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Rencontre avec Françoise GIRAUD

lundi 3 décembre 2007

Depuis 2002, Françoise GIRAUD est "animatrice en pastorale" en collège, sur le secteur de Dunière, Tence, Le Chambon-sur-Lignon. Elle a accepté de répondre à nos questions, non pas pour dire « moi je fais ça dans mon secteur », mais pour dire que tout le monde peut y arriver à condition de croire en ce que l’on fait et en ce que l’on propose aux jeunes.

Comment décririez-vous le rôle d’une animatrice en pastorale ?
Une animatrice en pastorale est comme « un semeur d’espérance ». Elle a pour rôle d’accompagner, d’animer, d’être là dans tous les moments de la vie. Elle doit être présente auprès des jeunes et des adultes, proposer et accueillir…

Quel a été votre parcours ? Comment êtes-vous devenue animatrice en pastorale ?
J’ai commencé par l’Action Catholique des Enfants. Le Père Bernard Guérin m’a appelée pour diriger une équipe de l’A.C.E. Ensuite, pendant 7 ans, j’ai fait de la catéchèse en primaire, en classe de CE2, puis j’ai pris la décision d’arrêter : je devais me renouveler, j’avais besoin d’avancer. Et c’est là que le Père Chaudier m’a fait la proposition de cette formation qui débutait sur le diocèse. Je n’ai pas dit oui tout de suite, une telle décision demande réflexion. J’en ai d’abord vu tous les inconvénients. Je n’avais pas « Bac plus » ! Je me suis donc renseignée, j’ai consulté plusieurs personnes proches de moi. Et j’ai fini par accepter, tout en sachant que la mission ne serait pas facile. Je ne me sentais pas à la hauteur !

Comment s’est déroulée cette formation ?
Je la résumerai ainsi : beaucoup de travail, sans cesse des recherches et se remettre constamment en questions. J’ai ainsi pu mettre en pratique ce que j’avais appris à l’A.C.E. : Voir Juger Agir.

Beaucoup d’heures de travail car il faut assumer les cours, des devoirs et déjà le terrain. En effet, fin août je recevais une lettre de mission qui me nommait en collège. Au début, la fréquence des cours était de 2 jours tous les 15 jours !

Tout au long des études, j’ai été suivie par un tuteur. C’est vraiment le pilier de cette formation. Le travail avec le tuteur est très important. Le dialogue permet d’exprimer ce qu’on a au fond de soi, de mieux se connaître. Il m’a aidée « à mettre des mots sur des maux ». Il m’a aidé aussi à approfondir et à réfléchir sur ma foi, mon engagement. De plus, il m’a permis de construire mon avenir et ma mission sur du solide, mais auparavant il avait fallu s’apprivoiser ! Enfin, au terme de 3 années de formation, on nous demande de rédiger un mémoire. J’ai intitulé le mien « Les années collèges, un regard, une écoute adultes – ados », il reprend en parti mes impressions au sein de cette formation.

Donc votre lettre de mission vous a dirigé vers un travail de terrain dans les collèges, comment s’est passé votre entrée dans ce monde ?
Je m’occupe de 2 collèges privés et 1 public. Rentrer dans le monde de l’enseignement était dur. C’est un monde que je découvrais, avec des gens qui ont d’autres soucis que nous. Cependant, je n’étais pas la seule à me poser des questions, le corps enseignant lui aussi s’interrogeait sur mon rôle. J’ai été très bien accueillie.

Comment réussit-on à devenir animatrice en pastorale ?
Par des recherches, des réflexions, du travail... Mais ce qui est certain est que l’on n’y arrive pas tout seul ! On y arrive grâce aux autres : à ses collègues, aux professeurs et aux prêtres de son secteur. Les ALP sont importantes dans la vie du diocèse. Elles font le lien entre tous les acteurs de la communauté chrétienne.

Quel est le rôle d’une animatrice pastorale en collèges ? Comment intervenez-vous auprès des collégiens ?
Ma présence auprès des jeunes est importante. Je les rencontre dans les cours, dans les couloirs, je les aide à franchir des moments importants de leur vie. Un lien se créé entre eux et moi. Maintenant, ils ne m’appellent plus « Madame » mais « Françoise ». Cependant, il faut faire attention à bien garder sa place, à ne pas faire de l’ombre aux professeurs.

J’essaye de faire venir régulièrement des intervenants comme par exemple Christian Blay, diacre, qui a débattu sur le thème « Croire », ou encore le Père Jean-Louis. Page, aumônier de la prison, qui s’est déplacé pour faire une intervention sur la violence. Parmi les intervenants se déplacent des personnes du diocèse mais également des « personnalités » comme Tim Guénard ou Jean-Marie Petitclerc qui a accepté notre invitation au mois de novembre. C’est cette diversité qui permet un enrichissement. Les témoignages sont des rencontres qui marquent la vie de l’adolescent. Ils réveillent souvent ce qui est endormi chez eux.

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Françoise à Ecclesia 2007 avec un groupe de catéchistes

Comme vous l’avez précisé une animatrice en pastorale est au cœur du diocèse, elle intervient sur un champ très large, par conséquent qu’est ce qui vous plaît le plus dans cette mission ?
Chaque animatrice en pastorale a quelque chose à vivre de différent mais d’important. Pour moi des évènements comme la préparation au baptême d’une adolescente de 14 ans resteront des grands moments. Cette jeune fille m’a énormément apporté par son courage et sa force. Ou encore, ce jeune garçon que j’ai suivi toute l’année, j’étais sa tutrice, il a eu son brevet mention A Bien. A chaque instant, face à un jeune en difficulté, je me pose la question : « Où est la porte d’entrée ? Ce garçon, cette fille m’ouvriront-ils un jour la porte de leur vie ? » C’est passionnant ! Mon seul regret est de na pas pouvoir donner aux jeunes autant de temps que je le souhaiterais.

Votre mission s’achèvera en 2008, comment envisagez-vous votre avenir ?
J’y réfléchis déjà sérieusement avec mon tuteur et le prêtre de la paroisse. Je crois qu’il ne faut pas rester figé mais se tenir disponible aux appels.




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