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Père Roger Sarret

mardi 17 avril 2018

Né le 13 juillet 1924 au Puy, il a été ordonné le 29 juin 1948. Nommé d’abord professeur à la Manécanterie le 9 juillet 1948, il devint ensuite aumônier adjoint des lycées le 28 novembre 1958, puis aumônier adjoint C.E.S. féminin Michelet le 16 septembre 1966 et enfin, prêtre auxiliaire au Collège le 2 août 1991.

Retiré depuis 2007, il était en résidence à Paradis depuis quelques semaines.

Voici la présentation et l’homélie lors des funérailles du P. Roger Sarret, le mardi 17 avril 2018 à l’église des Carmes, au Puy-en-Velay.

Présentation Père Roger Sarret par le Père Paul Chamaly

C’est le Père Roger Sarret qui nous rassemble, alors qu’il vient de nous quitter, discrètement et paisiblement Comme d’ailleurs il le souhaitait ….. Nous nous associons à la peine de sa famille dont il appréciait les nouvelles d’Annecy ou d’Annonay.

Roger est né en 1924 au Puy dans une famille chrétienne où il a été marqué par le scoutisme et la colonie de Sereys où il a été moniteur durant 40 ans… de cette colonie familiale dont il avait gardé tant de souvenirs à évoquer. C’est là sans doute qu’il a ressenti l’appel à devenir prêtre, ordonné le 29 juin 1948 , il aurait bientôt fêté ses 70 ans de sacerdoce : un beau parcours qui témoigne de sa fidélité à Dieu et d’un apostolat qu’il a essentiellement consacré aux jeunes.

Après avoir été professeur à la Manécanterie, il a été appelé par son Evêque comme aumônier de l’Enseignement public dans les collèges et lycées du Puy. C’est là d’ailleurs que j’ai eu la joie, la chance et la grâce de bien le connaître et de collaborer avec lui, au début de mon ministère au collège Jules Vallès, où il m’a initié à cette mission d’Eglise, de catéchèse, au sein d’un établissement public, avec la possibilité à ce moment-là d’entrer très facilement dans les collèges ou lycées et d’y cotôyer les jeunes et les enseignants, dans l’esprit d’une saine laïcité . C’était pour beaucoup d’ailleurs le seul lien avec l’Eglise, autant dire que le Père Sarret avait ce don d’entrer en contact et en dialogue avec ces jeunes qu’il a accompagnés jusqu’à leur mariage et au baptême de leurs enfants. Il savait si bien les accueillir, les écouter, les encourager et leur offrir une éducation chrétienne et un sens à donner à leur vie. Je n’oublie pas non plus que Roger est intervenu aussi à St régis, à St Louis et à Anne Marie Martel. Enfin il est devenu prêtre auxiliaire à l’Eglise du Collège, appréciant les confrères qu’il y a rencontrés pour le service paroissial… En raison de son âge et de ses infirmités, il a dû renoncer à la charge de ce ministère, tout en recevant chez lui des paroissiens pour un accompagnement spirituel. Il bénéficiait en même temps de la bienveillance de Sr Anne Catherine et d’autre personnes qui l’ont entouré de leurs soins affectueux et de leurs mets savoureux pour lesquels il n’était pas indifférent. Il y a quelques semaines, il a rejoint la Fondation Paradis où il commençait à s’adapter à un climat fraternel.

L’essentiel de sa vie pourrait se résumer dans cet idéal qu’il a vécu avec passion : être uni au Christ pour le faire connaître aux jeunes et aux moins jeunes « c’est là me disait-il où j’ai été le plus heureux. »

Le Père Roger Sarret se reconnaissant comme l’enfant du carmel, avec la certitude qui était celle de Ste Thérèse, son auteur préféré, lorsqu’elle déclarait : « je ne meurs pas, j’entre dans la vie. » A quelques jours de la journée mondiale des vocations, puisse Roger susciter de nouvelles vocations à devenir comme lui, à l’exemple du Christ un Bon Pasteur !

