Philippe Kaeppelin

mercredi 24 août 2011

L’abbé Georges Bonnet a longtemps été responsable de la commission d’art sacré du diocèse du Puy-en-Velay. Il rend hommage à l’œuvre de Philippe Kaeppelin dont il fut un proche.

Philippe KAEPPELIN (sculpteur) 1918 - 2011

L’enfance d’un artiste

Philippe appartenait à une famille venue d’Alsace s’établir en notre Velay pour échapper à l’annexion allemande, après la guerre de 1870. Famille aujourd’hui bien présente en divers secteurs de la vie sociale.
Philippe était très attaché à notre région et tout spécialement à la ville du Puy, à son patrimoine, à son histoire, à sa vie économique et culturelle. Tout jeune, il manifeste de grands talents pour le dessin, pour la sculpture. _ Alors que ses frères devenaient l’un médecin, l’autre architecte, il optât pour une carrière artistique où il fut très tôt remarqué et distingué. Il fit ses premières armes dans l’atelier du sculpteur Charlier où il pratiqua la taille directe

Au service de l’art liturgique

Rapidement, Philippe Kaeppelin fut appelé à d’importants travaux, en divers lieux de culte, soit pour le décor de chapiteaux, soit pour le mobilier liturgique : autel, ambon, statuaire.
C’est avec une profonde conviction qu’il fut en charge de réalisations d’une exceptionnelle qualité. Qu’il s’agisse de prestigieuses cathédrales, de sanctuaires en des lieux de pèlerinages, d’églises paroissiales, de chapelles ; en France, en Allemagne, en Suisse, jusqu’à Jérusalem, à l’église Sainte-Anne et au Saint-Sépulcre.
En tous ces édifices, il eût constamment un très grand souci de s’intégrer au bâtiment, de correspondre à son esprit, à sa fonction, c’est-à-dire : annoncer une Présence, celle de l’Homme-Dieu, Jésus de Nazareth, le Christ, homme à jamais, pour que tout homme puisse entrer librement dans la filiation divine et participer, jusque dans sa chair, à la Gloire de Dieu.
Philippe Kaeppelin a fait surgir de la dureté et de l’opacité de la matière une lumière, une grâce, sans jamais perdre de vue que ses œuvres étaient toutes, et tout entières, pour la prière, la louange, porteuses de la peine et de l’espoir de ceux qui les approcheraient, qui en feraient l’instrument de leurs appels ou de leur gratitude. Il fut ainsi un grand serviteur, un grand bienfaiteur, de nos communautés chrétiennes.
Notre diocèse lui doit beaucoup, en particulier par ce qu’il a réalisé en notre cathédrale. Il nous faut nous féliciter de ce travail accompli, si heureusement continué par son fils Dominique, de manière différente, dans un autre langage esthétique, mais dans la même intention.

Exigence

C’est dans un même souci exigeant d’exactitude qu’il préparait l’exécution de ses œuvres, qu’il les mettait en place, ayant au préalable multiplié les maquettes, les montages photographiques, se voulant en accord avec le site, avec ceux qui en ont la charge, avec ceux qui le fréquentent. Il avait la qualité de percevoir les attentes, les souhaits. Il savait y répondre.
L’expression de la beauté s’accompagnait, pour lui, d’une volonté de vérité et de bonté. Il se voulait au service d’un peuple rassemblé, d’un partage d’une même foi, d’une même espérance.
Indépendant à l’égard des modes, qu’elles viennent de caprices momentanés ou de consignes officielles, il avait un style où s’inscrivent la force, la noblesse, la référence à une profonde intériorité. Un style repérable, mais dans la diversité d’expressions, de figures, jamais tapageuses ni impératives, chargées d’un secret, d’une confidence.

Des oiseaux et des hommes

A ces nombreuses et remarquables productions d’art religieux, il faut joindre, inséparables, car relevant d’un même regard, d’une même relation avec le monde des hommes et des choses, une série d’oiseaux fantastiques, aussi étranges que fascinants. Œuvres où s’exprime un humour léger, joyeux, bienveillant - Images extravagantes de nos raideurs, de nos tics, de notre fatuité. Une autre manière rieuse et fraternelle de nous confier la même interrogation qui habite notre univers.
Ces animaux mirifiques sont de la même veine, celle d’une approche pleinement respectueuse de l’homme, de cet homme « créé à l’image de Dieu », chargé d’une dignité inaliénable, quelles que soient ses infirmités et ses misères. Cette conviction l’animait, homme de grande culture, ami chaleureux, de rapport simple et discret.

A la lumière de la Croix

Notre prière,à l’occasion de ses obsèques, s’est exprimée à partir de ce que Philippe Kaeppelin a pensé, réalisé et situé en ce sanctuaire de N. D. du Puy. Tout spécialement sous la lumière de cette croix de bronze et de verre où se dit l’essence même de la foi chrétienne. Cette croix a été conçue, élaborée au cours de longues études et de patients essais, dans la difficulté d’assembler le bronze et le verre. Elle nous livre, de tout son éclat, l’ultime parole de nos évangiles. L’image du crucifié n’apparaît pas. Il est entré dans la Gloire de Dieu, invisible à nos yeux. La croix demeure, qui rappelle sa mort, mais elle brille en notre nuit, signe de sa victoire.

(Les intertitres sont de la rédactions du site Internet du diocèse du Puy)

Vidéo sur l’amitié Philippe Kaeppelin et Alexandre Vialatte


Portfolio

Philippe Kaeppelin : Ambonde la cathédrale du Puy Philippe Kaeppelin : Cathèdre de la Cathédrale du Puy Philippe Kaeppelin : Croix de la Cathédrale du Puy Philippe Kaeppelin : Autel de la Cathédrale du Puy Philippe Kaeppelin


© 2017 - Diocèse du Puy-en-Velay| Plan du site | Espace privé | Mentions légales |  RSS 2.0 Suivre la vie du site