchant à faire passer leurs idées en toute indépendance. En 1919, ils sentent la nécessité d’une coordination : la C.F.T.C. est alors fondée.

- En 1964 aura lieu une scission. Le syndicat va se partager en deux : une majorité formera la C.F.D.T. et choisira d’abandonner la référence chrétienne. La C.F.T.C. restera, en petit nombre, en conservant ses convictions initiales.

Pourquoi un syndicat chrétien ?

- Tout le monde sait l’importance du syndicat comme contre pouvoir dans l’entreprise. En tant que syndicat chrétien, la C.F.T.C. va appuyer son action sur la doctrine sociale de l’Église et placer l’être humain au centre dans tous les domaines : la vie ne se limite pas au travail, la famille est privilégiée. C’est ce qui a motivé il y a trois ans l’élaboration du statut du travailleur, qui donne vraiment une place prépondérante à l’homme dans son intégralité. C’est ce que l’on retrouve également dans le logo, avec la mention : "La vie à défendre".

- Avec la C.F.T.C., on n’est pas dans une logique de lutte des classes. Dans l’entreprise, chacun a sa place, donc, en cas de problème, on sera plutôt axé sur la négociation avant le conflit, on recherche une résolution à l’amiable : la grève n’est que la dernière solution quand tout le reste a échoué.

Comment se porte la C.F.T.C. au niveau national, et départemental ?

- Aujourd’hui, elle compte 132 000 adhérents au niveau national, environ 550 en Haute-Loire. Elle a obtenu 10% aux élections prud’homales de novembre 2002 et elle est la seule confédération à progresser aux dernières élections des comités d’entreprise depuis dix ans.

- Cette augmentation constante est importante pour nous, surtout par rapport à un sujet d’actualité pour 2008 qui est la représentativité syndicale en France. La loi va être votée à l’automne : il faudra faire un score de 10% au niveau des élections professionnelles et 8% au niveau des branches et des secteurs.

Quel est son rôle ?

- À chaque échelle, le but du syndicat est d’être représenté dans les commissions paritaires et dans les tribunaux. La C.F.T.C. participe aux négociations au niveau national sur les grands sujets actuels comme la réforme des retraites, la pénibilité au travail, la dépendance…

- Et puis, bien sûr, la C.F.T.C. est là pour défendre les travailleurs.

Revenons au terme "chrétien". La C.F.T.C. est un syndicat chrétien, est-ce que pour en faire partie il faut être chrétien soi-même ?

- Non, ce n’est pas une condition. La C.F.T.C. n’est pas un mouvement d’Église et pour y entrer on ne demande pas un certificat de baptême ! L’inspiration sociale chrétienne est une philosophie. Nous sommes en lien avec l’Église, mais pas lié à elle et prenons librement nos décisions.

- Dès le départ ce sont les valeurs sociales chrétiennes qui lui ont servi de base : la première encyclique sur la doctrine sociale« Rerum Novarum » a été publiée en 1891. Et depuis, les textes de l’Église sur le sujet restent notre référence.

- La seule chose que nous demandons à nos adhérents est l’acceptation de cette philosophie de vie et des valeurs chrétiennes.

Comment arrive-t-on à s’engager dans un syndicat chrétien ?

- Comme beaucoup de personnes, je me suis intéressé au syndicat quand j’ai eu un souci au boulot. J’avais besoin d’être défendu, alors j’ai regardé ce qui existait. J’ai été attiré par le discours de la C.F.T.C., et la place qui était faite à l’homme dans tout ce qui compose sa vie.

- Chez moi, à la maison, la culture n’était pas trop "pro-syndicale". J’étais pourtant persuadé que dans toute entreprise il faut un contre-pouvoir. J’ai été attiré par le "C" de chrétien, qui correspond tout à fait à mes convictions.

Depuis le mois d’avril, vous êtes président et secrétaire général, est-ce une charge importante ?

- Plus qu’un président et un secrétaire, nous formons un binôme et partageons à deux cette responsabilité départementale. C’est effectivement un engagement qui est prenant, mais qui est limité dans le temps. Le mandat est de trois ans, renouvelable trois fois, et l’âge pour être élu est limité à 65 ans, dans un souci de rajeunissement des cadres.

- Une part de l’engagement est bénévole, et nous avons des heures de présence syndicale en entreprises. Mais il ne faut pas oublier la vie de famille qui reste prioritaire pour nous !

- Nous sommes un peu utopistes ; le syndicalisme est vraiment une "foi" !




© 2017 - Diocèse du Puy-en-Velay| Plan du site | Espace privé | Mentions légales |  RSS 2.0 Suivre la vie du site