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Mgr Brincard : 25 ans d’épiscopat

dimanche 29 septembre 2013, par P.B.Planche

Mgr Brincard a été ordonné 105ème évêque du Puy-en-Velay le 2 octobre 1988. Le 28 septembre 2013, son diocèse a fêté ses vingt-cinq ans d’épiscopat.

cliquer ici pour l’album de l’ordination de Mgr Brincard

Homélie de Mgr Brincard

Aujourd’hui, dans mon cœur d’évêque, il n’y a qu’action de grâce et espérance. Dans la lumière du Christ Ressuscité, je vous salue avec une grande affection.

Tout d’abord, le peuple que le Seigneur en sa miséricorde m’a confié, peuple que j’aime tant et qui compte beaucoup pour moi. Je salue tout particulièrement mes frères et sœurs malades.
Ensuite mes frères dans l’épiscopat, Mgr Claude Feidt, évêque émérite d’Aix et d’Arles et Mgr Jacques Perrier, évêque émérite de Tarbes et de Lourdes.
Puis mes frères prêtres qui sont « ma joie et ma couronne ». Je me sens aujourd’hui particulièrement proche des confrères éprouvés dans leur santé ou connaissant des épreuves diverses. Chers frères prêtres, vous êtes les coopérateurs avisés de l’ordre épiscopal. Pour votre évêque, vous êtes à la fois des fils et des amis. Une intime fraternité vous lie entre vous en raison de la communauté d’ordination et de mission. A ce propos, je n’oublie pas les frères prêtres venus de loin pour ce jubilé. Je n’oublie pas non plus les frères prêtres qui, par divers chemins, enrichissent notre presbyterium de leur dévouement sacerdotal.
Je salue mes frères diacres qui servent si généreusement le peuple de Dieu, je salue les consacrés contemplatifs ou exerçant un apostolat au service du bien de tous. Je rends grâce également pour les vierges consacrées que notre diocèse a le bonheur d’avoir.
Je salue de manière particulière les fidèles du Christ qui, dans les divers milieux où ils se trouvent rendent témoignage au Sauveur du monde.
Je rends grâce pour ma famille à laquelle je dois tant ! Comment ne pas évoquer mes parents et tous mes proches entrés dans la patrie de toujours. Beaucoup d’amis venus parfois de loin se trouvent au milieu de nous ; ils sont autant de lumières sur mon chemin.
Aujourd’hui, je me sens très uni à mes frères de la Réforme ou appartenant à d’autres traditions religieuses. Je leur adresse un salut fraternel et très respectueux.
Je voudrais aussi remercier les membres de l’Alliance des Directeurs et Directrices de l’Enseignement chrétien. J’ai présidé cette Alliance pendant de nombreuses années au nom de la Conférence épiscopale.
Je termine cette litanie d’action de grâce en disant que je suis uni à tous les priants ainsi qu’à ceux qui participent à cette célébration par la radio.

En cette année de la foi, voulue par le prédécesseur de notre pape François, nous sommes tous appelés à nous recentrer sur le Christ et à répondre de plus en plus fidèlement à l’appel à la sainteté, appel inscrit dans la grâce de notre baptême. La procession d’entrée nous a aidés à nous souvenir de cet appel afin d’en vivre plus intensément. Près des fonts baptismaux de la cathédrale, nous avons fait le signe de croix, signe de la vie nouvelle que le Ressuscité nous donne par sa croix glorieuse. La croix est « la plus brillante étoile des miséricordes divines ».
En faisant mon signe de croix, je me suis souvenu de l’homélie prononcée par saint Augustin à l’occasion d’un anniversaire de son ordination épiscopale : « Depuis que Dieu a imposé à mes épaules ce fardeau, qui comporte une responsabilité si difficile, le soin de mon honneur me rend continuellement soucieux. – Qu’est-ce qui nous effraye dans cette charge épiscopale ? C’est de trouver plus de charme à ce qui est dangereux en nous donnant de l’honneur, qu’à ce qui est fructueux en vous procurant le salut. Ce que je suis pour vous me terrifie, mais ce que je suis avec vous me console : car pour vous je suis évêque, avec vous je suis chrétien. Le premier titre est celui d’une charge, le second d’une grâce. Celui-là désigne le péril, celui-ci le salut ».
En faisant le signe de croix, je me suis aussi et surtout souvenu de ce que le Concile Vatican II dit de l’appel universel à la sainteté dans l’Église : « Dans l’Église tous qu’ils appartiennent à la hiérarchie ou qu’ils soient régis par elle, sont appelés à la sainteté selon la parole de l’apôtre : « Oui, ce que Dieu veut, c’est votre sanctification. » (1 Tes 4, 3).

