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Père Henri Demars

prêtre diocésain (1936-2017)

mercredi 1er novembre 2017, par AG

Le père Henri Demars est décédé le 21 octobre 2017.

Né le 8 novembre 1936 à Tence, il fut ordonné le 29 juin 1963. D’abord étudiant à Lyon, il fut nommé vicaire au Val-Vert le 29 juillet 1966. Chargé de cours au Grand-Séminaire, aumônier diocésain de la J.E.C et de la J.E.C.F à partir du 11 septembre 1970 , il rejoint le Séminaire international de Koumi (dans l’actuel Burkina Faso), le 25 mai 1973. Aumônier de lycée à Brioude le 17 septembre 1976, il partit en tant que Fidei donum le 14 juillet 1978 comme professeur de séminaire au Sénégal. Il devint curé de Saint-Maurice de Lignon, le 25 septembre 1981, puis, le 5 septembre 1986, il part à nouveau comme Fidei donum à Madagascar avant d’être nommé curé de Saint-Pal en Chalencon, Tiranges et Boisset, en octobre 1987. Chargé de la Formation permanente le 5 août 1988, Fidei donum à Fort-de-France, le 22 juin 1990, il y resta jusqu’en juillet 1997.

De retour en France, il fut nommé curé d’Aurec le 1er août 1997, puis du Chambon-sur-Lignon et des Vastres en août 1998, avant de devenir responsable diocésain du Diaconat permanent, le 15 août 2003. Auxiliaire à Aurec, Pont-Salomon et Saint-Ferréol-d’Auroure depuis 2010, il y est resté jusqu’à ces dernières semaines.

Les obsèques du père Henri Demars ont eu lieu mercredi 25 octobre à 15h en l’église d’Aurec.

Mot d’accueil prononcé par le père Jo Valentin lors des funérailles

Adieu Henri.

Le pèlerin a posé son bâton : La pente était devenue trop raide pour son corps et pour son cœur fatigué. Il nous rassemble très nombreux, à l’étape, avant le dernier passage, que nous voulons confier ensemble au « passeur » au Christ mort et ressuscité pour qu’Il l’entraine dans sa Pâque.

Le chemin d’Henri a commencé le 8 Novembre 1936 à Tence, il a été fait prêtre, prophète et roi, par son baptême, trois jours plus tard en l’église de cette même localité, une date dont il dira qu’elle a été la plus importante pour lui, avec celle de son ordination. Tence, de l’autre coté du Lignon, la seule frontière qui nous a permis de nous chamailler au cours des 18 années que, par étapes, j’ai partagées avec lui.

La vie d’Henri a été une marche à l’étape, tout comme le chemin de saint Jacques qu’il a si souvent arpenté. Après des études à Yssingeaux et le grand séminaire du Puy, il est ordonné prêtre le 29 Juin 1963, et, parce que ses supérieurs ont trouvé chez lui une capacité intellectuelle hors du commun, il est envoyé pendant trois ans à Lyon pour se former à être professeur de séminaire. Et des séminaires il en a connus : celui du Puy en Velay , à deux reprises, où il n’a pas eu que de bons élèves, mais aussi ceux de Koumi au Burkina Fasso pendant 3 ans, De Sébikotane au Sénégal, 3 ans aussi, D’Antsiranana à Madagascar une année, Fort de France en Martinique pendant 7 ans . Plusieurs Lycées ont profité de son savoir comme aumônier : Simone Weil au Puy, Lycée Lafayette à Brioude, Aumônerie de la J.E.C et dernièrement d’une équipe d’A.C.I.

