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La Lèpre en ligne de mire

mercredi 26 janvier 2011, par B.P.

Interview de Paul Kaeppelin, délégué local de l’Association Raoul Follereau qui lutte contre la lèpre. Le 30 janvier 2011 est la journée mondiale des lépreux.

Pour ceux qui auraient du mal à situer votre fondation Raoul Follereau, Raoul Follereau qui était-il ?

La fondation Raoul Follereau a une mission très vaste puisqu’il s’agit de traiter les problèmes de la lèpre dans le monde entier et ce depuis plus de 58 ans.
Ce week-end ce sera la 58ème journée mondiale de quête pour la lèpre, c’est vous dire que c’est une fondation, une association très ancienne.
Raoul Follereau était un personnage assez extraordinaire. Né en 1903, à l’âge de 15 ans, en 1918 alors qu’il était déjà orphelin, il avait perdu son père à la guerre, il faisait des conférences sur le thème de « aimer c’est aider les autres à vivre ». C’était un conférencier assez extraordinaire. A l’âge de 36 ans, il est journaliste, et fait un reportage sur les traces du Père de Foucauld. Il découvre les lépreux et la lèpre, et le caractère extrêmement épouvantable de cette maladie qui ronge les extrémités des membres : les doigts des mains, les doigts des pieds et qui rend souvent aveugle.
C’est une maladie extrêmement invalidante, et à partir de ce moment-là il va organiser des campagnes au cours de voyages. Il fera 32 fois le tour du monde pour ses conférences et puis il va en 1946, alors que l’ONU vient d’être créer, obtenir de cet organisme par une déclaration à l’assemblée générale des Nations Unies, que l’on crée une journée mondiale des lépreux. Ce sera le cas à partir de 1954. Aujourd’hui, donc nous sommes à la 58ème journée mondiale des lépreux.

Cette maladie vient d’une infection donc elle est contagieuse , ce qui provoque l’exclusion des personnes qui sont touchées ?

La lèpre était une maladie honteuse à l’époque. Rappelez-vous qu’au Moyen- Age, les lépreux étaient exclus des villes et des villages, il fallait qu’ils se déplacent avec une petite cloche pour permettre aux gens de s’écarter tellement la maladie était crainte.
Aujourd’hui les choses ont changées. Il y a encore 240 000 cas nouveaux chaque année : imaginez un toutes les deux secondes ! Mais la plupart du temps la lèpre est traitée assez tôt pour éviter qu’il reste des situations invalidantes. Il reste encore quand même 140 000 cas par an qui sont des maladies qui atteignent le niveau 2 d’invalidité, c’est-à-dire qu’ils laissent des invalidités.
La lèpre n’existe pratiquement plus dans les pays occidentaux et pour beaucoup de pays ce n’est plus un problème de santé publique.

Pourtant, certains pays riches comme l’Australie, sont concernée aussi par cette maladie ?

Oui, l’Australie est un continent : il y a des zones reculées où certaines populations sont très pauvres. On retrouve beaucoup de cas de lèpre en Afrique, Afrique sahélienne, à Madagascar, en Inde, en Birmanie... C’est une maladie qu’on repère surtout dans les pays tropicaux actuellement.
Les ravages sont encore considérables et il faut aider ces pays. La Fondation Raoul Follereau est là pour aider financièrement et former des médecins, des spécialistes... Elle finance les recherches pharmaceutiques (les médicaments pour soigner cette maladie) et je pense ceci encore pour de très longues années.

Quels ont été les progrès ce dernières années ?

Une trithérapie a été mise au point en 1981, qui permet de garantir l’arrêt de la maladie.
Le génome de la lèpre a été décrit au début des années 2000 et je pense qu’on arrivera à trouver un traitement plus efficace et plus rapide. Actuellement, il faut entre 6 mois et 1 an pour soigner cette maladie. On y arrive, mais c’est long ! Il faut éviter d’arriver à des situations invalidantes et par conséquent interrompre rapidement les effets de la maladie. C’est pour cela qu’il faut améliorer encore les solutions médicamenteuses.

Où va l’argent qui sera collecté pour la Journée mondiale des lépreux ?