Ecoutons maintenant le pape François nous dire : « Je vois la sainteté du peuple de Dieu dans sa patience : une femme qui fait grandir ses enfants, un homme qui travaille pour apporter le pain à la maison, les malades, les vieux prêtres qui sont tant de blessures mais qui ont le sourire parce qu’ils sont servi le Seigneur, les sœurs qui travaillent tellement et qui vivent une sainteté cachée. Cela est pour moi la sainteté commune ».
Dans ma charge pastorale d’évêque, à l’imitation de l’unique berger, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. C’est dire que ma tâche est de construire des ponts entre Dieu et vous. Je vous reçois de l’unique pasteur comme mes brebis. Je suis appelé à vous conduire à Jésus Christ dans la lumière d’une foi vigoureuse, d’une espérance sans défaillance, d’une charité ardente. En un mot, comme évêque et avec une grâce particulière attachée à l’épiscopat, j’ai la charge de favoriser votre rencontre avec Jésus par l’annonce de la Parole de vie et aussi par les sacrements.
Ainsi que saint Paul vient de nous le rappeler, j’ai aussi la mission de veiller sur vous, de vous protéger des « loups féroces » qui s’introduisent chez vous. Ces loups, saint Paul les caractérise par des paroles qui sonnent comme un avertissement : « même parmi vous surgiront des hommes qui tiendront des discours mensongers pour entraîner les disciples à leur suite ». C’est dire qu’un évêque parle à temps et à contretemps en se souvenant que « le qu’en dira Dieu » est plus important que le « qu’en dira-t-on ».
Enfin, l’évêque est appelé à servir le peuple dont il a la charge en l’aidant à proclamer les merveilles de Dieu qui nous a appelés des « ténèbres à son admirable lumière ».

Tel le feu qui éclaire en brûlant, c’est par sa manière de vivre que le chrétien attire vers le Christ. Le pape François a souligné que la mission de l’Église est aujourd’hui avant tout une mission de compassion. En chaque personne, il y a, en effet, des blessures et souvent de très grandes souffrances. Comment guérir les blessures, comment apaiser les souffrances sinon en devenant proche de chacun par un amour plus grand que notre cœur, l’amour sauveur du Christ, crucifié et glorifié. Nous recevons cet amour avant de le communiquer tel le bassin de la fontaine transmettant par son débordement l’eau vivifiante de la source. L’amour reçu du cœur de Jésus a pour nom bienveillance, gratuité, justice et miséricorde, surabondance, pardon, service.
En ce jour d’action de grâce, je suis plus que jamais invité à me reconnaître pécheur. Un interlocuteur pose au pape François la question : « Mais qui êtes-vous ? » Il répond simplement : « Je suis un pécheur sur lequel Jésus a posé son regard ». Je désire faire mienne cette réponse admirable en disant : « Tes miséricordes, Seigneur, je les chanterai éternellement ».

Chers frères et sœurs, aidez-moi de votre prière. Je suis le premier à avoir besoin de Jésus Christ qui est venu, « non pas pour les justes mais pour les pécheurs ». Que tout ce qui a pu vous blesser dans mon comportement et dans mes paroles me soit pardonné par Celui qui est la Miséricorde même. Seigneur, toi qui est le Bon Pasteur, aide-moi à mieux connaître les brebis que tu m’as confiées, aide-moi à offrir davantage ma vie pour elles.
Permettez-moi enfin de vous lancer un appel avec les paroles de saint Augustin : « Rendez notre ministère fructueux. Vous êtes le champ que Dieu cultive. Recevez au dehors celui qui plante et qui arrose mais au-dedans celui qui donne la croissance. Secondez-nous par la prière et l’obéissance afin que nous ayons la joie non pas tant d’être votre supérieur que votre bienfaiteur ».

En concluant, je désire me confier spécialement ainsi que chacun d’entre vous et mon diocèse, à la Vierge Marie, Notre-Dame du Puy, vénérée ici même avec tant d’amour depuis des siècles. Ainsi que le dit le concile Vatican II : « Marie brille déjà comme un signe d’espérance assurée et de consolation devant le peuple de Dieu en pèlerinage ». Oui, la Vierge Marie a été et demeure un signe d’espérance sur cette terre mariale qu’est la Haute-Loire, terre sur laquelle ont fleuri tant de sanctuaires dédiés à la Mère de l’Eglise. Aujourd’hui, ces sanctuaires sont au cœur de la nouvelle évangélisation à laquelle l’Eglise en la personne du successeur de Pierre nous convie avec tant d’insistance.

« Vierge de l’Annonciation,
notre mère à la croix,
apprends-nous, dans la joie, comme dans l’épreuve,
à accomplir la volonté de ton Fils Jésus,
Le même, hier, aujourd’hui et à jamais ».




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