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Les reliques de Louis et Zélie Martin au Puy

vendredi 9 octobre 2009, par P.B.Planche

Le sanctuaire de Lisieux a proposé que les reliques de Louis et Zélie Martin soient accueillies dans les diocèses et les communautés qui en feraient la demande afin de mieux faire connaître le visage de sainteté qu’ils proposent. Ils sont en effet le premier couple béatifié en tant que tel. La sainteté n’est pas l’exclusivité des religieux et religieuses, les couples y sont également invités, comme le montrent Louis et Zélie Martin.

Du 14 au 16 octobre, diverses communautés catholiques du Puy-en-Velay accueilleront le reliquaire contenant les restes des Bienheureux Louis et Zélie Martin. Connus pour avoir été les parents d’une des saintes les plus populaires, sainte Thérèse de Lisieux, leur sainteté personnelle a été reconnue par l’Eglise catholique. Ils ont été béatifiés à Lisieux le 19 octobre 2008.

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Reliquaire de Louis et Zélie Martin

Le programme

14 octobre

Eglise du Collège.
- 11 h 30 : arrivée des reliques
- 14 h : Vénération silencieuse
- 15 h : Célébration de prières pour les malades
- 16 h : Vêpres Eglise Saint-Laurent
- 16 h 30 : Arrivée des reliques et prière libre jusqu’à 19 h Carmel de Vals
- 19 h 30 : Arrivée des reliques 20 h 30 : Veillée de prière ouverte à tous. (La chapelle du Carmel sera ouverte jusqu’à 23 h.)

15 octobre

Carmel de Vals
- 8 h 30 : Messe à l’occasion de la fête de Ste Thérèse d’Avila, fondatrice des religieuses du Carmel Monastère Sainte Claire
- 9 h 30 : Arrivée des reliques et prière libre jusqu’à 17 h Cathédrale Notre-Dame du Puy
- 17 h 30 : Arrivée des reliques
- 21 h : Veillée de prière pour les jeunes, les familles et les vocations sacerdotales et religieuses.

16 octobre

Cathédrale Notre-Dame du Puy
- 7 h : Messe en présence des reliques.
- 9 h : Départ des reliques.

Sainte Thérèse de Lisieux et ses parents

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Sainte Thérèse de Lisieux

Sainte Thérèse de Lisieux (Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face), née Thérèse Martin, fut religieuse carmélite à Lisieux à la fin du XIX° siècle. Elle écrivit elle-même le récit de sa vie, de sa vocation et de ses difficultés spirituelles dans des textes adressées à ses sœurs du Carmel. Ce texte fut publié dans un livre intitulé « Histoire d’un âme » édité après sa mort. Il connu un succès foudroyant qui fit de l’obscure religieuse normande l’une des saintes les plus populaires du monde catholique. Le Pape Jean-Paul II la proclama Docteur de l’Eglise en 1997. (Docteur de l’Eglise signifie que l’on reconnaît dans ses écrits une expression particulièrement remarquable de la foi de l’Eglise)

Louis et Zélie sont donc les parents de Sainte Thérèse de Lisieux. Ils sont certes d’abord connus à cause de Thérèse qui, dans l’Histoire d’une âme, parle d’eux. Elle fait allusion à des lettres de sa mère la décrivant tout bébé et à sa sollicitude maternelle. De son côté, la maladie de son père, victime probablement de la maladie d’Alzheimer, tient une très grande place dans le cheminement spirituel de Thérèse. C’est à ce moment-là qu’elle ajoute à son nom de religieuse « Thérèse de la Sainte Face ». Mais ce n’est pas à cause de leur fille qu’ils furent reconnus saints, elle a simplement contribuée à les faire connaître.

Il n’est pas habituel que les reliques des saints soient ainsi déplacées de ville en ville. Sainte Thérèse aurait voulu parcourir le monde pour y être missionnaire. Elle y a finalement renoncé pour entrer dans un monastère de religieuses contemplatives cloîtrées. Après sa mort, on a eu l’idée de faire faire le tour du monde à ses reliques pour que soit accompli son rêve et pour permettre à des fidèles qui n’auraient jamais pu faire le voyage de Lisieux de venir prier auprès d’elle. Les parents suivent en quelque sorte l’exemple de leur fille : leurs reliques parcourent le monde pour annoncer que la bonne nouvelle de la famille et du couple chrétien.

