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Lettre pastorale sur l’espérance

jeudi 28 novembre 2013, par Henri Brincard

Message de Mgr Henri Brincard, évêque du Puy-en-Velay, pour l’entrée en Avent 2013.

Chers diocésains,

Voulue par le pape Benoît XVI, « l’année de la Foi » s’est achevée, il y a peu, en la fête du Christ, Roi de l’Univers. La foi est une porte grande ouverte par laquelle Jésus nous apporte la lumière de son amour pour le Père et pour chacun d’entre nous.

En ces temps difficiles de crise économique et de crise des valeurs, beaucoup de nos contemporains vivent des situations de précarité, de chômage, de maladie ou de séparation familiale. En Haute-Loire, nos agriculteurs, confrontés à de graves problèmes de rentabilité de leurs exploitations, sont tentés de désespérer. Alors comment parler de l’Espérance chrétienne sans paraître oublier les réalités auxquelles nous sommes confrontés quotidiennement ? Jésus, notre sauveur et notre Dieu, dans sa personne, sa vie et son enseignement nous donne une réponse. Nous affirmons même qu’il est la Réponse, la seule qui puisse nous combler et donner un sens à nos vies.

« Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, je vous procurerai le repos »

Notre espérance s’enracine dans la foi. En effet, la foi nous fait découvrir qui est Jésus, ce qu’il a fait pour nous et ce qu’il attend de nous. Après l’année de la Foi, année offerte à l’Église par Sa Sainteté Benoît XVI et continuée par le pape François, tournons à présent notre regard vers le Christ, notre unique Espérance. Nous ferons donc de 2014 une année de l’espérance et une étape préparatoire au Grand Jubilé. En effet, en 2016, dans notre diocèse, nous aurons la grâce de célébrer ce jubilé, un évènement exceptionnel qui a lieu lorsque le 25 mars, solennité de l’Annonciation du Seigneur, coïncide avec le Vendredi saint.

L’espérance est un immense désir du bonheur que Jésus, par sa croix et sa résurrection, veut nous donner en plénitude. Certes, être heureux est un désir déjà inscrit par notre Créateur au plus profond du cœur de l’homme. Mais découvrir par la foi combien Jésus veut que nous soyons heureux d’un bonheur que « l’œil n’a pas vu ni l’oreille entendu » fait naître une espérance qu’aucune épreuve de la vie ne peut altérer. Comment est-ce donc possible ? Souvenons-nous alors que la foi nous révèle que Jésus, le Seigneur des seigneurs, a pris sur Lui notre condition humaine avec son poids de péchés et de souffrances. Le Sauveur du monde veut nous délivrer de ce poids afin de nous procurer le repos véritable. Certes, il nous faut chercher à limiter la souffrance, à lutter contre elle. Cependant soyons pleinement conscients que nous ne pouvons l’éliminer. « Ce n’est pas le fait d’esquiver la souffrance, de fuir devant la douleur qui guérit l’homme mais la capacité d’accepter les tribulations et de mûrir par elles, d’y trouver un sens par l’union au Christ qui a souffert avec un amour infini. » L’espérance nous donne alors la force de suivre Jésus en prenant à notre tour la croix de l’épreuve, de souffrances diverses, d’échecs apparents et de lourdes contradictions. « Jamais Jésus sans la croix ». « Jamais la croix, sans Jésus ». Une telle conviction, née de la foi, ouvre aux croyants le chemin de l’espérance. En effet, le croyant sait que Jésus ne lui dit pas « Aime la souffrance » mais « à ma suite et avec mon aide aime dans la souffrance et souffre dans l’amour ».

« Prenez sur vous mon joug »

L’Évangile des béatitudes nous rappelle que le bonheur véritable ne se trouve pas dans le confort et la vie facile mais dans une vie donnée à Dieu et aux autres.

Désirer intensément le salut qui nous sort de notre égoïsme et de la prison de notre orgueil, désirer profondément être plus uni à Jésus et en Lui à nos frères, désirer ardemment voir au terme de notre vie, Celui que sur cette terre nous avons cherché à aimer et à servir, tel est le désir qui a pour nom l’espérance. Œuvre en nous de l’Esprit Saint, ce désir, assume en les purifiant et en les dépassant les désirs excessifs des biens passagers. En effet, ces biens, s’ils sont d’excellents serviteurs sont de mauvais maîtres. La purification qu’opère en nous l’espérance ne se fait pas sans souffrance. Ceux qui ont des enfants le savent bien. L’éducation entraîne des souffrances et parfois des incompréhensions mais elle est finalisée par le bien de l’enfant. En effet, aimer c’est vouloir le bien de l’autre et vouloir qu’il se dépasse dans le don de lui-même.

Imitons Jésus quand il écoute la souffrance de la Samaritaine, quand il pardonne, quand il console, quand il guérit les cœurs, et nous serons ainsi des porteurs d’espérance en étant les porteurs de l’amour de Dieu. C’est ce qu’on appelle la compassion divine qui n’est rien d’autre qu’un amour tout puissant se faisant proche.

Notre Église diocésaine est appelée à témoigner de l’espérance dont le monde a tant besoin. J’ai eu la joie d’ordonner deux nouveaux diacres, il y a quelques semaines. Leur mission est justement d’être attentifs « aux joies et aux espoirs » de notre monde et d’être, à un titre particulier, les serviteurs de l’espérance chrétienne.

En juin dernier, j’ai ordonné deux jeunes prêtres. C’est pour notre diocèse un grand signe d’espérance et un appel à prier le Maître de la moisson d’envoyer de nombreux ouvriers !

Nos paroisses, nos mouvements et nos aumôneries sont des lieux d’apprentissage de l’espérance parce qu’ils sont des lieux où Jésus Sauveur est annoncé. En plusieurs endroits de notre diocèse fleurissent aussi des groupes de prière ou de lecture de la Parole de Dieu. Ce sont encore des signes d’espérance dont nous nous réjouissons.

D’ici quelques semaines, je commencerai la visite pastorale de la ville du Puy. J’aurai ainsi l’occasion de partager avec des confrères prêtres, des diacres, et des fidèles laïcs le poids de la mission confiée à l’Église de Dieu qui est au Puy. Je rendrai grâce avec beaucoup pour les fruits que la mission produit déjà.

Emportés par l’élan de Diaconia, vous avez été nombreux à vous mettre au service de vos frères dans les paroisses, les associations, les mouvements et les aumôneries. Je vous invite maintenant à vous poser la question : « Comment le Seigneur m’appelle-t-il à être pour le monde une flamme d’Espérance ? Où puis-je être témoin du Christ sauveur ? »

Le modèle de l’espérance chrétienne est la Vierge Marie. Dans l’Évangile, elle nous est toujours montrée dans une attente joyeuse, paisible et dynamique. Marie est, à chaque moment, désireuse d’accomplir pleinement la volonté de son Fils. En ce temps qui nous prépare à Noël, faisons nôtre la belle prière de Benoît XVI : « Sainte Marie, Mère de Dieu, Notre Mère, enseigne-nous à croire, à espérer et à aimer avec toi. Indique-nous le chemin vers son règne ! Etoile de la Mer, brille sur nous et conduis-nous sur notre route ! »

Chers diocésains, Saint Avent ! En avant, dans l’Espérance, avec Marie !

+ Henri Brincard Évêque du Puy-en-Velay




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