Quand il n’était pas au bout du monde, il était vicaire ou curé au Val Vert, sur les paroisses du Puy Sud, à Saint Maurice de Lignon, à St Pal en Chalencon, Boisset et Tiranges, au Chambon sur Lignon et ici à Aurec. L’accompagnement au diaconat, la formation permanente dans le diocèse auront aussi profité de ses qualités d’enseignant et de formateur. Beaucoup de prêtres, de diacres et de fidèles doivent aujourd’hui lui dire leur reconnaissance. Vous ne pouvez pas imaginer la quantité de livres qu’il a étudiés, jusque dans les dernières semaines de sa présence ici : il était capable de rester de longues heures à étudier un auteur, pour faire un compte rendu exhaustif et précis, il était documenté sur énormément de sujets, des plus classiques aux plus religieux, des textes bibliques aux recherches philosophiques ou théologiques ; ceux qui ont vécu prés de lui peuvent en témoigner, il était une source qui redistribuait tout le savoir enregistré. Grand érudit, mais aussi grand priant, assidu à la liturgie des heures et à la méditation, aux retraites qu’il animait ou qu’il vivait, aux célébrations et bien entendu aux pèlerinages où il mêlait l’effort physique, la rencontre des autres, la découverte du patrimoine, la méditation et le partage. Passionné du St Jacques, il part avec son bâton dans son cercueil. Ses pérégrinations à travers le monde lui ont permis de découvrir les visages de cette Eglise qu’il aimait tant et à qui il a donné toute sa vie et toutes ses forces. Quand Gabriel Ranaivomanana est arrivé chez nous depuis son lointain Madagascar, trois jours avant qu’il ne rentre à l’hôpital, à l’entrée de la cure il l’a pris longuement dans ses bras, attitude peu habituelle chez lui mais qui disait sa joie d’accueillir et sans doute un peu sa joie de voir les fruits de son travail au service de l’Eglise universelle. Il n’était pas démonstratif, mais sous l’écorce un peu bourrue battait un cœur merveilleux et une attention à la vie des gens, à leurs joies et à leur souffrance, des amitiés profondes qui l’ont vu pleurer au départ de Jean François ou de Gérard Fournier … Il n’aurait pas aimé que je dise cela de lui il m’aurait sans doute rabroué vertement, alors, de peur de me faire gronder je lui laisse la parole pour les derniers mots de cet accueil aujourd’hui qui pourrait se prolonger longtemps . Il a préparé entièrement cette célébration à laquelle vous assistez : Les chants, les refrains, les lectures… mais il ajoute aussi ces lignes qui ne vous laisseront pas sans réactions, « Pécheur je suis, pécheur je reste, pécheur je me présenterai devant Dieu quand il me fera signe. Je m’en remets à Lui « En tes mains Seigneur je remets mon esprit ». J’aime trop la vie pour m’attrister au moment d’entrer dans cette plénitude de vie avec Jésus ressuscité…En ce qui concerne mes funérailles, je ne tiens pas à ce qu’on parle de moi : Un temps de silence après la lecture de la parole de Dieu ….Y aura-t-il un prêtre à mon enterrement ? Je pense à tous ces gens, tous ces croyants, ou à tous ces croyants non pratiquants, enterrés chrétiennement lors des funérailles animées par des laïcs. Au risque de choquer certains, je ne vois pas pourquoi je revendiquerai un traitement de faveur. Bien sûr je souhaite qu’il y ait une Eucharistie célébrée le jour de mes funérailles ou quelques jours après à l’occasion d’une messe du dimanche. Je crois à la résurrection et cela nous l’exprimons chaque fois que nous écoutons la Parole de Dieu et partageons le repas du Seigneur. Chaque fois que je célèbre l’Eucharistie, d’une certaine manière je célèbre mon passage vers la maison du Père. Je n’ai pas attendu le jour de ma sépulture pour célébrer la victoire sur la mort. L’Evangile est bien bonne nouvelle pour les gens d’ici bas, il n’est pas pour les morts : mieux vaut s’en soucier pour notre route terrestre.

Venu du limon de la terre, l’homme retourne au limon de la terre : « Souviens toi que tu es poussière ». Je ne tiens pas à être gardé en conserve dans un caveau : la résurrection c’est maintenant.

Le centre de ma foi et celle de l’Eglise étant la résurrection du premier né d’entre les morts, je souhaite que cette foi soit célébrée dans l’Eucharistie, lors de mes funérailles ou après, avec joie et dans la sérénité. Pas de latin, l’Esprit Saint parle toujours dans le langage des hommes.

C’est ainsi Henri que nous allons célébrer, main –tenant, ton passage vers le Père, dans la Pâque de Jésus Christ, dans l’Eucharistie.

Un dernier mot Henri … Merci…. Du fond du cœur … Merci.




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