Louis et Zélie Martin

« Le bon Dieu m’a donné un père et une mère plus dignes du ciel que de la terre » écrira sainte Thérèse. Quand Thérèse Martin naît, le 2 janvier 1873, Zélie, sa mère, a déjà 42 ans et Louis, son père, 50 ans. Zélie meurt quatre ans et demi après la naissance de Thérèse. Leur sainteté n’a pas commencé avec la naissance de leur plus jeune fille. C’est l’exemple parental et familial qui a été porteur.

Zélie, épouse et chef d’entreprise

Zélie nous est connue grâce à la correspondance familiale. On y voit vivre une personnalité très riche, qui ne manque pas d’humour dans sa description de la vie sociale de Lisieux. Durant l’occupation prussienne, elle fait preuve de compassion en se portant au secours d’un soldat prussien en détresse. C’est une femme active qui n’hésite pas à s’installer comme « fabricante de Point d’Alençon » procurant bientôt du travail à 18 ouvrières à domicile, qu’elle « aime comme sa propre famille ». Ses lettres échangées avec Louis, son mari, révèlent la profonde affection qui unit le couple. Les époux consacrent un temps quotidien à la prière partagée. Tout en conservant son engagement professionnel elle met au monde neuf enfants. On peut lire dans sa correspondance : « J’aime les enfants à la folie, j’étais née pour en avoir... » Les deux époux furent confrontés à la mort en bas âge de quatre d’entre eux. Ils ont transmis à leurs cinq autres filles une foi paisible, humble et ardente. Avec elles, les deux époux utilisèrent une partie de leur temps et de leur argent à aider ceux qui étaient dans le besoin. Zélie a parlé dans ses lettres de son douloureux combat contre le cancer qui l’emporte, à 46 ans, le 28 août 1877.

Louis, un père attentif

Louis, horloger-bijoutier à Alençon, fréquentait un cercle qui réfléchissait aux obligations sociales des employeurs. Après son mariage, il quittera son métier d’horloger pour seconder Zélie dans la direction de la fabrique. Veuf à 54 ans, il se révèle père attentif à chacune de ses filles, bientôt prêt à consentir à leur projet de vie religieuse. Après l’entrée de Thérèse au Carmel, commence pour lui, à 65 ans, l’épreuve de la maladie (des troubles neuro-psychiatriques). Pendant les périodes de rémission, on le voit s’occuper des malades qui l’entourent.

La sainteté d’un foyer chrétien

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Le reliquaire

A travers leur vie conjugale, familiale et professionnelle, Louis et Zélie ont fait de leur vie quotidienne quelque chose d’héroïque et de l’héroïsme quelque chose de quotidien. Ils constituent donc un point de repère pour les époux et pour chaque famille chrétienne. On prie donc avec eux tout spécialement pour les couples et les familles.

Prier auprès de reliques

La prière auprès du tombeau des saints, tout particulièrement des martyrs, remonte à la plus haute antiquité. On trouve d’ailleurs des pratiques de cet ordre dans la plupart des civilisations : les reliques de Bouddha ou celles de Mahomet par exemple.

Dans le christianisme, prier auprès de reliques est une manière de se rendre plus proche du saint ou de la sainte invoquée, pour s’imprégner de son exemple et pour solliciter son intercession. De nombreuses dérives on pu avoir lieu, principalement au Moyen-Age. Aussi les autorités de l’Eglise ont dû régulièrement intervenir pour modérer des excès de piété désordonnés.

Il ne s’agit en rien de prêter aux reliques des saints des vertus magiques. La prière autour des reliques n’a de sens que dans le but de se sentir plus proche de celui ou de celle que l’on invoque et d’ouvrir davantage son cœur à l’amour de Dieu et du prochain, comme les saints qui nous ont précédés ont su le faire.

Dans l’Antiquité, il était hors de question de déplacer les corps une fois leur sépulture devenue définitive. On construisait des églises sur leur tombeau, comme les basiliques de Saint Pierre à Rome ou de Saint Julien à Brioude. Par la suite, les invasions barbares, qui occasionnèrent de nombreuses destructions, obligèrent à mettre en sécurité les corps des saints. Chaque église réclamait alors une partie du corps du saint : on vit ainsi des églises conserver la tête ou le tibia d’un saint. Les croisades donnèrent lieu au transfert de reliques depuis l’Orient vers l’occident. Sans doute aussi de fausses reliques furent-elles introduites.

A l’époque moderne, le culte des reliques a perdu beaucoup de son importance. Cependant, les tombes de saints ont continuées à drainer la foule des pèlerins : à Lisieux auprès de sainte Thérèse, à Nevers auprès de Sainte Bernadette, à Ars auprès de Saint Jean-Marie Vianney et, bien sûr, à Compostelle sur le tombeau supposé de Saint Jacques.




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