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Que se passe-t-il à la cathédrale ?

mardi 23 juin 2009

Mardi saint, à l’occasion de la Messe chrismale, Monseigneur Brincard a rendu publique la demande faite par le Père Emmanuel Gobilliard d’un renfort de prêtres pour la cathédrale. Mais que se passe-t-il donc du côté de la cathédrale pour justifier cette demande ?
Rencontre avec le Père Emmanuel Gobilliard, recteur de la Cathédrale

On apprend que vous demandez du renfort pour la cathédrale. Est-ce que cela veut dire qu’il y a un surcroît d’activités, et à quoi est-ce dû ?

Oui, en effet. Depuis quelques années, l’augmentation des activités est importante. On ressent l’impulsion donnée par le Père Paul Ollier, pendant sa mission ici, en particulier autour du Chemin de Saint-Jacques.

Il est vrai qu’on en parle beaucoup, faire le chemin de Saint-Jacques est devenu "à la mode". Mais est-ce si important que cela ?

Eh bien, ils étaient 1000 pèlerins en 1998, ils sont un peu plus de 10 000 en 2008 à avoir reçu la bénédiction au départ de la cathédrale !

En effet, les chiffres sont parlants. Mais pour vous, qu’est-ce que ça implique ?

En ce qui concerne le chemin de Saint-Jacques, on a mis en place une Pastorale. Cela commence dès le soir. Souvent, les pèlerins arrivent par le train de 17 h 20. Donc, dès 17 h 30, il y a une permanence de prêtres à la cathédrale jusqu’à 19 h, tous les soirs : accueil, confessions... Il est très important que quelqu’un soit là pour eux à ce moment-là. Les pèlerins se confessent avant de partir, même si certains ne l’ont pas fait depuis plus de 40 ans ! C’est une façon pour eux de démarrer leur démarche.

Dans le même temps, il y a un accueil au Relais Notre-Dame. Là on boit un coup et on partage toutes les questions qui se posent avant le départ, que ce soit des questions d’ordre pratique ou des questions plus spirituelles.

Qui les accueille au Relais ?

C’est une équipe de bénévoles : tous ont fait le chemin et acceptent de passer un moment pour partager un peu de leur vécu, rassurer, témoigner... Je tiens à y passer chaque soir pour saluer les pèlerins, leur dire bonjour.

Et puis un peu plus loin, dans l’ancien internat de l’école Saint-Régis, se trouve le gîte Saint-Jacques qui reçoit ceux qui désirent passer la nuit. C’est un accueil très sommaire : un dortoir, pas de draps fournis.

Et là, qui s’en occupe ?

Dans le gîte, c’est une équipe d’hospitaliers, bénévoles toujours, qui assure l’accueil chaque soir, du 1er avril au 30 septembre. Ces personnes viennent de toute la France et donnent une semaine de leur temps au service des pèlerins. C’est l’association des Amis de Saint-Jacques qui gère, en lien avec l’association des Hospitaliers de Rhône-Alpes. Les bénévoles qui sont là font le lien avec la cathédrale et accompagnent les pèlerins à la messe de 7 heures le matin.

Je suppose donc qu’il faut coordonner toutes ces initiatives ?

Oui, bien sûr... Mais ce n’est pas tout. On vient de parler des pèlerins de Saint-Jacques, et on a vu qu’ils étaient nombreux. Mais s’y ajoutent tous les groupes constitués, qui s’annoncent pour une journée ou parfois deux. Ce sont les aumôneries, les paroisses... En avril, ils sont en moyenne 130 par jour présents au sanctuaire. En peu de temps, ce nombre a été multiplié par quatre et demi !

Est-ce qu’on en connaît les raisons ?

La première remarque est d’ordre général : la fréquentation des sanctuaires en France augmente. Il paraît que ça arrive particulièrement pendant les périodes de crise : les gens retrouvent le chemin des sanctuaires pour combler un vide spirituel.

Une autre raison est l’effort que nous avons accompli au niveau de la communication. Un petit guide du sanctuaire a été édité, qui présente toutes les activités autour de la cathédrale. Il a été tiré à 25 000 exemplaires. Nous l’avons envoyé dans tous les diocèses, plus spécialement aux Services des Pèlerinages. Nous avons également créé un site Internet, il y a deux ans. Nous remarquons avec satisfaction qu’il est de plus en plus consulté. Actuellement, on compte environ 300 visiteurs par jour, ce qui est bien !

Un site Internet, ça veut dire une mise à jour régulière, des articles, des reportages... Qui s’en occupe ?

Une équipe s’est mise en place, avec un responsable pour chaque rubrique. Nous nous rencontrons une fois par mois pour faire le point et décider des articles, de sorte qu’il y ait environ une nouveauté tous les deux jours.