Raoul Follereau finance , en lien avec les états ou les régions, la création de dispensaires et la formation de spécialistes, de jeunes médecins spécialistes qui sauront répondre rapidement aux soucis des pays dans lesquels la lèpre est encore un problème de santé publique. De bons médecins, de bons médicaments c’est la meilleure garantie pour pouvoir éradiquer ce fléau.

Et la prévention ? parce que c’est une maladie liée à la pauvreté.

Oui, il y a la prévention bien sûr : il faut aider les pays à se développer. Raoul Follereau ne va pas jusqu’à aider les pays sur le plan économique : son souci est surtout un souci sanitaire.
La Fondation intervient aussi pour la création d’ateliers pour réinsérer les anciens lépreux parfois encore invalides. En Afrique, Raoul Follereau a créé le village Asdopé en Côte d’Ivoire. Il y a des ateliers qui permettent -notamment aux femmes- de tisser, de faire des tapisseries. Cela leur permet de rééduquer leurs membres, leurs doigts et, peu à peu, de se réinsérer , de trouver un métier.

Est-ce que la Fondation Raoul Follereau s’intéresse aux autres types d’exclusion ?

Oui, évidemment la lèpre est le symbole de l’exclusion, c’est un symbole ancien : les lépreux étaient rejetés par la société. Maintenant Raoul Follereau a une activité qui va au-delà de la lèpre qui est la prise en charge de certaines formes d’exclusion, notamment l’ignorance et la pauvreté. C’est plus inquiétant dans les pays du Tiers-Monde ou du Quart-Monde, mais aussi un petit peu dans tous les pays.

Vous parlez d’ignorance, c’est par exemple apprendre à des populations à lire, à compter ?

Oui, parce que c’est l’élément de base pour s’insérer dans la société. Si vous ne savez ni lire, ni compter, vous êtes pratiquement interdit d’exercer un métier, interdit d’apporter des ressources, interdit de créer une famille. Il y aussi toutes les formes d’exploitation de l’homme qui sont les conséquences de la pauvreté ou de l’ignorance.

Paul Kaeppelin, les 29 et 30 janvier 2011, les gens vont pouvoir trouver un certain nombre de personnes, notamment des scouts, qui vont leur proposer de faire un don ?

Oui, je dois remercier ici les Scouts unitaires de France qui, au Puy, ont accepté de m’aider pour faire cette quête. Plus d’une trentaine côté Louveteaux seront sur les places, à la sortie des grands magasins, à la sortie des messes le dimanche et présenteront leurs troncs. Ils sont facilement reconnaissables : ils seront en tenue de scout, ils auront un tronc vert et ils auront sur eux la carte que la Préfecture leur a donné pour être autorisé à faire la quête sur la voie publique. Je vous demande de répondre avec générosité à leur demande et j’en remercie le public.

Et puis on peut le rappeler, il n’y a pas de petit don !

Oui, tous les dons compte. Si vous n’avez pas la pièce de monnaie ou l’argent nécessaire sur vous, ils vous remettront donc un petit dépliant avec lequel il y a une enveloppe et un imprimé qui est déjà préparé, il vous suffit de cocher et puis de joindre un chèque et d’expédier l’enveloppe à Raoul Follereau . Vous aurez en retour un reçu fiscal qui vous permettra de bénéficier d’une déduction fiscale. Ce qui fait en réalité qu’un don de 100 euros représente pour vous une dépense de 25 à 30 euros.

Il faut préciser que Raoul Follereau est une fondation reconnue d’utilité publique et cela veut dire que les comptes sont vérifiés et certifiés.

Oui et les troncs dans lesquels vous mettrez votre dons sont scellés, ils remontent au niveau régional, seront ouverts devant un huissier, ils seront comptabilisés et ensuite. La fondation Raoul Follereau fait connaître à chaque département le montant des sommes qui ont été collectées et il y a aussi une déclaration au niveau national donc vous avez la certitude que vos dons arriveront en entier et qu’ils répondront à l’objet social de la Fondation.

(Interview réalisée par RCF-Haute-Loire)

Site Internet de Raoul Follereau

Autre association intervenant pour la Journée mondiale des lépreux

Site internet de l’Ordre de Malte




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