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La souffrance au travail

mardi 22 février 2011, par B.P.

Le vendredi 18 février, L’Action catholique Ouvrière (A.C.O.) organisait un temps de partage consacré à la souffrance au travail. Andrée Elis, responsable de l’A.C.O. au Puy-en-Velay, présente cette initiative.

Pour commencer, qu’est-ce qu’un partage dans votre mouvement ?
Un moment où on peut réfléchir et échanger sur nos vies dans lesquelles le travail, lieu de dignité de l’homme, lieu d’épanouissement, apparaît bien souvent aussi comme un lieu d’inquiétude, parfois de souffrance (20% de salariés affectés par le stress).
C’est un lieu de parole proposé à tous, où chacun peut s’exprimer librement, écouter, être écouté. Ce n’est pas une conférence, mais un lieu d’échanges, porté à la connaissance de chacun par la presse, par des invitations.
Un partage en A.C.O. est préparé par des femmes et des hommes du monde ouvrier qui essaient de vivre en chrétiens les engagements de chaque jour, proposé à des femmes et des hommes à qui on ne demande aucun compte ni sur leurs croyance, ni sur leur milieu social.

Comment avez-nous vécu ce partage ?
Dans un premier temps, chacun des participants s’est présenté : des copains de l’A.C.O. des invités du monde de la santé, de la banque, d’EDF, de la médecine du travail, de l’aide à domicile. Chacun a pu dire pourquoi il était là ce soir.
Nous avons pu visionner ensuite quelques extraits d’un document DVD « La mise à mort du travail » qui analysait « comment les logiques de rentabilité pulvérisaient les liens sociaux et humains ». Mais ce sont, bien sûr, les témoignages de chacun qui ont fait, dans un deuxième temps, la richesse de cette soirée.

Pouvez-vous nous partager quelques exemples ?
Paulette a commencé par affirmer que la souffrance, c’était d’abord la situation de ceux qui n’ont ni logement, ni travail, des travailleurs précaires, des jeunes sans espoir et des très âgés bousculés dans les maisons de retraite au personnel réduit.
On est passé du monde de la banque où les objectifs à atteindre sont de plus en plus exigeants, où les gens fonctionnent comme des moutons, au monde de l’hôpital où de plus en plus de charges reposent sur de moins en moins de personnel confronté aux changements incessants de service, à la solitude face à la hiérarchie. _ "Où est l’homme ?" se demande une infirmière qui n’a plus le temps de parler aux malades.
Les améliorations des conditions de travail, les conventions collectives acquises par les luttes syndicales, c’est du passé. Aujourd’hui, le contexte économique, les relations dans l’entreprise, le poids nouveau des actionnaires créent une grande souffrance vécue souvent dans la solitude, ajoutent beaucoup de participants. Même l’aide à domicile, où les relations humaines sont primordiales, subit le contre-coup de cette société : il faut aller de plus en plus vite, parler de moins en moins, chercher de plus en plus de clients, sans pouvoir pallier à la solitude des personnes âgées.

Avez-vous évoqué des solutions ?
Pour certains dans une morale personnelle favorisant l’accueil et l’écoute, pour d’autres dans des luttes syndicales collectives, dans des projets politiques pour repenser le travail et la place de l’homme.




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