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Rencontre avec Yolande Canivet, en équipe A.C.G.F. au Puy-en-Velay

lundi 23 août 2004

Yolande Canivet a 53 ans, elle est mariée, maman de trois filles et grand-mère de 1 et bientôt 2 petits-enfants ! Yolande est une femme comme beaucoup d’autres, qui travaille et vit normalement… mais, comme elle le dit elle-même, elle a un "petit plus" : elle fait partie, depuis 5 ans d’une équipe A.C.G.F.. Quand nous l’avons rencontrée, elle a bien voulu nous parler de ce "petit plus" !

Comment avez-vous eu l’idée de rentrer dans une équipe A.C.G.F. ?

En octobre 1997, le Père Gustave Chaudier, alors curé du Val Vert a lancé un appel à la paroisse. Il avait invité deux dames en équipe à Espaly. Elle nous ont parlé de leur équipe, de ce qu’elle y vivaient, du mouvement…

Ces propositions-là vous attiraient ?

Ce qui m’a plu d’emblée, c’est l’idée d’avoir un lieu pour exprimer des choses qu’on ne peut pas toujours dire ailleurs, et pouvoir partager avec d’autres femmes en sachant que ça ne sortira pas de l’équipe.

Donc vous avez décidé d’intégrer le mouvement ?

Oui, l’idée a fait son chemin tranquillement, et en janvier 98 nous avons débuté une équipe. Nous étions 7, autour du Père Chaudier qui a bien voulu nous accompagner. Notre démarrage a été timide, mais nous avions la volonté de continuer et nous nous sommes accrochées !

Comment se passe une rencontre ?

Chacune arrive avec un fait de vie, soit personnel, soit dans l’actualité locale ou nationale. Nous évoquons ce fait, au cours d’un tour de table, tout simplement, et normalement sans commentaire (parfois, il est vrai, nous ne sommes pas très disciplinées).

Ces faits de vie sont choisis au hasard ?

Non, ce sont des faits qui nous interpellent plus particulièrement dans notre vie de femme, des problèmes qui nous concernent en tant que femmes.

Que faites-vous après l’évocation de tous les faits exprimés ?

Ensemble nous en choisissons un : celui qui nous interpelle le plus, ou qui est revenu plusieurs fois… et nous y réfléchissons, à partir d’un fil conducteur propre au mouvement.

Lequel ?

Les questions sur lesquelles nous nous appuyons sont les suivantes :

  • Avez-vous entendu des choses analogues ?
  • Comment je réagis moi-même ?
  • Pourquoi ?
  • Comment réagit-on autour de moi ?
    En d’autres termes : qu’est-ce que je vis, comment je le vis… Ce n’est pas toujours bien facile, mais nous essayons au maximum de suivre ce fil conducteur. Nous essayons au maximum d’y être fidèles.

Et ensuite ?

Après avoir bien discuté, noté les réactions de chacune, nous essayons de voir comment Jésus, dans l’Evangile, nous parle à partir de ce fait, comment je rejoins la Parole du Christ dans ce fait de vie. A ce moment, le rôle du prêtre prend toute son importance. C’est un guide précieux. Il nous aide à découvrir comment le Christ attend que nous réagissions personnellement, en tant que femme A.C.G.F., comment Il attend aussi que nous réagissions ensemble.

C’est un très grand moment de partage ?

Oui, l’équipe est un lieu où chacune peut vraiment s’exprimer en toute confiance. Même si, au départ nous ne sommes pas des amies, il y a quand même quelque chose qui se joue à ce niveau là. A force de partager sur notre vie, on arrive à se connaître et à créer des liens assez forts, en tout cas, on apprend petit à petit à accepter l’autre telle qu’elle est, même si parfois on a moins d’"atomes crochus" avec certaines.

Vous abordez tous les sujets ?

L’éventail est très large et très varié. Dans notre équipe, les faits abordés sont aussi bien personnels, que des sujets d’actualité, ce qui amène un grand nombre de thèmes traités…

Par exemple ?

L’importance du sourire, la souffrance, l’accompagnement des malades, la prière, le baptême des enfants ou petits-enfants, la solidarité…

Les échanges sont-ils notés quelque part ?

Après chaque réunion, nous faisons un compte-rendu. Nous essayons qu’il soit le plus fidèle possible à ce qui s’est dit. Ce compte-rendu remonte à Paris. Là, il est étudié , classé par thèmes. Cela permet de mettre en lumière les thèmes importants, pour parfois, intervenir auprès des autorités, faire des courriers aux hommes politiques… c’est aussi un but de l’A.C.G.F. : faire avancer les choses pour la promotion et la dignité des femmes.

La réunion se termine comment ?

Nous prenons un temps de prière. Parfois nous utilisons le texte d’Evangile qui a éclairé notre discussion, parfois aussi certaines amènent des textes de prière qui les ont touchées.

Voilà donc comment se passe une réunion mensuelle d’équipe. maintenant, dites-moi si le fait d’appartenir à un"mouvement" apporte aussi quelque chose ?

Et bien déjà, le fait de faire remonter les comptes-rendus à Paris donne du poids à nos réflexions et nous met en communion avec les autres équipes, notamment par le biais du journal "Génération Femme". Il y a aussi des manifestations organisées sur le plan national. En novembre 2001, l’A.C.G.F. a fêté ses cent ans : il y a eu une grande fête organisée au Bourget. Nous avions fait un car de la Haute-Loire. Deux aumôniers nous accompagnaient, le Père Chaudier, alors aumônier diocésain, et le Père Jean-François Rocher, qui allait lui succéder. C’est à cette occasion qu’a été brodée la tapisserie du centenaire, par des femmes de tous les diocèses. Depuis, elle "tourne" dans toute la France et elle sera chez nous fin août, début septembre.
Les 15 et 16 mai 2004, il y a eu l’Assemblée Apostolique Générale du mouvement, à Paris. Nous y sommes montées à deux. C’était un moment très fort de convivialité. Les échanges dans les carrefours, avec des personnes que nous ne connaissions pas, étaient très riches parce que d’emblée il y avait la confiance : on sait que ce qui est dit reste confidentiel…

Bon alors, ce "petit plus", finalement c’est quoi ?

En vivant en équipe, j’ai appris à mieux comprendre, mieux cerner les évènements. Le fait d’en parler avec d’autres permet d’accueillir des vues différentes que les miennes et de ce fait, ça m’aide à prendre la vraie dimension des choses.
Pour ma vie personnelle aussi, c’est un plus. Je partage mes joies, mes soucis. Je découvre que d’autres peuvent avoir les mêmes.. de toutes façons, le fait d’en parler m’aide à prendre du recul, à voir autrement. Petit à petit, j’apprends à réviser en positif ma façon de voir. Ca m’aide personnellement, mais aussi dans ma vie de couple, en famille. Pour moi, c’est une vraie source de progrès, et une aide pour m’accepter et accepter les autres.
Le plus difficile, en équipe, c’est de savoir s’écouter, or c’est quand même un objectif important ! Pour y arriver, il faut vraiment que chacune fasse des efforts : là aussi, on avance, et forcément ça rejaillit sur toute notre vie.

Alors, prête à continuer ?

Oui, sans problèmes !

Merci

En savoir plus sur l’A.C.G.F.

Germaine Peyrache
Août 2004



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