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Rencontre avec Elisabeth et René Darles

mardi 5 février 2008

Elisabeth et René Darles habitent Bas-en-Basset et sont mariés depuis 1974. Ils font partie d’une Equipe Notre-Dame depuis 1992. Les Equipes Notre-Dame sont un mouvement international de spiritualité conjugale, fondé en 1947 sur une intuition du Père Caffarel. C’est au sein de ce mouvement qu’ils se sont engagés, bien au-delà de leur simple équipe : Après avoir assuré la responsabilité du secteur du Puy pendant trois ans, de la région Loire-Auvergne pendant quatre ans, ils viennent d’accepter celle de la Province Est pour une durée de six ans… Quelles motivations peut pousser à de tels engagements ? C’est ce qu’ils essayent de nous dire à travers cette rencontre…

Parlez-moi d’abord de votre famille, vos origines…

Elisabeth : Je suis originaire de Bas. J’ai eu une éducation religieuse depuis mon enfance. Mes parents avaient une foi très ferme… une foi de charbonnier, sans doute, mais avec une grande confiance en la Vierge Marie qu’ils m’ont transmise, mais sans bourrage de crâne ! Au début de ma vie professionnelle, (j’étais enseignante dans le privé), j’ai traversé une période de crise… disons que j’étais croyante, mais guère convaincue !

René : Ma famille était aussi catholique, mais peu engagée : mes parents étaient commerçants et peu disponibles. Ils avaient quand même le souci de la transmission : j’étais enfant de chœur.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

René : Nous étions voisins, et, pour ainsi dire, nous nous connaissons depuis toujours. Nous nous sommes mariés et avons eu trois enfants. En famille, nous allions à la messe le plus souvent possible, mais ce n’était pas une priorité. Quand l’aîné de nos enfants est rentré en 4ème, j’ai fait de la catéchèse au collège. Déjà je me posais quelques questions. J’ai eu l’occasion de rencontrer des prêtres : Pierre Trevet, Paul Ollier, avec qui je pouvais partager mes interrogations.

Est-ce que c’est ce qui vous a mis en route ?

René : Non, pas vraiment… J’avançais tout doucement. Et puis il y a eu la rencontre avec l’expert-comptable, au travail. Un jour, il me dit « Je fais partie d’une équipe, qui se réunit autour d’un prêtre. C’est une équipe Notre-Dame, vous devriez venir voir ». J’ai pensé que ça pouvait être intéressant et que, peut-être, cela nous rendrait plus crédibles vis à vis de nos enfants, alors nous avons accepté. Nous sommes rentrés dans cette équipe en 1992.

Elisabeth : Moi, j’y suis allée à reculons pendant un an. Je me sentais mal à l’aise, sans vraiment savoir pourquoi. Alors un jour je me suis lancée. Au cours d’une réunion j’ai pu dire que je n’étais pas bien dans l’équipe et j’ai demandé qu’on prie pour moi.

Vous avez été entendue ?

Elisabeth : Oui, entendue et comprise. Je suis restée dans l’équipe et petit à petit j’ai senti une ouverture de mon cœur. J’ai aussi ressenti un nouvel éclairage sur notre sacrement de mariage.

René : Nous étions bien dans l’équipe, mais professionnellement c’était le marasme. Je connaissais de gros problèmes et la situation n’était pas brillante ! Un jour, une équipière nous a invités à une session CANA, session pour couples. Tout était prêt, la date choisie, les places retenues, nous n’avions plus qu’à nous laisser faire.

Elisabeth : Ça a été un moment vraiment très intense qui a donné une nouvelle dimension à notre relation à la Foi. Nous avons revu notre sacrement de mariage à la lumière de la Foi.

René : Pour nous maintenant, il y a un « avant » Cana et un « après » !

Après cette session, vous n’avez pas été tentés de rejoindre une équipe Cana ?

René : Non, nous sommes restés en équipe Notre-Dame. Notre engagement dans le mouvement commençait à prendre de "l’épaisseur".

Elisabeth : Nous étions de plus en plus confirmés dans notre idée qu’il n’est pas possible d’être chrétiens tout seuls, mais nous n’avions pas encore réalisé que les Equipes Notre-Dame étaient un mouvement. C’est quand nous avons participé à un week-end de rentrée à Avignon avec les responsables d’équipes de la Province que nous avons pris conscience que c’était un mouvement, et un mouvement d’Eglise.

Et c’est à ce moment-là que vous vous êtes engagés ?

