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Message de carême de Mgr Brincard

jeudi 27 février 2014, par Henri Brincard

Mgr Brincard adresse un message à tous les catholiques de Haute-Loire à l’occasion du début du Carême 2014. Il les invite à répondre généreusement aux appels du Pape François. Il adresse aussi un encouragement tout spécial aux familles et appelle les catholiques à vivre un Carême marqué par la bienveillance. (sous-titres de la rédaction du site diocésain)

Chers diocésains,

Je suis de retour dans le diocèse et très heureux d’être parmi vous. Cependant, les soins dont je bénéficie exigent des absences qui alterneront, par conséquent, avec les périodes où je serai au Puy. Je vous remercie à nouveau de tout cœur de votre prière et des nombreuses marques de sympathie dont vous m’avez entouré. Cela m’a beaucoup aidé. Je me sens très proche des frères et sœurs malades ainsi que de ceux et celles qui font partie du monde de la santé. Je n’oublie pas, bien entendu, notre commission diocésaine de la pastorale de la santé qui œuvre, avec tant de générosité et de clairvoyance, au service d’un milieu ayant grand besoin de compréhension et d’encouragement.

Le Carême : temps de la pauvreté

Alors que nous entrons dans le temps du carême, pendant lequel le Seigneur nous invite à suivre son Fils de plus près, je souhaite me tourner vers Lui dont l’amour infini nous accompagne où que nous soyons et quelles que soient nos difficultés. Je voudrais rendre grâce au Seigneur pour tout ce qu’il nous donne, et en particulier pour chacun d’entre vous. Vous êtes, chacun, des cadeaux de Dieu pour moi et pour l’ensemble du diocèse. Puissiez-vous le découvrir toujours plus et demander au Seigneur de faire grandir en vous les dons dont il vous comble ! Oui merci Seigneur, pour ceux qui se donnent à leurs frères, qui servent les plus pauvres faisant ainsi vivre dans notre diocèse l’esprit de Diaconia. Les pauvres sont trop souvent les oubliés de notre société qui court à sa perte lorsqu’elle met ses espoirs dans les valeurs illusoires de l’argent et du pouvoir.

Répondre aux appels du pape François

Depuis un an, notre pape François nous invite à sortir de notre enfermement, à nous ouvrir aux autres et à rejoindre les « périphéries » d’un monde qui a besoin d’une compassion sans limites, celle-là même de Jésus dans l’Évangile. Dans son message de carême, le pape rappelle combien nous devons porter haut et courageusement les valeurs de l’Évangile afin que, par notre témoignage, nous répondions concrètement à la misère matérielle, morale et spirituelle de notre monde quand il s’éloigne de Dieu. Écoutons le pape François nous dire avec des mots interpellant directement nos communautés ainsi que chacun d’entre nous personnellement : « L’Évangile est l’antidote véritable à la misère spirituelle : le chrétien est appelé à porter en tout lieu cette annonce libératrice selon laquelle le pardon pour le mal commis existe, selon laquelle Dieu est plus grand que notre péché et nous aime gratuitement et toujours, selon laquelle nous sommes faits pour la communion et pour la vie éternelle. Le Seigneur nous invite à être des hérauts joyeux de ce message de miséricorde et d’espérance ! Il est beau d’expérimenter la joie de répandre cette bonne nouvelle, de partager le trésor qui nous a été confié pour consoler les cœurs brisés et donner l’espérance à tant de frères et de sœurs qui sont entourés de ténèbres ».

J’ai proposé aux communautés chrétiennes du Puy « un temps fort » remplaçant la visite pastorale que j’avais projetée et même préparée. Je me réjouis beaucoup que mon appel ait été entendu et que, de multiples initiatives qui en annoncent certainement d’autres, aient déjà été prises pour traduire en acte notre ferme volonté d’annoncer la Bonne nouvelle dans tous les milieux de vie. C’est dire que ce temps fort a pour objet de développer un nouvel élan missionnaire. Dans « l’Évangile de la joie », le pape François répète avec insistance que le dynamisme de la mission a sa source dans un recentrement constant sur le Christ et donc d’un approfondissement incessant de l’Évangile afin de devenir les « disciples missionnaires » du Christ Ressuscité.

Un Carême de Bienveillance

Pendant ce temps du carême, chacun trouvera le chemin d’un tel « recentrement » en ayant tout simplement recours aux moyens que l’Église recommande. Je vous rappelle ces moyens : une prière plus régulière et plus intense, l’aumône c’est-à-dire le partage avec diverses formes…enfin le jeûne.

Cette année, je tiens à insister sur une forme de jeûne à laquelle on ne pense pas assez, celle de la langue. En effet, la langue nous est donnée pour louer le Seigneur et construire des relations humaines par des paroles bienveillantes. Reconnaissons-le franchement : c’est trop rarement le cas. Alors luttons énergiquement contre notre détestable habitude de dénigrer le prochain et aussi de porter gravement atteinte à sa réputation par des jugements téméraires. Je recommande vivement le jeûne des vains bavardages et des paroles oiseuses, des critiques destructrices et des jugements faciles. A ce sujet, écoutons la Parole de Dieu : « Aucune parole mauvaise ne doit sortir de votre bouche ; mais, s’il en est besoin, dites une parole bonne et constructive, bienveillante pour ceux qui vous écoutent ».

