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Réconciliation

lundi 1er décembre 2008

Célébrer la pénitence et la réconciliation

Le trésor de la miséricorde de Dieu.

L’Eglise « dans le monde de ce temps » est invitée à approfondir son message : elle s’aperçoit qu’elle est dépositaire d’un trésor pour l’humanité. Un trésor tel qu’en parle Jésus dans la parabole de l’homme qui « a trouvé un trésor » (Matthieu 13, 44). Un trésor dont on mesure chaque jour davantage la radicalité et l’urgence.

« Ton amour vaut mieux que la vie ! » (Psaume 62,4)

Par cette exclamation -et d’autres semblables-, le peuple de la Bible dit tout son émerveillement. Repassant le film de son histoire, il constate que Dieu a toujours répondu à ses péchés par le pardon.

N’a –t-il pas été débordé par la miséricorde le jour où Dieu l’a sauvé de la famine par Joseph ? Et le jour où, pour guérir la trahison du Veau d’or, Dieu s’est nommé « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité (Exode 34,6) ? Et les jours où, pour répondre aux ruptures d’alliance des épouses prostituées, Dieu a dit : »Vais-je les livrer au châtiment ?Non… Je ne détruirai plus Israël car je suis Dieu, et non pas homme…[plus encore] tu seras ma fiancée et ce sera pour toujours » (Osée 11,4-9 et 2,21) ? Le peuple conclut que Dieu prend les péchés non comme un affront à l’autorité mais comme un besoin supplémentaire de création.

« L’Esprit de Dieu m’a envoyé annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres » (Luc 4, 18)

L’Eglise trouve dans les actes du ministère de Jésus la révélation ultime du Dieu riche en miséricorde. Bonne nouvelle, celle de Jésus qui fréquente les pécheurs à la manière d’un médecin (Luc 5, 31) et qui considère qu’un fils même prodigue ne cesse pas d’être réellement le fils aimé de son père (Luc 15) ! Bonne nouvelle, la prédication de la miséricorde dans les paraboles de l’enfant prodigue, du bon Samaritain, du bon pasteur… ! Bonne nouvelle, les guérisons et les pardons. Bonne nouvelle, la déclaration qu’il « n’est pas venu pour juger le monde mais le sauver » (Jean 12, 47). Et saint Jean conclut : « Nous avons reconnu que l’amour de Dieu est parmi nous. » (1 Jean 4, 16)

Aussi, comme à chaque messe, l’Eglise se met en sa présence : « Seigneur Jésus, envoyé par le Père pour guérir et sauver les hommes… O Christ, venu appeler tous les pécheurs ». Et elle célèbre le mystère du sang versé « en rémission des péchés ».

« Son amour s’étend d’âge en âge » (Luc 1, 50)

Depuis des siècles, les chrétiens transportent ce trésor « dans leurs vases d’argile ». Ils vérifient que Dieu le Père porte attention à chaque personne non pas pour l’humilier à cause de ses égarements, mais pour la re-créer en sa dignité. Ils croient en Dieu qui dit « j’ai enlevé ta faute » et non pas « je ne penserai plus à ta faute ». Ils constatent que la parole de Dieu n’est pas « enchaînée » (arrêtée) par ce que les hommes ont de pire (2 Timothée 2, 9), mais qu’elle les rejoint dans ce qu’ils ont de meilleur ! Par l’Evangile, les mal-aimés et les mal-aimants découvrent qu’ils ont du prix ; apprenant du Christ à s’aimer eux-mêmes et à s’aimer les uns les autres , ils retrouvent leur titre de fils. Bref, « les hommes se découvrent moins puissants à se faire du mal que Dieu à leur faire du bien ! »

Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ?

Des fautifs entendent longtemps la condamnation de leur conscience ; et si leur faute est publique, ils reçoivent les sanctions de la justice humaine. Le Dieu des chrétiens est le Père « plus grand que notre cœur » (1 Jean 3, 20) : il n’est pas une autorité qui sanctionne. Grâce à lui, rien n’est définitivement perdu, l’histoire peut sortir de la fatalité, l’homme peut continuer de répondre à sa vocation. Parce qu’elles descendent en Dieu, les racines du bon grain sont plus profondes et plus tenaces que celles de l’ivraie ; et le mal que nous faisons ne sera jamais aussi fort que le bien que Dieu sème dans nos vies.

Ce trésor de la miséricorde, l’Eglise veut l’offrir au monde de diverses manières. Et c’est parmi ces propositions que se situe, à une place particulière, la célébration de la pénitence et de la réconciliation – sacramentelle ou non.

CNPL – Magazine « Célébrer » n°332



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