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Les prêtres à la pénitence

lundi 24 octobre 2011

À l’invitation du Service diocésain de la Pastorale liturgique et sacramentelle, le père Jacques Rideau, responsable à Paris de ce même service au plan national, a proposé une réflexion sur le sacrement de pénitence aux prêtres du diocèse du Puy, le jeudi 20 octobre.

Un exposé complet

Avant de parler du sacrement proprement dit de la pénitence et de la réconciliation et de ses modalités pratiques, le père Rideau a pris le temps de revenir sur ces notions de pénitence et de réconciliation.

Une humanité et une société marquées par le péché

Ainsi, rappelait-il, il y a dans l’humanité tout entière, une solidarité mystérieuse avec le mal. Tout homme qui vient au monde engage dans sa liberté une complicité avec le mal déjà là. Il y a là comme un esclavage. Dans le Christ, on trouve enfin un homme sur qui le mal n’a aucune prise, le nœud est rompu. L’action du Christ en notre faveur est pardon mais aussi rédemption, libération. Dans son sacrifice pascal est scellée l’alliance nouvelle : il a tué la haine. Une vie nouvelle qui soit authentiquement selon Dieu est ouverte aux hommes. À cet égard, il est significatif que les premières paroles du Christ à ses disciples après la résurrection soit : « La paix soit avec vous ». Mais nous devons bien comprendre que la révélation de l’amour de Dieu est aussi la révélation du tragique de l’existence humaine.

Le péché est personnel, mais il aussi une dimension sociale, rappelait le père Rideau. « Nous nous entrainons les uns les autres au péché ». Le pape Jean-Paul II a particulièrement développé cet aspect : il parlait des structures de péché. Le péché des uns a des conséquences sur les autres et la société elle-même est marquée par l’injustice et le mal dûs au péché. Tout péché a une triple dimension : personnelle, sociale et ecclésiale.

La Croix source de la réconciliation

Le père Rideau a ensuite proposé de mieux comprendre ce qu’était la réconciliation dans le Christ.

La Croix révèle la profondeur du péché en mettant en vis-à-vis ce qu’il a fallu que Dieu engagea pour nous en sortir : il a fallu que Dieu lui-même s’engage, qu’il livre son propre Fils. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous. Cet engagement c’est l’amour infini de Dieu, plus grand que le péché, plus grand que notre mal, qui malgré nos refus, ne cesse de vouloir nous unir à lui. La résurrection sera l’exaucement de la prière du Christ : « Père, ne leur tient pas compte de ce péché ».

Les sacrements, qui célèbrent cet amour de Dieu ont tous, chacun à leur façon, une dimension pénitentielle, il délivre des péchés. Cela est tout particulièrement vrai des trois sacrements du Baptême, de l’Eucharistie et de la réconciliation. Chacun participe à une sorte d’harmonie pénitentielle. Par exemple, le baptême ne dispense pas du combat contre le péché, mais le baptisé sait qu’il mène cette lutte avec le Christ victorieux du mal. Le concile de Trente insistera pour dire que les sacrements, non seulement nous justifient, nous rendent justes devant Dieu, mais qu’aussi, ils nous rénovent.

Un sacrement de l’amour

Enfin, le père Rideau en est venu au sacrement lui-même.

À la différence des sacrements comme le baptême ou l’eucharistie, qui malgré les évolutions ont toujours conservé un noyau central stable, le sacrement de la réconciliation a connu des formes très variées. La pénitence antique, qui n’a jamais très bien fonctionné, prévoyait un long et rude temps de pénitence pour les baptisés ayant commis des fautes graves qui blessaient la communion ecclésiale. De plus il n’était possible qu’une seule fois. Plus tard est venu la pénitence tarifée. À chaque faute était appliquée une sanction proportionnelle à la gravité de l’acte commis. Cette fois, le sacrement n’était plus célébré publiquement mais de façon privé, et il était réitérable. Enfin, la forme prise par le sacrement à partir du XIIème siècle jusqu’à nos jours, insiste plus sur l’aveu de la faute et moins sur la pénitence qui est proposée au pénitent. Chacune de ces formes disent une dimension du sacrement : la première disait le lien au baptême (elle apparaissait comme un second baptême, une seconde chance après une chute), la pénitence tarifée parce qu’elle peut se renouveler disait plus la miséricorde de Dieu toujours offerte et la forme actuelle insiste davantage sur l’action de Dieu qui accompagne l’homme dans sa lutte contre le mal.

Le sacrement aujourd’hui

Le rituel promulgué après Vatican II insiste sur plusieurs points : la dimension communautaire de ce sacrement et le lien avec la Parole de Dieu.

Les célébrations communautaires du sacrement de la Réconciliation sont devenues habituelles. Le recours à l’absolution collective n’est pas sans soulever une question : la réconciliation serait le seul sacrement qui n’est pas donné à une personne mais à un groupe. Mais, en dehors de ces cas d’absolution collective, d’autres formes se sont développées qui mettent en avant l’aspect ecclésial du péché et de son pardon. Même quand le sacrement est célébré avec un prêtre et un seul fidèle, l’aspect ecclésial doit être présent. C’est le sens du rite, de la liturgie qui propose un certain nombre de prière, d’actes, d’attitudes qui vont dans ce sens : le « Je confesse à Dieu » qui parle des frères, le prêtre et le fidèle tournés ensemble vers la croix, la possibilité de dire ensemble le « Notre Père »…

La Parole de Dieu est parfois utilisée comme examen de conscience. Ce n’est pas la meilleure utilisation que l’on puisse en faire. Elle doit d’abord nous mettre en face de l’amour de Dieu, de sa miséricorde. La confession n’est pas seulement l’aveu des péchés, elle est aussi confession, profession de foi dans l’amour de Dieu.

Temps d’échange

Après l’exposé du père Rideau, dont nous avons donné ici que quelques aperçus, les prêtres et les animatrices laïques en pastorale présentes, ont pu partager leurs expériences et leurs questions avec le conférencier. Cela allait de la joie d’être l’instrument du retour à Dieu à l’insatisfaction de voir des jeunes fréquenter ce sacrement durant leurs années de catéchisme pour l’abandonner complètement ensuite.

Certes, et certains l’ont regretté, nul n’est parti de cette journée avec des recettes toutes faites pour redonner à ce sacrement la place qu’il devrait occuper dans la vie des croyants des communautés catholiques. Mais sans doute était-il important de prendre ce temps de réflexion.


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