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Le Patro, c’est où ?

jeudi 16 octobre 2008

Arrivé en retard, comme à mon habitude, dans la cour vide de l’école Saint-Louis, au Puy, je ne savais trop ou diriger mes pas. M’engageant dans un hall puis un couloir, j’ai enfin entendu ce que j’étais venu rencontrer : des cris d’enfants en train de jouer. Le Patronage Clément Myionnet était là ! A vrai dire, aucun enfant n’aurait l’idée de l’appeler ainsi, pour eux c’est « le Patro ». Ils étaient neuf, trois de plus que la semaine précédente, le bouche à oreille est la meilleure des propagandes.

La météo rendant trop humide un jeu dehors, ils préparaient un match de « futsal », du foot en intérieur, sous l’autorité paisible du Frère Etienne. « Dans nos patronages, explique le Père Frédéric Laurent, c’est un frère qui est directeur ; il a la haute main sur l’organisation des activités et le prêtre s’y insère comme aumônier ».

Des religieux au service des jeunes

Le patronage est sous la responsabilité de trois religieux sous le patronage de Monsieur Vincent car, comme lui, ils veulent servir de façon concrète les milieux populaires. L’idée est de rejoindre des enfants, et par eux, des milieux, qui ne fréquentent pas les paroisses (sans pour autant exclure ceux qui y mettent les pieds). « L’apostolat dans les patronages est l’un des plus importants, mais il n’est pas exclusif. Quand j’étais à Paris, rappelle le Père Frédéric, nous nous occupions d’une soupe populaire où nous suivions une vingtaine de personnes de la rue. »

Les deux prêtres et le frère responsables du Patro, se reconnaissent aussi dans les figures de Don Bosco ou du Père Timon-David par leur souci de la jeunesse. Au Puy, ou plus exactement à Espaly où ils résident, ils sont trois : deux Pères : Frédéric Laurent et Serge Dalleau, un frère : Etienne Oriol.

Qu’est-ce qu’on fait au Patro ?

Le patronage est ouvert le mercredi et le samedi toute la journée, ainsi que le dimanche après-midi. Il est demandé aux familles de s’engager à la régularité le mercredi après-midi : c’est indispensable pour qu’un groupe se constitue et que le patronage soit bien un lieu d’éducation et pas une garderie. Chaque rencontre commence, après l’accueil, par un temps libre où il est proposé aux enfants des activités d’intérieur : des jeux de société, des parties de ping-pong… Ensuite, c’est le temps du grand jeu : plus sportif, il développe à la fois les capacités physiques et le sens du groupe. Il se déroule normalement en extérieur (sauf quand la pluie s’en mêle !). Vient ensuite le temps de l’aumônier : pendant un petit quart d’heure il propose un petit entretien aux enfants sur un thème spirituel, il est à la fois un temps d’approfondissement de la foi pour les chrétiens, et pour ceux qui ne le sont pas l’occasion de connaître quelque chose de la foi des chrétiens. Après le goûter, un second temps libre est laissé à l’initiative des enfants. Souvent une partie de foot clôt la demi journée.

Le Patro est un temps où les religieux vivent avec les enfants : ils participent aux jeux, sérieusement, car pour les enfants, le jeu, c’est sérieux. Il se crée ainsi peu à peu une familiarité, une proximité qui favorise l’ouverture du cœur, qui favorise les échanges. Là, le jeune peut poser ses questions, parler en toute franchise. Le Patro est bien un lieu d’évangélisation, de proposition de la foi comme on aime à le dire de nos jours, et pas seulement dans l’intervention de l’aumônier.

Le projet éducatif du Patro est d’aider les enfants à acquérir des éléments de règles de vie en groupe, de développer l’attention aux autres, l’esprit de service dans une ambiance de type familiale. Le but, quand le Patro a un peu d’ancienneté, est que les plus grands aient le souci des plus jeunes.

La mixité

Le Patro s’adresse aux garçons. Ce choix a soulevé pas mal de questions lors de l’arrivée des religieux au Puy. « Nous avons fait ce choix car il nous semble qu’un temps de non mixité est formateur pour l’identité de l’enfant : il est un garçon. C’est déjà vrai pour les plus jeunes, mais quand on arrive chez les ados, la mixité, avec les différences de maturité entre filles et garçons, est presque impossible à gérer dans des activités physiques et sportives qui sont au cœur de notre pédagogie. Un enseignant nous a dit : "enfin des hommes qui s’occupent des garçons !" C’est vrai que, dans l’enseignement, l’encadrement est majoritairement féminin. Et pas mal d’enfants vivent dans des familles monoparentales, ce qui le plus souvent signifie une moindre présence masculine. Au moment de l’adolescence nous voyons souvent des mamans venir nous parler de la crise de leurs garçons. »

Des religieux

En dehors des temps de Patro, pères et frères mènent une vie de communauté religieuse classique : prière de l’office, temps d’oraison, Eucharistie… Ils mènent la vie commune où les tâches sont partagées : cuisine, courses, ménage, repassage… « Nous essayons de développer notre intimité avec le Seigneur. Ou pour reprendre l’expression d’un de nos fondateurs : former Jésus-Christ en nous et attirer le monde à Lui par nos œuvres.  »

Le Patro n’en est qu’à ses balbutiements au Puy, aussi les religieux disposent-ils de temps qu’ils mettent à la disposition du diocèse : un père s’occupe de la pastorale des collégiens du Pensionnat Notre-Dame de France. Ils assurent aussi des services dominicaux. « Nous ne voulons cependant pas trop nous engager : notre priorité est le Patro, c’est le cœur de notre apostolat et nous voulons le développer. »

Vers les milieux populaires

J’ai demandé au P. Frédéric s’il n’y avait pas le risque de devenir un centre de loisirs pour « bonnes familles cathos ». « Nous ne voulons pas d’un apostolat de classe. Nous acceptons tous les enfants, m’a-t-il répondu, et il est vrai que souvent les familles cathos sont les premières à nous confier leurs enfants parce qu’elles accordent de l’importance à la dimension religieuse de l’éducation de leurs enfants ».

Des contacts ont été prix avec des responsables d’associations caritatives et des personnes s’occupant d’enfant en difficulté pour leur présenter le Patro. L’accueil, m’a-t-on dit, y a été bon.

B.P.

Contacter le Patronage Clément Myionnet : 06 45 13 84 85




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