Soyons donc, par nos paroles, artisans d’unité et de paix autour de nous. Mais pour cela nous avons bien besoin du Christ et de sa grâce afin que sa bonté nous envahisse et que nous la diffusions autour de nous. Cette grâce nous est offerte en abondance dans le sacrement de la réconciliation, un sacrement dont la méconnaissance engendre, dans la vie chrétienne, indifférence, tiédeur et même des doutes mettant en cause notre foi. Le temps du Carême est un temps privilégié pour recevoir plus régulièrement le pardon du Christ ou tout simplement pour reprendre le chemin du sacrement de la réconciliation. Profitons donc du Carême pour ouvrir largement notre cœur, dans la vérité et la confiance, à la miséricorde de Dieu dont vos prêtres et votre évêque sont les premiers serviteurs. Citons cette belle parole du Curé d’Ars qui augmentera notre désir : « La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage ».

Aux prêtres

Chers confrères prêtres, n’oublions pas que nous sommes nous aussi les premiers à avoir besoin de la miséricorde divine que nous avons tant de joie à donner aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui car nous savons qu’ils ont besoin de se découvrir aimés de Dieu et de retrouver l’espérance permettant de surmonter les épreuves de l’existence. Permettez-moi de résumer mon propos par cette Parole de Dieu : « Abaissez-vous donc sous la main puissante de Dieu, pour qu’il vous élève en temps voulu. Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, puisqu’il prend soin de vous. » (1P 5, 5-7).

Aux familles

Chères familles, je tiens maintenant à m’adresser plus particulièrement à vous. Vous savez combien l’Église vous aime et veut vous aider de plus en plus. Le pape François vient de vous adresser une très belle lettre que je vous demande de lire avec attention. Dans cette lettre, que vous trouverez sur internet ou mise à votre disposition dans vos paroisses, le pape François sollicite avec insistance votre prière notamment au moment où l’Église universelle prépare une Assemble synodale consacrée à la famille.

Le Saint-Père précise que cette Assemblée sera suivie, en 2015, de l’Assemblée ordinaire qui portera sur le même thème de la famille ». Le pape conclut sa lettre en disant avec insistance : « Votre prière pour le synode des évêques sera un précieux trésor qui enrichira l’Église ».

Chères familles, vous êtes au cœur d’une grande tempête qui secoue les assises mêmes de la société. C’est pourquoi j’ai particulièrement à cœur de vous redire non seulement mon affection mais aussi de vous apporter mon ferme soutien et de conforter ainsi votre espérance. L’Église est une famille, il est donc normal que le premier visage de l’Église que nous voulons donner soit celui de la famille. L’Église n’est pas d’abord une institution, une organisation, un ensemble de structures ; l’Église est un mystère par lequel Dieu se révèle comme source de l’Amour. Comme le disait le « bientôt saint » Jean Paul II, la famille est l’icône de la Trinité. Dans notre Église diocésaine, soyons courageux, inventifs et audacieux pour promouvoir la famille. Alors un très grand merci aux familles qui sont les piliers de notre société et aussi de notre Église diocésaine.

Gardez courage ! Je sais, chères familles, combien vous peinez à garder l’Espérance au cœur d’un monde qui vous oublie trop souvent parce que l’individualisme devient fréquemment la règle. Mais votre fidélité saura vaincre, avec la grâce de Dieu, tous les obstacles. Notre diocèse travaille activement, dans les paroisses, dans les mouvements, dans la commission diocésaine de la famille pour que nous puissions mieux répondre à vos attentes. Faites nous donc de mieux en mieux connaître ce que vous attendez de nous. Réfléchissez ensemble, en famille et par petits groupes, afin savoir comment notre Église diocésaine peut répondre à vos aspirations.

Demandez-vous aussi comment vos paroisses peuvent vous faire connaître ce qu’elles attendent de vous. Afin de faciliter les échanges au sein de votre famille, avec d’autres familles, avec les communautés paroissiales ou les mouvements auxquels vous appartenez, je vous propose, parmi d’autres suggestions que le Saint-Esprit vous inspirera, de vous poser les questions suivantes :
- La famille participe à la mission de l’Église. En quoi consiste cette participation ?
- Que signifie être un ‘disciple missionnaire de Jésus au sein de ma famille ? Par rapport aux familles que je rencontre ? Par rapport à la communauté paroissiale à laquelle j’appartiens ?
- Que signifie pour notre famille d’aller à la périphérie comme nous y invite le pape François ?

Prendre le chemin de Pâques

Chers diocésains, sur le chemin qui nous conduit à Pâques, prenons en quelque sorte la main de la Vierge Marie. Elle est le reflet de la bonté et de la bienveillance de Dieu. Elle sait nous encourager pour que nous comprenions que Dieu nous aime d’un amour personnel, qu’il ne compare pas, comme nous avons trop tendance à le faire, mais qu’il se réjouit de nos différences et des dons multiples et différents qu’il a mis lui-même dans nos cœurs pour mieux aimer. Faisons de ce Carême une grande marche vers Pâques, marche qui au terme nous permettra de dire avec une immense joie dans le cœur : « Le Christ est ressuscité ; Oui, il est vraiment ressuscité ! »

+ Henri Brincard
Évêque du Puy-en-Velay




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