René : Oui… Cela s’est fait progressivement. Nous avons d’abord fait partie de l’équipe de secteur pendant trois ans, puis nous avons été appelés en janvier 97 pour être responsables du secteur…

Elisabeth : …et en avril, nous apprenions que René avait un cancer ! Alors, que faire ? Nous avons prié beaucoup, une chaîne de prière s’est mise en route au sein des Equipes.

René : On n’avait pas encore perçu la force de la prière des autres !

Vous avez quand même accepté ?

René : Oui. De toutes façons on n’est pas seuls, il y a une équipe avec nous. Nous avons appris à déléguer.

Elisabeth : Nous nous sommes mis au service : nous avons un peu donné et beaucoup reçu !

Une responsabilité en couple, comment ça se passe ?

René : On s’est découvert des talents insoupçonnés. Par exemple, je n’aurais jamais cru que Babeth puisse parler dans un micro ! Avec mon opération, je ne pouvais plus le faire, elle a donc pris le relais tout naturellement. Elle répondait au téléphone, ce qu’elle ne faisait pas auparavant.

Elisabeth : Nous avons surtout appris à prier ensemble, tous les deux. C’est une grande richesse du mouvement. Et puis nous nous sommes affermis dans la foi : quand l’un n’allait pas, c’est l’autre qui tirait. Avoir une responsabilité à deux, développe l’entraide au sein du couple !

René : Un de nos enfants a dit un jour : « Les Equipes Notre-Dame, ça a bouleversé nos parents ! »

Vous veniez de donner six années pour le mouvement, est-ce que vous n’aspiriez pas à autre chose ?

Elisabeth : Nous ne nous posions pas vraiment la question. Mais quand nous avons été appelés pour la région, nous n’avons pas dit oui tout de suite !

René : La démarche en région n’est pas la même. Le secteur, on connaît : les gens, la géographie… la région ça fait peur ! Il n’y a pas d’équipe, on est plus seuls.

Et vous avez quand même fini par dire oui ?

Elisabeth : C’est dans la prière que nous avons décidé. Il y a une phrase de Saint Paul qui nous a aidé à choisir : « Ce qu’il y a de faible dans le monde, ce qu’il y a de fou… voilà ce que Dieu a choisi. » Alors pourquoi pas nous ? Cette phrase nous a toujours suivis, elle a été déterminante chaque fois que nous avions une décision à prendre.

René : Oui, rien n’est impossible à Dieu, il faut en être convaincu. Nous avons vécu ce temps de réflexion dans la confiance et l’abandon. Dieu est avec nous et il sait parfois nous remettre sur le chemin.

Pendant quatre ans, vous avez donc été au service de la région. Et maintenant ?

René : Voilà, nous avons accompli la tâche demandée du mieux possible, et nous avons « soufflé » un peu, tout en nous tenant accueillant à toutes les sollicitations.

Elisabeth : Il ne faut pas avoir peur de témoigner : ça fait progresser. Il faut être au clair avec soi, on n’a pas le droit de mentir. Ça nous met en vérité et ça nous pousse en avant !

René : Pour agrémenter le séjour, nous avons pris le temps de rentrer par Venise… ce n’est pas le chemin le plus direct !

Elisabeth : et à notre retour, nous avions un courrier qui nous demandait de prendre la responsabilité de la Province-Est !

Cela ne s’arrête donc jamais ?

René : Et non !… (rires). Mais là, c’est une autre dimension. La Province-Est, ça va du Luxembourg à la Corse et de l’Auvergne à la Suisse ! C’est une responsabilité pour 5 ans et je ne suis pas encore à la retraite !

Elisabeth : Cette fois encore, c’est la phrase de Saint Paul qui est revenue, lors d’une journée à Ars, et qui a emporté la décision : nous avons accepté.

En septembre, vous aurez donc en charge ce grand territoire… Mais déjà, pouvez-vous nous dire un peu qu’est-ce que tout cela vous apporte ?

Elisabeth : On a découvert la force de la prière. Il y a quand même des moments où l’on est au fond, on touche terre. Il y a toujours quelque chose, un signe (une lettre, un coup de fil), des équipiers ou autre, qui nous "remonte" !

René : On était "frileux", maintenant on se dit que nous n’avons pas le droit. Il faut dire haut et fort notre foi, ne pas laisser la lampe sous le boisseau

Elisabeth : Et tout ça, dans la joie et l’espérance !

René : La vie en équipe a fortifié notre couple. Nous avons appris à nous pardonner. Le pardon n’est pas toujours évident : le devoir de s’asseoir, la prière conjugale… sont un véritable chemin pour le pardon.




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