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Lettre apostolique du Pape Jean-Paul II sur la sanctification du dimanche (Extraits)

lundi 15 décembre 2008

[...] La richesse spirituelle et pastorale du dimanche, telle que la tradition nous l’a transmise, est vraiment grande. Prise dans toute sa signification et avec toutes ses implications, elle est en quelque sorte une synthèse de la vie chrétienne et une condition pour bien la vivre. On comprend donc pourquoi l’observance du jour du Seigneur tient particulièrement à cœur à l’Église, et pourquoi elle reste précisément une véritable obligation dans le cadre de la discipline ecclésiale. Cette observance, avant même d’être un précepte, doit cependant être ressentie comme un besoin inscrit au plus profond de l’existence chrétienne. Il est vraiment d’une importance capitale que tout fidèle soit convaincu qu’il ne peut vivre sa foi dans la pleine participation à la vie de la communauté chrétienne sans prendre part régulièrement à l’assemblée eucharistique dominicale. Si dans l’Eucharistie se réalise la plénitude du culte que les hommes doivent à Dieu, et qui n’a d’équivalent dans aucune autre expérience religieuse, cela s’exprime avec une efficacité particulière dans l’assemblée dominicale de toute la communauté, obéissant à la voix du Ressuscité qui la convoque pour lui donner la lumière de sa Parole et la nourriture de son Corps comme source sacramentelle permanente de rédemption. La grâce qui jaillit de cette source renouvelle les hommes, la vie, l’histoire.

C’est avec cette forte conviction de foi, accompagnée aussi de la conscience du patrimoine de valeurs humaines présentes dans la pratique dominicale, que les chrétiens d’aujourd’hui doivent se situer par rapport aux sollicitations d’une culture qui a, et c’est heureux, compris la nécessité du repos et du temps libre, mais qui la vit souvent de manière superficielle et qui se laisse parfois séduire par des formes de divertissement qui sont moralement discutables. Certes, le chrétien se sent solidaire des autres hommes pour jouir du jour de repos hebdomadaire ; mais en même temps il est vivement conscient de la nouveauté et de l’originalité du dimanche, jour où il est appelé à célébrer son salut et celui de l’humanité entière. Si c’est un jour de joie et de repos, cela vient précisément du fait qu’il est le « jour du Seigneur », le jour du Seigneur ressuscité.

Perçu et vécu ainsi, le dimanche devient un peu l’âme des autres jours, et en ce sens on peut rappeler la réflexion d’Origène, selon qui le chrétien parfait « est sans cesse dans les jours du Seigneur et célèbre sans cesse des dimanches ». (131) Le dimanche est une école authentique, un itinéraire permanent de pédagogie ecclésiale. Pédagogie irremplaçable, surtout dans les conditions actuelles de la société, toujours plus fortement marquée par la désagrégation et par le pluralisme culturel qui mettent continuellement à l’épreuve la fidélité des chrétiens aux exigences spécifiques de leur foi. Dans de nombreuses parties du monde s’amorce la condition d’un christianisme de la « diaspora », c’est-à-dire marqué par une situation de dispersion où les disciples du Christ n’arrivent plus à maintenir facilement le contact entre eux et où ils ne sont plus soutenus par les structures et les traditions propres à la culture chrétienne. Dans ce contexte problématique, la possibilité de se retrouver le dimanche avec tous leurs frères dans la foi, en échangeant les dons de la fraternité, est une aide irremplaçable.

Destiné à soutenir la vie chrétienne, le dimanche acquiert naturellement aussi une valeur de témoignage et d’annonce. Jour de prière, de communion, de joie, il se reflète sur la société, irradiant des énergies de vie et des motifs d’espérance. Il est l’annonce que le temps, habité par Celui qui est ressuscité et qui est le Seigneur de l’histoire, n’est pas le tombeau de nos illusions mais le berceau d’un avenir toujours nouveau, la possibilité qui nous est donnée de transformer les instants fugitifs de cette vie en semences d’éternité. Le dimanche est une invitation à regarder en avant, il est le jour où la communauté chrétienne lance au Seigneur son cri « Marána tha : viens, Seigneur ! » (1 Co 16,22). Dans ce cri d’espérance et d’attente, elle accompagne et soutient l’espérance des hommes. Et de dimanche en dimanche, éclairée par le Christ, elle avance vers le dimanche sans fin de la Jérusalem céleste, quand sera achevée en tous ses éléments la Cité mystique de Dieu, qui « peut se passer de l’éclat du soleil et de celui de la lune, car la gloire de Dieu l’a illuminée, et l’Agneau lui tient lieu de flambeau » (Ap 21,23).




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