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Père Jean Giraud

samedi 28 avril 2018, par AG

Né le 15 décembre 1923 à Saint-Étienne, il a été ordonné le 17 décembre 1949. D’abord nommé surveillant à Yssingeaux, le 1er septembre 1950, il devint vicaire à St Maurice de Lignon le 24 juillet 1953, puis vicaire à la Cathédrale, le 2 septembre 1960. Missionnaire diocésain le 11 juin 1965, il fut prêtre au travail-ouvrier, résident à la Providence, le 29 septembre 1972. Desservant à Guitard au début des années 1990, il y est resté jusqu’à la fin de l’année 2013 où il s’est d’abord retiré à la Résidence Sainte-Croix avant de rejoindre la Maison Nazareth en juin 2016.

Ses obsèques ont été célébrées le mercredi 9 mai 2018 à la chapelle Sainte-Bernadette de Guitard.

Introduction de Jo PUCEAT

Jean,

Tu es né le 15 décembre 1923 dans une famille de commerçants de St Jeures. Tu as grandi avec ton frère Louis décédé en 2004 et ta sœur Marthe décédée en 1973.

Après tes études au petit séminaire d’Yssingeaux et au grand séminaire du Puy, tu es ordonné prêtre le 17 Décembre 1949 Pour ton premier ministère, tu es envoyé au petit séminaire d’Yssingeaux comme surveillant. C’est là que je t’ai connu, mais d’une certaine manière, car j’étais élève de 5ème, 4ème et toi tu étais chargé de faire régner la discipline et tu savais le faire d’une main de fer. Tu fais ensuite un séjour de plusieurs années comme vicaire à St Maurice de Lignon. De ce temps de ministère tu m’as dit un jour combien tu avais été marqué par le fait d’avoir dû aller annoncer à ses parents le décès d’un jeune militaire en Algérie.

Puis tu te retrouves au Puy comme vicaire à la paroisse la Cathédrale-le Collège où tu accompagnes des équipes de J.O.C., mais aussi d’A.C.O. puis tu deviens missionnaire diocésain. Ce ministère de la parole proclamée dans les paroisses rurales du Velay et du Haut – Vivarais te fait découvrir au plus près la vie des gens, et c’est là que tu prends conscience que tu dois aller plus loin, aller jusqu’au partage de la vie. C’est pour cela qu’en 1972, tu deviens prêtre – ouvrier. Tu t’embauches à la coopérative laitière de Brives-Charensac, comme chauffeur-ramasseur de lait. Tu vas connaitre la pénibilité du travail la plupart du temps de nuit, les horaires décalés, les routes et les chemins difficiles de la Haute-Loire, plus particulièrement en hiver, la lourdeur des bidons qu’il faut balancer sur le camion et qui cassent le dos, mais ce travail tu l’aimais, et puis il y avait la fraternité et l’amitié du monde des chauffeurs plein de chaleur et de convivialité. Tu participais aussi à la vie de l’entreprise comme délégué du personnel et membre du comité d’entreprise et aussi à la vie du syndicat, participation que tu as gardé jusqu’à la fin de ta vie, puisque tu adhérais toujours au syndicat des retraités CGT.

Fin 1982 dans le cadre d’une mesure d’emploi, tu peux bénéficier d’une retraite anticipée. Tu te mets alors à la disposition du service juridique de l’union départementale C.F.D.T. Ainsi pendant près de 15 ans, tu reçois des salariés(es) qui ont des problèmes avec leur employeur, tu constitues et instruis les dossiers qui doivent aller au Prudhomme. Avec les camarades chargés de défendre les dossiers, nous avons toujours apprécié ta grande compétence mais aussi la qualité des raisonnements. Mais ce ne sont pas seulement des dossiers que tu instruis, ce sont des personnes que tu écoutes, et à qui tu permets de reprendre confiance, de retrouver un peu leur dignité. Tu t’es investi beaucoup dans ce travail de défense des salaries(es), en leur nom sois en remercié. Ton souci principal était l’attention aux personnes, particulièrement aux plus humbles, aux abimés de la vie. Sous une apparence un peu austère, rude parfois, vivait en toi, un cœur d’une grande sensibilité.

En 1992, tu viens vivre dans ce quartier de Guitard que tu as aimé grâce à son caractère cosmopolite, sa simplicité, sa qualité de contact. Tu t’es mis souvent au service de la communauté chrétienne du quartier. Tu cultivais aussi des fleurs autour de ta maison, qui faisaient la joie et le bonheur des passants. Pour montrer que ce quartier comptait beaucoup pour toi, tu as voulu que ton départ de ce monde soit célébré dans cette chapelle.

