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Noël : le temps de la Paix et du pardon

mardi 21 décembre 2010

Mgr Brincard a répondu aux questions de Stéphane Longin, de RCF Haute-Loire, sur le sens de Noël. "A Noël il y a les cadeaux et le cadeau : ce grand cadeau, c’est l’amour de Dieu qui vient jusqu’à nous par le chemin de Noël". Retrouvez l’entretien de Mgr Brincard.

Ecoutez l’interview de Mgr Brincard

Transcription de l’entretien de Mgr Brincard*

Stéphane Longin : Monseigneur, il serait peut-être bon de rappeler le sens de la fête de Noël au moment où beaucoup attendent des cadeaux ?
Les cadeaux, dont vous nous parlez, nous rappellent le plus grand des cadeaux : Jésus. En effet, à Noël, Dieu se donne à nous, en son Fils, et les présents que nous offrons rappellent ce grand don de Dieu qu’est son Fils. Pour vivre la joie de Noël, il est important de découvrir l’amour de Dieu pour nous, amour qui se manifeste en Jésus. Aussi mon premier vœu de Noël est-il que chacun puisse découvrir combien il est aimé de Dieu.
En regardant le petit enfant de la crèche, signe nous rappelant comment Dieu est venu vers nous, que chacun se dise : « Il est venu pour moi ! » Noël, c’est d’abord cela : Dieu s’est rendu proche par ce petit enfant, vrai Dieu et vrai homme. Saint François d’Assise était si ému par cette venue de Dieu qu’il a eu l’idée géniale de faire la première crèche, une représentation visible nous aidant à découvrir l’invisible.

Pour rester sur le thème du grand et des petits cadeaux, il est sans doute plus facile d’ouvrir les petits cadeaux que de s’ouvrir au grand. Comment tous ceux qui vont participer à la célébration de Noël peuvent s’y préparer ?
Le cheminement de chacun est personnel, mais je crois qu’il faut partir de ce principe qu’il y a dans notre cœur un désir fondamental que Noël réveille : le désir d’aimer et celui d’être aimé. Pour ceux qui ont déjà la foi, c’est-à-dire qui croient à l’immense amour de Dieu pour les hommes, amour manifesté en Jésus, la fête de Noël est un appel à mieux connaître Jésus car plus nous le connaissons, plus nous l’aimons. Nous le savons déjà au plan de la relation humaine : l’ignorance est ennemie de l’amitié. Il en va de même avec le Christ : l’ignorance nous joue de mauvais tours. Il ne faut pas imaginer Noël mais revenir à la Parole de Dieu qui nous éclaire sur cet amour insondable de Dieu pour nous. Donc, un petit conseil : relisons l’Evangile de la nuit de Noël et méditons-le, c’est-à-dire essayons d’en découvrir le sens profond pour chacun d’entre nous, là où nous sommes, et comprenons mieux notre responsabilité de l’annoncer par le témoignage et par la parole à nos frères.
J’unis toujours à Noël la joie et la paix, don de Dieu. Quand je prie pour la paix, je reconnais que Dieu en est la source. Mais prier pour la paix, ce n’est pas se dispenser d’en être l’artisan. En effet, nous avons à rayonner cette paix dans nos milieux de vie, dans nos familles, dans nos communautés chrétiennes. Nous pouvons le faire de bien des manières, et notamment en pardonnant.
A la croix, Dieu nous a réconciliés avec lui par un pardon que Jésus nous a obtenu : «  Père, pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font." Noël est un moment où il faut se poser la question : quelles sont les réconciliations nécessaires ? Comment les vivre en famille ? Comment les vivre avec ses voisins ? Nous parlons souvent des autres avec des mots cinglants, soulignant leurs déficiences… A Noël, demandons pardon et pardonnons – c’est le pardon entendu dans son sens évangélique qui a sauvé le monde. En nous appuyant sur la grâce de Noël, prenons l’initiative du pardon, non pas seulement par une parole mais par un geste d’accueil.
Que signifie pardonner dans nos communautés ? Nous pouvons, chaque dimanche à l’église, ignorer le voisin ou la voisine avec lequel nous avons un différent.
Le temps de Noël est un temps de réconciliation. Si l’on se réconciliait davantage, nos communautés témoigneraient mieux du Christ. Dans mon milieu professionnel, il y a des oppositions, des rivalités… Et si Noël nous aidait à surmonter tout cela ? Laissons-nous aimer par le Christ et nous pardonnerons plus facilement. Beaucoup de blessures deviendront même le moyen d’aimer plus. Noël est vraiment le temps de la paix retrouvée.
En cette fête de Noël, il nous faut aussi penser à ceux qui sont seuls. Il y a des solitudes lourdes à porter. Dans notre diocèse, Noël ne sera sans doute pas ce qu’il doit être pour tous et pour toutes. Alors soyons décidés à faire en sorte que Noël ne soit pas seulement un mot mais une réalité : par un sourire, par un accueil. Pensons à la voisine toute seule et disons-nous : « Je vais aller la voir et je vais lui apporter, plus qu’un cadeau, mon cadeau, c’est-à-dire ma présence ». Oui, nombreuses sont les initiatives qui développeraient de façon merveilleuse les relations humaines.

A Noël, on pense beaucoup à sa famille et beaucoup moins à ceux que l’on ne croise pas, que l’on ne voie pas. L’attention peut-elle suffire ?
Les attentions touchent profondément les cœurs. Par exemple, quand je croise quelqu’un qui porte un lourd cabas, si par un sourire je me fais mendiant du service que je me propose de lui rendre, je manifeste cette attention du cœur que Noël doit développer en nous. Au fond, ce que nous appelons la charité - c’est-à-dire un amour reçu de Dieu que nous voulons redonner ensuite sous la forme d’un service - commence par des « attentions du cœur ». Si vraiment Noël est pour nous ce qu’il devrait toujours être, si notre cœur est devenu aujourd’hui, en quelque sorte, la vraie crèche du Christ, alors nous aurons de nombreuses attentions pour tous et surtout pour les plus pauvres.
En terminant, je souhaite raconter cette histoire véridique entendue il y a longtemps. Elle m’a été rapportée par un prêtre et se passe à Noël. Une petite fille, d’un milieu très pauvre, avait demandé une poupée que sa famille ne pouvait lui offrir. Le jour de Noël, pas de poupée. Un voisin, mal inspiré, lui dit « Alors Jésus ne t’a pas écoutée ? » Elle a eu cette réponse admirable : « Si, il a écouté ; il a répondu non. » Elle avait compris que Jésus l’aimait immensément et que cet amour était plus important que tout : la poupée n’avait pas été obtenue mais l’amour de Jésus pour elle était le plus beau des cadeaux.
Saint Noël à tous ! Laissons-nous aimer et visitons ceux qui sont seuls avec cette attention du cœur qui console et donne l’espérance.

« Texte transcrit à partir d’une interview et non revu par son auteur »



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