Homélie de P. Jean-Claude Petiot à la messe de funérailles du P. Roger Sarret, le mardi 17 avril 2018 à l’église des Carmes.

Nous venons d’entendre l’ultime prière du Christ pour ses disciples, ces serviteurs dont il a fait ses amis. Elle entraine notre prière autour du P. Roger Sarret quand nous l’accompagnons dans sa Pâque. Dans la lumière du temps pascal, les mots de Jésus au soir du Jeudi-saint que nous rapporte l’Evangile de saint Jean résonnent dans l’assemblée de ses disciples avec une intensité particulière.

La prière du Maitre fait plus que soutenir la nôtre, elle la suscite et la forme. A longueur de vie, la prière du Sauveur modèle notre prière. En chacune des circonstances de notre existence, elle nourrit et fortifie la foi, la charité et l’espérance du peuple chrétien dans la mesure où il y consent. A plus forte raison, elle déploie, pour nous en cette Eucharistie, tout le sens et la portée de ce qui a rempli la vie et le ministère sacerdotal de l’un d’entre nous.

Au soir du Jeudi-saint, dont l’Eucharistie maintient la mémoire vivante au cœur de l’Eglise et de la vie des prêtres, Jésus selon l’Evangile de saint Jean a longuement parlé à ses disciples pour les délivrer du découragement et de la crainte dans l’aventure où il les avait entrainés. Et plus fondamentalement du désarroi devant ce qui à leurs yeux pouvait apparaitre comme la fin tragique de l’espérance qu’ils avaient mis en lui. Peu ou prou, notre vie chrétienne n’échappe pas à cette inquiétude.

Mais, comme il l’avait fait de tant de manières pendant qu’il cheminait avec eux, l’ultime prière que le Seigneur exprime devant ses disciples leur ouvre un autre horizon. S’il a lui-même connu l’angoisse devant la mort, une mort de réprouvé, Jésus leur parle de sa Pâque comme l’heure de l’accomplissement de sa mission.

Sa prière pour ses disciples a les accents d’une ferme assurance : « Père, glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie en tous ceux que tu lui as donnés pour qu’ils te connaissent, qu’ils aient en eux la plénitude de l’amour dont tu m’as aimé. Et que moi aussi je sois en eux ». Telle est cette gloire de Dieu que dès ses premières lignes l’Evangile de saint Jean nous dit voir contemplé en Jésus, le Verbe de Vie. C’est la plénitude du don réciproque dans lequel, jusqu’au bout il se reçoit du Père pour se donner à Lui. Et entrainer ses frères à connaitre en vérité avec lui leur plénitude d’enfants de Dieu dans la communion éternelle.

Saint Paul traduit ce message en une formule vigoureuse et bien concrète : « Personne ne vit ni ne meurt pour soi-même. Dans notre vie comme dans notre mort, nous vivons pour le Seigneur. » La logique de l’Evangile n’est pas seulement l’appel à vivre dans la générosité, fût-ce jusqu’à l’héroïsme comme l’actualité de notre pays et de notre monde nous en donne parfois des exemples saisissants. Le dynamisme de l’Evangile est aussi, et d’abord, dans l’accueil et la reconnaissance du don qui nous est révélé dans le Christ. Il est aussi dans l’œuvre de l’Esprit qui nous entraine, jour après jour, dans l’action de grâces. Dans cette offrande qui est remise de soi entre les mains du Père.

Les limites elles-mêmes et les manquements qui marquent le chemin de chacune de nos existences, bien loin de nous faire douter de la parole du Seigneur, nous stimulent à Lui demander toujours et encore de nous conduire en sa Gloire. Saint Paul, cependant, nous met en garde : « Ainsi, chacun de nous devra rendre compte à Dieu pour lui-même ». Cela ne peut pourtant mettre en doute notre confiance et notre espérance. Car, ajoute-t-il : « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Ressuscité qui intercède pour nous.

Nous pouvons le reconnaitre dans la vie toute simple du P. Roger Sarret, dans le service de son ministère comme dans les longues années où, comme le vieillard Syméon, il a vécu dans l’attente de l’accomplissement de la Promesse.




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