En 2013, suivant les conseils de ton médecin, tu te rapproche de la maison de retraite, tout en gardant ton indépendance, puis en 2016 tu entres à la maison Nazareth. Chaque fois que je venais te voir, tu me disais : je me sens bien ici, le personnel est toujours très aimable, on est bien soigné. Jean tu étais aussi très sensibilisé à la solidarité internationale. C’est pour cela que dans les années 80, tu as organisé avec quelques amis, plusieurs voyages humanitaires en Pologne avec des camions de vivres et de vêtements.

En tant que prêtre - ouvrier, tu participais à l’équipe qui se réunit un samedi par mois à St Etienne avec les copains de la Loire pour relire nos vies à la lumière de l’Evangile. Nous avons toujours apprécié la profondeur de ta réflexion. Nous aimions plus spécialement tes capacités de synthèse qui nous permettait d’aller plus loin dans notre réflexion. Parler des camarades de travail, voir la souffrance de certains face à l’injustice, découvrir comment la solidarité et la lutte collective pour de meilleures conditions de travail, permettent à la personne de grandir, voir aussi les joies d’être ensembles, de partager. Tout cela fait partie de notre réflexion et nous permets de retrouver l’Evangile toujours présent dans la vie des personnes de notre temps. Rassemblés autour de toi, avec ta famille, qui avait une grande importance pour toi, plus spécialement tes petits neveux et petites nièces dont tu avais tant de fierté à parler, mais aussi tes arrières petits neveux et petites nièces, avec tes amis les prêtres ouvriers, tes amis prêtres, notre évêque, mais aussi vous tous, chers amis croyants ou incroyants, nous voulons te rendre hommage, Jean, pour cette longue vie donnée aux autres. Mais parce que nous sommes croyants en Dieu Père, qui a voulu se faire l’un de nous par Jésus afin de donner sens à nos vies, nous voulons lui offrir cette vie qui a été la tienne, cette vie si riche remplie de la vie des hommes et des femmes que tu as rencontrées, pour qui tu as œuvré. Que le Christ l’accueille et que la paix du Père soit avec toi.

Homélie de père Gérard Sahuc

Obsèques de Jean Giraud à Sainte Bernadette de Guitard, le 9 mai 2018 (1 Jn 3, 11-24 - Mc 2, 13-17)

Jean conclut son testament par ces mots : « Je termine en rappelant la parole de Jésus de Nazareth qui m’a toujours paru la plus stupéfiante et la plus révolutionnaire : « Désormais je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis ! » » Quelle magnifique marque de confiance de la part de Jésus, le Fils de Dieu !

Cette parole nous invite à une humilité salutaire et à toujours convertir notre manière de vivre la mission. Oui ! Comme nous y invite saint Jean, « Mettons notre foi dans le nom du Fils de Dieu, Jésus-Christ, et aimons-nous les uns les autres comme Dieu nous l’a commandé ! » Et rappelons-nous, qu’il s’agisse de la mission, qu’il s’agisse de l’amour, qu’il s’agisse de la foi, Dieu a toujours l’initiative. « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, dit saint Jean, c’est Lui qui nous a aimés et Il a envoyé son Fils pour nous sauver », … nous les malades, les pécheurs… et tous ceux qui sont en quête d’amour, de justice, de dignité, de paix…

Et Dieu a aussi plus confiance en nous que nous n’avons confiance en Lui. Jésus, le Fils de Dieu, croit davantage en ses disciples que ses disciples ne croient en Lui. En effet, il ne leur cache rien, il ne retient rien pour Lui et, ce faisant, il se rend vulnérable et s’offre à la critique et même à la haine de beaucoup autour de Lui. « Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître… »

Passant le long de la mer de Galilée, Jésus appelle Lévi, fils d’Alphée : « Suis-moi ! » Oui ! Aujourd’hui encore, Jésus prend le risque de confier à des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants son désir et sa mission de salut pour toute l’humanité.

Et, le plus fort, c’est qu’Il nous croit capables d’être fidèles comme Lui l’a été en gardant les commandements de son Père, Oui ! Il nous croit capables d’être fidèles en vivant proches des personnes qui nous entourent, partageant leurs joies, mais aussi toutes leurs misères, écoutant leurs cris et servant leurs soifs profondes de dignité, de respect, d’amitié, de reconnaissance.

Partageons ce repas d’amour du Seigneur, en remerciant Dieu pour toutes les prévenances de son Amour. Suivons-le Ressuscité qui nous précède dans tous nos lieux de vie, dans tous nos lieux de mission, et apprenons à porter sur tous ceux que nous côtoyons chaque jour ce regard contemplatif qui nous fera dire : « Tiens ! Le Seigneur est déjà passé par là ! » Qui aime Dieu en suivant son commandement d’amour, a le cœur en paix ! Amen !




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