Revenons aux pèlerins d’un jour, que leur proposez-vous ?

Paul Ollier, quand il était là, avait mis en place des parcours autour de la cathédrale, pour une découverte par thème : le parcours de la charité, par exemple, parcours qui s’adressent aux paroisses, aux enfants, aux jeunes... On propose à ceux qui viennent, une journée "clé en main".

Ils n’ont donc pas besoin de vos services, sur place ?

En fait, si, quand même ! La crise des vocations touche tout le pays et de plus en plus, les groupes viennent sans prêtre. Ils demandent des confessions, des célébrations, ou, pour les groupes de jeunes, des témoignages. Le témoignage que peut donner un jeune prêtre est très porteur pour les vocations, il faut saisir l’occasion quand elle se présente !

Parmi les visiteurs, tous ne sont pas en groupe. J’imagine que certains viennent seuls ou en famille, pèlerins d’un jour ou simple visiteur. Qu’en est-il ?

Avec les groupes qui arrivent sans avoir prévenu, ceux-là représentent environ la moitié du passage. Pour eux, il y a en effet moins de demande liturgique, mais il faut quand même être présent. L’été, des bénévoles restent sur le site pour proposer des visites guidées ou simplement répondre à quelques questions. Depuis plusieurs années, nous avons un groupe de guides CASA (Communauté d’Accueil dans les Sites Artistiques). Mais pour moi, il est important qu’à un moment ou l’autre de la journée, ils puissent rencontrer un prêtre. Pour certains, l’accueil est primordial, surtout si dans leur histoire il reste des blessures ! On ne va pas "convertir" en cinq minutes, mais il peut y avoir soulagement, voire guérison. Donc pendant l’été, un prêtre est mobilisé tous les jours de 15 h à17 h 30. Il est en aube dans la cathédrale et parle aux gens de passage, accueille, réponds aux éventuelles questions. On a remarqué que les gens s’adressaient volontiers à lui et aimaient lui parler : le contact est important !

Jusque là, nous avons évoqué toute l’activité autour du sanctuaire, mais je suppose que la cathédrale a aussi une vie, qui s’apparente peut-être un peu à la vie d’une paroisse. Nous n’en avons pas parlé, pourtant elle existe aussi, non ?

Bien sûr, et quand on vient à la cathédrale pour une célébration, on ne se rend pas compte de toute cette activité "sanctuaire". Les deux sont bien distinctes. En ce qui concerne la liturgie, je m’appuie beaucoup sur le Père Roland Bresson, responsable diocésain de la Pastorale sacramentelle et liturgique.

Quand on perçoit l’étendue de la tache, une question se pose : quel soutien avez-vous pour cette mission ?

J’ai avec moi un vice-recteur, le Père Francisque Peyre. Quand Paul Ollier était là, il faisait appel à de jeunes prêtres du Puy. Moi-même, je venais souvent pendant l’été, quand la charge à l’aumônerie des jeunes était moins importante. Quand je suis arrivé, au début, je faisais appel à Florent de Rugy ou Samuel Grangeon, qui me donnaient volontiers la main. Mais leur départ a causé un grand déficit de jeunes prêtres sur Le Puy.

Il y a en plus les autres sanctuaires : Saint Michel accueille 30 000 visiteurs par an ! Le Père Bresson a demandé à être déchargé des sanctuaires (Le Collège et Saint-Michel) pour mieux se consacrer à la Pastorale des Collèges, le Père Yannik Bonnet, 76 ans, qui est à Saint-Joseph, souhaite prendre sa retraite pour s’occuper de sa famille... Monseigneur Brincard m’a demandé d’assurer la coordination des quatre sanctuaires du Puy... d’où la demande que j’ai faite !

Vous avez une idée pour une solution ?

La seule solution envisageable, et elle m’a été soufflée par un confrère bienveillant, est de mettre en place une équipe semblable à celle de Lourdes.

C’est à dire ?

Un recteur du diocèse, secondé par une équipe de prêtres. Comme on ne peut pas empiéter sur les forces vives du diocèse pour faire vivre les sanctuaires, il faut donc envisager que ces prêtres viennent de l’extérieur. Il faut bien garder en tête que les demandes sont de plus en plus "sacerdotales", les bénévoles laïcs ne suffisent pas, même si leur place est très importante.

Merci, Père Emmanuel, de nous avoir fait découvrir, par ces quelques mots, toute la vie qui anime notre cathédrale. Nous percevons ainsi la valeur et l’enjeu de la Pastorale mise en place, véritable outil au service de l’évangélisation, mais qui ne va pas sans un investissement humain important.

Propos recueillis par Germaine Peyrache



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